Au début du mois d'avril, l'Organisation Mondiale du Commerce avait rappelé à l'ordre le gouvernement américain et le menaçait de sanctions financières. Pour l'OMC, la loi sur les jeux et paris en ligne d'octobre 2006 (UIGEA) empêchait les sites de jeu en ligne étrangers d'exercer leur activité sur le territoire américain de manière illégale. L'OMC demandait une nouvelle législation tout en indiquant que les USA avaient le droit d'interdire les paris en ligne sur leur territoire mais ne pouvaient pas interdire cette activité à partir d'autres pays. L'OMC pourrait revenir à la charge après le black friday.
Antigua et Barbuda, le pays où est localisé Absolute Poker, veut continuer à mettre la pression sur les Etats-Unis à propos de l'UIGEA. "Je ne crois pas qu'un autre pays mette des gens en prison car ils font du commerce d'une manière légale selon les lois internationales. C'est comme si nous mettions des américains en prison car ils vendent des ananas", a indiqué Mark Mendel, conseiller juridique du gouvernement d'Antigua et Barbuda à l'agence de presse Reuters. "Je suis concerné par le fait que les autorités américaines, en contradiction avec le droit international, mettent en accusation des entreprises étrangères [...] Je ne connais pas de précédent où un membre de l'OMC a lancé des poursuites judiciaires dans des circonstances où l'OMC a expressément indiqué que faire cela était une infraction par rapport à un traité international", a ajouté Harold Lovell, ministre des finances de ce pays des Antilles.
Les représentants des deux îles vont se réunir très rapidement pour discuter de la marche à suivre. C'est eux qui en 2005 avait provoqué la mise en garde de l'OMC à destination de l'administration Bush, juste avant la mise en place de l'UGIEA. L'OMC avait alors autorisé Antigua et Barbuda à prendre des mesures de rétorsion économiques. Malgré une action couronnée de succès, mais finalement inefficace puisque les USA ont quand même interdit les jeux en ligne, Antigua et Barbuda pourrait donc pousser l'OMC à reprendre ce dossier.
Peu probable que cela suffise à arrêter les poursuites judiciaires contre les sites concernés et particulièrement envers Absolute Poker... L'Organisation Mondiale du Commerce n'a en effet aucun pouvoir pour contraindre un pays à amender ou abroger ses lois.
Après un silence assourdissant d'une semaine, Absolute Poker s'exprime enfin. Dans un communiqué très court. Le site le plus contesté de l'histoire du poker online indique avoir fait appel à un cabinet juridique nommé Blank Rome LLP.
L'opérateur explique qu'il est au courant de l'accord entre le département de la justice et les deux autres sites visés par la procédure actuelle mais que, "pour le moment, (sa) priorité n°1 est de rembourser ses joueurs américains". "AP partage la même vision que le département de la justice. Rembourser les joueurs US est notre première et plus rapide préoccupation", est-il ainsi répété. Absolute Poker n'indique pourtant jamais aucun délai ni si le processus de récupération des fonds est possible rapidement. "Cependant, étant donné l’ampleur des conséquences dues aux actions du département de la justice américaine envers Absolute Poker et l'ensemble de la communauté poker, Absolute Poker estime qu’il doit d'abord évaluer les accusations avec ses avocats avant d’agir", continue en effet le communiqué d'une entreprise? AP exprime pourtant "clairement" qu'elle souhaite "travailler en coopération" avec la justice américaine...
Le communiqué intégral d'Absolute Poker- Absolute Poker Press release "Absolute Poker has retained Blank Rome LLP as United States counsel to provide legal advice in relation to civil and criminal matters filed in federal court in Manhattan and made public on April 15, 2011. Absolute Poker is aware that on April 19, 2011, the US Attorney for the Southern District of New York entered into separate agreements with FullTilt Poker and PokerStars. These agreements concern the use of the respective fulltiltpoker.com and pokerstars.com domain names. The US Attorney, in a press release dated April 20, 2011, stated that the government is willing to enter the same agreement with Absolute Poker and UB.
