Jean-Pierre Martignoni, un sociologue dont les compétences en la matière sont reconnues, a livré sa vision du jeu excessif mettant en perspective des aspects différents des éléments traditionnellement avancés.
Pour Martignoni, "les pratiques ludiques excessives ne ne viennent donc pas du jeu lui-même ou de son support mais de la biographie, de l’histoire du joueur et de nombreux autres éléments". Si le sociologue concède que "le jeu peut mettre en lumière, voire exacerber des problèmes personnels", il met en garde contre la tentation d'assimiler le jeu à une pathologie en déclarant "on déresponsabilise les joueurs (ce n’est pas ma faute, je suis malade du jeu) tout en dédouanant pour partie les opérateurs, responsables mais pas coupables".
Jean-Pierre Martignoni récuse la notion de joueur pathologique, préférant celle de joueur à problème, un qualificatif plus complet, tout en critiquant ouvertement la manière dont sont menées les études sur le sujet, notamment celle qui a fait les gros titres de la presse les jours derniers. Il dénonce les contradictions qui accompagnent ce genre d'études et leur partialité, affirmant "on ne trouve que ce qu'on cherche (...) pour ne pas trop gêner le principal opérateur national La Française Des Jeux".
Pour éviter une approche imparfaite et partisane des problèmes liés à l'addiction au jeu, Martignoni préconise "la création d’une autorité de régulation unique et indépendante (qui intégrerait l’Arjel, le CCJ, l’observatoire, différentes commissions) , à l’image de l’Autorité des marchés financiers". avant de conclure "Souhaitons que la clause de revoyure soit l’occasion de faire évoluer cette situation exécrable afin de défendre l’intérêt général".
D'après une étude commanditée par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), réalisée sur un panel de 25 034 personnes représentatives de la population française âgées de 18 à 75 ans, 600 000 personnes sont touchées par l'addiction aux jeux d'argent.
Les critères de l'indice canadien du jeu excessif ont été utilisés pour mener l'étude. Celle-ci révèle que 400 000 personnes (soit 0,9% de la population) présentent un "risque modéré" et que 200 000 (0,4%) sont des "joueurs excessifs".
Sont considérées comme touchées par l'addicition les personnes jouant au minimum 52 fois dans l'année, pour un montant égal au supérieur à 500 euros par an. Les limites de l'étude apparaissent immédiatement, en effet d'après les critères d'appréciation, un individu misant 10 euros par semaine au loto est considéré comme addictif, ce qui explique l'importance du nombre de joueurs concernés.
Plus instructive en revanche, l'étude complémentaire réalisée sur les 200 000 joueurs considérés comme excessifs, révèle un portrait-robot inquiétant. Il s'agit d'un homme très peu diplômé, gagnant moins de 1 100 euros par mois, ayant souvent un autre addiction en parallèle (alcool, tabac, voire cannabis), misant plus de 1 500 euros par an. 75% des personnes concernées sont des hommes, dont la moyenne d'âge et de 41 ans.
Malgré ce tableau préoccupant, la France se situe loin derrière les Etats-Unis et l'Australie en matière de dépendance au jeu et légèrement derrière l'Italie, le Canada, la Belgique et la Grande-Bretagne.
Le groupe Partouche avait mis les petits plats dans les grands, tout était prévu pour accueillier un field conséquent dans la continuité de celui de 2010 qui avait cumulé à 764 inscrits.
Il est encore tôt pour déterminer quel sera exactement le nombre de participants aujourd'hui, les inscriptions n'étant pas closes, mais avec 333 inscriptions alors que près de 3 heures de jeu se sont écoulées, on peut raisonnablement penser qu'on s'approche du chiffre définitif. Ce qui ferait un total de 577 joueurs pour la quatrième édition du Partouche Poker Tour.
Certes il s'agit d'un net recul par rapport à la saison 3 record, mais on peut constater que le nombre d'inscrits est dans la continuité des deux premières années (480 en 2008 et 521 en 2009). Si l'on excepte 2010, on observe une progression somme toute régulière.
Un peu moins de monde qu'espéré...