"At this time, Absolute Poker's top priority is, and must be, the refund of balances to its and UB's US players. However, given the far-reaching consequences of the US Attorney's actions for Absolute Poker and for the entire poker community, Absolute Poker believes that the responsible course of action is to review with its attorneys the relevant court filings before taking any action.
"Absolute Poker believes that the US Attorney shares the view that refunds to US players are an immediate and pressing concern, and Absolute Poker wishes to make clear that it wants to work cooperatively with the US Attorney to safely and efficiently return its players' funds. To that end, Absolute Poker's counsel has initiated communications with the US Attorney's office and plans to continue proactively advancing those discussions.
"Further information and timely updates will be provided to Absolute Poker/UB's players as we move forward."
Les principaux opérateurs en baisse sont bien évidemment les sites poursuivis par l'administration américaine, PokerStars, FullTilt et le réseau Cereus (Absolute et Ultimate Bet), ainsi que les salles qui ont choisi de se retirer dans l'urgence du marché américain à l'instar de Victory Poker.
. FullTilt : - 48% (traffic moyen de 17 776 joueurs avant le black friday et 9 248 après) . Cereus Network : - 53% (2 030, avant 954 après) . PokerSars : - 24% (28 687 avant, 21 802 après)
Depuis une semaine, la fréquentation des salles de poker en ligne a baissé de 21%, une chûte qui affecte principalement les trois opérateurs majeurs, mais aussi le marché américain dans son ensemble. Les joueurs locaux semblent prudents et ont visiblement ralenti leur activité. Il est d'ailleurs symptomatique de constater que les sites concurrents ne bénficient que modérement des événements. Si les sites acceptant encore les joueurs US, Merge Poker, Bodog ou encore Cake Poker, ont connu une augmentation moyenne de leur afflunce près de 30%, la part de marché de ces sites est si faible qu'elle se révèle anecdotique. Les trois salles de poker mentionnées accueillaient un total cumulé de 2 000 joueurs avant le "black firday", ils sont aujourd'hui à peine plus de 3 000. Un chiffre dérisoire en comparaison des dizaines de milliiers de joueurs privés de poker sur Internet.
PartyPoker, la troisième room au niveau mondial, qui avait perdu son leadership en renonçant à sa présence sur le marché américain, a récupéré quelques joueurs depuis. Mais là encore la progression est modeste, sa fréquentation augmentant de 3 610 joueurs à 3 961.
Un ralentissement qui est aisément compréhensible. Les joueurs américains ont été nombreux à être marqués par la violence de l'action gouvernmentale et sont sans aucun doute méfiants. De plus, la majorité de ceux-ci ont leur bankroll bloquée et attendront de la récupérer avant de se remettre à jouer. Quant aux joueurs qui souhaitent continuer à jouer sur leurs salles habituelles (les adeptes des hautes limites notamment), il leur faudra un peu de temps, soit pour mettre en place des mesures pare-feux pour contourner la, soit pour migrer vers des terres plus accueillantes...
Conséquence de la mise en demeure des géants du jeu en fin de semaine dernière, les sites opérant illégalement aux USA prennent peur. Fondé en février 2010, Victory Poker vient ainsi d'annoncer qu'il n'acceptait plus les joueurs américains sur son réseau par le biais du Twitter de son directeur exécutif, Dan Fleyshman. "La base de joueurs de Victory Poker est internationale pour les deux tiers. Nous ne voulons pas de problèmes avec le gouvernement... ", a indiqué le sponsor des Sara Jean Underwood, Antonio Esfandiari, Jonathan Little, Paul Wasicka ou Lee Markholt.