Alors comment expliquer la différence par rapport à l'année précédente, alors que le Partouche Poker Tour était pourtant confronté à une sérieuse concurrence avec l'EPT de Barcelone et le WPT de Londres ?
. La concurrence avec les WSOP-E à Cannes début octobre. Il est évident que certains joueurs ont du faire un choix entre les deux tournois cannois, soit pour des raisons financières les bankrolls n'étant pas extensibles, soit pour des considérations de calendrier, notamment pour les joueurs habitant de l'autre côté de l'Atlantique qui ne souhaitent pas tous se déplacer deux fois consécutivement sur la Croisette quelle que soit le charme de la destination. Le WPT de Paris a sans aucun doute constitué une alternative intéressante pour certains joueurs.
. Le black friday. On y revient toujours mais le black friday et ses conséquences auront fait de 2011 l'annus horibilis du poker. Des dizaines de pros ont perdu leur statut de joueur sponso et l'enveloppe "tournois" qui va avec et des dizaines de milliers de joueurs ont vu leur argent bloqué et leur terrain de chasse fermé. Le très faible nombre de joueurs anciennement sponsorisés par FullTilt (et le peu de pros PS) en sont des conséquences logiques.
. Une légère érosion du nombre de joueurs, en France et dans plusieurs pays occidentaux. Depuis une dizaine d'années, le nombre de joueurs pratiquant le poker augmentait chaque année, dopé par la télé, les bons résultats des joueurs français, la nouveauté d'un jeu passionnant, un phénomène de mode ou encore le rêve de l'argent facile. Mais il s'avère que le poker n'est pas un jeu facile et que c'est un jeu d'argent et s'il y a quelques gagnants il y a de nombreux perdants qui finissent par se décourager. Il est encore tôt pour avoir des chiffres fiables sur la pratique du poker en 2011, mais il semble acquis que le nombre d'adeptes sera en baisse après un premier tassement en 2010.
. Une réputation qui s'améliore, ce qui paradoxalement nuit à l'affluence. Les deux premières années (à vrai dire surtout la première) avaient accolé au Partouche une réputation de tournoi où les très mauvais joueurs pullulaient. Les pros, notamment américains, n'en revenaient pas d'un niveau aussi faible pour un tournoi de ce buy-in. Les choses ont changé, l'édition 2010 a vu le niveau s'élever pour rejoindre les standards des meilleurs tournois internationaux. Nul doute que certains joueurs ont estimé qu'il n'était plus aussi intéressant d'aller faire un tour au Palm Beach.
. Une date légèrement modifiée. Les années précédentes le tournoi se tenait tout début septembre alors que cette fois-ci il débute seulement le 12. Nicolas Schull, responsable éditorial poker chez Partouche, m'a confirmé que les organisateurs avaient enregistré plusieurs annulations de joueurs ne pouvant reprendre des vacances alors qu'ils venaient de retourner au boulôt.
. Une conjoncture économique qui continue de se dégrader, inutile d'extrapoler...
Toutes ces raisons ajoutées contribuent à expliquer le recul enregistré cette année. On peut aussi ne pas dramatiser et se dire que c'est l'édition 2010 qui avait connu une affluence anormale et que cette année constitue une progression par rapport aux précédentes...
Réalisée par H2 Gambling Capital, l'étude répertorie les dix pays ayant la plus forte moyenne de pertes au jeu (paris sportifs et hippiques, casinos, poker, jeux en ligne, vidéos, etc.) par adulte. De manière surprenante, c'est l'Australie qui occupe la première place du classement, devant Hong Kong (la proximité avec Macau expliquant surement celà) ; avec des pertes supérieures à 1 000$ par an et par adulte ces deux nations sont très largement en tête !
1. Australie - 1 199 $ de pertes de jeu par adulte 2. Singapour - 1 093 $ de pertes de jeu par adulte 3. Irlande - 547 $ de pertes de jeu par adulte 4. Canada - 528 $ de pertes de jeu par adulte 5. Finlande - 514 $ de pertes de jeu par adulte 6. Italie - 481 $ de pertes de jeu par adulte 7. Hong Kong - 468 $ de pertes de jeu par adulte 8. Norvège - 416 $ de pertes de jeu par adulte 9. Grèce - 391 $ de pertes de jeu par adulte 10. Espagne - 389 $ de pertes de jeu par adulte
Les Etats-Unis se classent juste après avec un débit moyen avoisinant les 380$ alors que la France affiche moins de 350$ de perte par adulte.
A noter que la Grèce, l'Espagne, l'Italie et l'Irlande -quatres des pays affichant les dettes publiques les plus élevées en Europe- se positionnent dans le top dix du classement...
Le Baromètre LegiGame a testé les processus d'inscriptions de 24 sites de jeux agréés : 5 sites de paris hippiques, 7 sites de paris sportifs et 12 sites de poker. Il ressort de cette étude que moins de la moitié d'entre eux respectent les règles en matière d'enregistrement.
Hervé de Kermadec, directeur de développements chez LegiGame a ainsi déclaré "c'est la foire aux inscrptions, certains opérateurs et non des moindres appliquent leurs propres règles".
De sérieuses lacunes ont été constatées sur les éléments suivants :
. Contrôle exhaustif de la concordance des donnés contenues dans les pièces données déclarées par le joueur à l'inscription . Désactivation des comptes à 30 jours . Envoi d'un code d'activation par la poste une fois le dossier complet et validé.
Il s'avère que les opérateurs les moins respectueux des contraintes légales sont souvent spécialisés dans le pari sportif, alors que globalement les sites de poker en ligne obtiennent des résultats plus satisfaisants.
A noter que sur les 24 sites testés, deux infractions aux procédures de vérification des inscriptions de joueurs interdits de jeux et trois à celles des inscriptions de mineurs ont été constatées.
LegiGame constate qu'une baisse du niveau de la conformité des sites a eu lieu depuis son premier baromètre alors que les écarts se sont creusés entre opérateurs.
Dans une étude publiée en mai par le prestigieux Bureau National de la Recherche Economique, deux chercheurs réputés ont conclu que la chance était un élément ayant plus d'importance sur les marchés financiers que dans la pratique du poker.
Steven Levitt, dont les recherches sur l'économie criminelle font autorité, et Thomas Miles, spécialiste des effets du droit sur l'économie, ont étudié en détail les résultats des WSOP 2010 et notamment du Main Event remporté par Jonathan Duhamel.
Leurs conclusions démontrent que le poker n'est pas un jeu de hasard et que l'habilité et l'expérience constituent des atouts significatifs pour augmenter l'espérance de gain. Les deux chercheurs ont ainsi démontré que le retour sur investissement de joueurs très habiles était de 30% alors que la moyenne restait à 15% ! "Les différences observées dans ces retours sur investissement sont statistiquement très significatives et beaucoup plus importantes que celles observées sur les marchés financiers" ont-ils souligné avant de conclure "le poker est un jeu d'habileté".
Les deux experts ont délivré des conclusions claires, indiquant que toutes les restrictions juridiques interdisant le poker n'avaient aucune raison d'être avant de critiquer l'action du Département de la Justice Américain à l'encontre des sites de poker ayant généré le black friday !
Selon l'Institut de Recherche sur les Addictions (RIA) de l'université de Buffalo, la population adulte américaine est plus accroc au jeu qu'à la bouteille. Depuis des décennies, les chercheurs pensaient que l'addiction à l'alcool était largement plus répandue que celle au jeu mais les résultats des deux études compilées par le RIA semblent prouver le contraire.
Le RIA inclue toutes les formes de gambling dans ses conclusions. Selon le RIA, la prévalence des problèmes liés au jeu touche deux fois plus les hommes que les femmes et augmente après 21 ans pour atteindre son pic entre 31 et 40 ans avant de décliner. Des conclusions étonnantes, même pour le chef de projet. "Je ne m'attendais pas à ce que les problèmes liés au jeu soient plus communs que la dépendance à l'alcool pour cette partie de la population", a ainsi indiqué John Welte à propos de son travail.
L'étude venant de Buffalo fait débat et ses auteurs indiquent eux même que les conclusions diffèrent beaucoup de la littérature habituelle sur le sujet. En général, les études indiquent que les problèmes de jeu sont plus présents chez les adolescents. L'addiction au jeu à l'âge adulte est ainsi qualifiée de "rare et traitable" selon le National Council on Problem Gambling.
Ce travail de recherche pourrait donc avoir des conséquences pour l'industrie américaine du jeu car celle ci minore encore largement les problèmes liés à l'addiction en expliquant que c'est un phénomène rare. "Il n'y a pas d'analyse comparable et pour le moment nous ne pouvons pas mettre en perspective nos données. Mais, nos résultats indiquent que la persistance et la fréquence des problèmes liés au jeu chez les adultes doivent nous conduire à une politique plus interventionniste et à plus de prévention", a conclu Welte.
Las Vegas, Nevada. Dans l'imaginaire collectif, cette ville symbolise le vice. Dites que vous y partez en vacances et vos amis s'inquièteront pour vous. Une étude pourrait bien leur donner raison. Sin City vient en effet de se classer troisième dans le classement des villes les plus dangereuses lors du spring break, cette semaine de pause très prisée des jeunes américains. Las Vegas est aussi la deuxième destination la plus populaire du pays pour le spring break, juste derrière Orlando.
Las Vegas n'est donc devancé que par Orlando et Daytona Beach, deux villes de Floride, au classement de la cité la plus dangereuse. Reno, autre ville du Nevada se classe 23e d'un étude basée sur des données comme les crimes et délits, les meurtres, les viols, les accidents de la route lors de cette période ou encore le nombre de médecins par habitants et l'efficacité de la justice pour la sauvegarde des droits de la défense .
"Le spring break est un moment de plaisir mais il faut faire attention. Notre mission est d'aider les gens à prendre des décisions basées sur des faits", a commenté Mark Britton, CEO et fondateur d'Avvo, l'entreprise qui a mis l'étude au point.
Le montant total des mises des Français se chiffre à 26,3 milliards d'euros en 2010. Quotidiennement, ils ont misé 72,16 millions d'euros au loto, au casino, aux courses de chevaux ou derrière leur écran d'ordinateur en 2010. C'est un record et si cela représente tout de même l'équivalent d'un peu plus de deux tonnes d'or, c'est surtout un chiffre qui a presque doublé depuis 2002. Un chiffre six fois supérieur à celui du marché du livre, en augmentation de près de 22% par rapport à 2009 (21,6 milliards).
La Française des Jeux et le PMU, en position de monopole jusqu'au 8 juin, n'ont pas souffert de la concurrence des nouveaux entrants, et enregistrent une augmentation de leur chiffre d'affaires au contraire des 197 casinos de l'hexagone. Ces derniers ont enregistré une baisse de leur produit brut des jeux (la différence entre les gains et les pertes des joueurs, ndlr) de 2,1% à 2,29 milliards d'euros.
Les nouveaux opérateurs de jeux en ligne annoncent un chiffre d'affaires global de 5,1 milliards d'euros mais ils ont massivement investi dans la publicité... et sont moyennement contents du retour financier. BetClic Everest Group perd de l'argent, TF1 annonce que les résultats d'Eurosportbet sont "insatisfaisants" et c'est l'idée d'un nouvel eldorado du jeu qui s'éloigne.
Depuis 1985, date de sa création, Médiamétrie mesure l'audience des médias. L'institut vient de publier un baromètre "Jeux d'argent" portant sur l'évolution du comportement des amateurs de jeux d'argent depuis l'ouverture du marché des jeux en ligne. Le résultat est net : les Français sont de plus en plus joueurs.
Médiamétrie parle de "plus de 21 millions de joueurs", des "joueurs conquis, aussi bien sur Internet qu'en points de vente". L'institut indique une progression forte du nombre de personnes qui jouent avec presque 4 millions de joueurs en plus, soit une hausse de 21%.
Le "plaisir du jeu" est la première motivation pour jouer ce qui semble donner raison au travail de communication des opérateurs du poker en ligne qui visent clairement un jeu récréatif plutôt que les réguliers de la NL5 ou de la NL100...