Alors que Pokerscout estime la baisse de fréquentation de PokerStars à 33% par rapport à la semaine précédente, Bodog tente de récupérer une part du gateau. L'opérateur continue en effet d'accepter les joueurs américains. Un bonus de bienvenue généreux a même été mis en place. Il est mis en avant dans un courriel publié sur 2+2.
"Vous avez du mal à joueur après les fermetures de PokerStars, Full Tilt Poker, Absolute Poker, et UltimateBet ? Bodog est toujours ouvert", indique cet email qui s'adresse particulièrement aux joueurs US. Cette stratégie semble couronnée de succès puisque le volume en cash game a augmenté de 15% et le nombre de joueurs de 25% sur cette room. Jusqu'à une intervention de la justice américaine ?
En référence au sombre Black Friday (le nom déjà attaché aux événements survenus vendredi aux Etats-Unis), Chilipoker.com a lancé le Purple Day, un programme de promotions ambitieux pour récompenser habitués et nouveaux clients de la room au piment.
. Un bonus de premier dépôt atteignant 200% jusqu'à 1 000$ . Une augmentation du prizepool garanti sur l'ensemble de ses tournois porté à 10 millions de dollars par mois . La possibilité novatrice de convertir les points de fidélité accumulés sur d'autres salles de jeu en ligne en points chilipoker . De nouveaux tournois freerolls pour découvrir Chilipoker
Chilipoker rappelle en parallèle de ces promotions originales que le site est une société européenne transparente, n'ayant jamais accepté les joueurs issus des Etats-Unis et que Chilipoker.fr bénéficie d'un agrément de l'ARJEL.
Alors qu'il est difficile d'avoir des informations officielles durant le week end, la pression du FBI et des autorités juridiques aux Etats-Unis ne faiblit pas.
Peu de réactions officielles dans l'immédiat, seul le FBI continue d'entretenir une forme de pression par ses actes mais aussi en matière de communication. Un directeur adjoint de la célèbre agence a déclaré "alors que les accusés savaient que leurs opérations sur le marché américain constituaient une violation de la loi fédérale, ils ont continué à exercer. Ils ont menti aux banques sur la nature réelle des transactions liées à leur activité (...). Les accusés ont parié qu'ils pouvaient inpunément continuer, ils ont perdu".
Les accusés risquent une peine cumulée de 55 années d'emprisonnement pour les trois chefs d'accusation retenus (5 ans pour l'organisation illégale de jeux d'argent, 20 ans pour blanchiment d'argent et 30 ans pour fraude fiscale) et une amende de 7,5 milliards de dollars. Il convient de préciser que l'accusation de blanchiment d'argent permet à la justice américaine de saisir les avoirs de comptes bancaires même dans les paradis fiscaux.
Les comptes bancaires, avoirs, holdings et diverses sociétés filiales des opérateurs incriminés ont été saisis ou sont susceptibles de l'être, menaçant de fait l'existence des trois groupes. Alexandre Dreyfus, PDG de Chilipoker, a clairement laissé entendre que FullTilt et Absolute était "littérallement morts à (ses) yeux".
Les sites fulltilt.fr et Pokerstars.fr fonctionnent toujours normalement, PokerStars.fr ayant rappelé qu'il s'agissait d'un site de jeu indépendant et régulé, totalement indépendant des autres plateformes du groupe.
PokerStars a transféré son logiciel du .com au .eu.
Les récents accord passés entre les opérateurs de poker en ligne et les casinos (PokerStars et Wynn, FullTilt et Fertitta) sont d'ores et déjà caduques.
La nouvelle série de tournois à buy-in élevés imaginée par FullTilt, la Onyx Cup, a vu son lancement reporté. La grande finale de l'EPT à Madrid est maintenue mais le nombre d'inscrits devrait être en baisse. Quant aux WSOP, dont l'affluence est constituée en grande partie de joueurs qualifiés sur Internet, il est encore trop tôt pour estimer les conséquences de l'action menée par les instances américaines. 40% des participants au Main Event des WSOP sont des joueurs qualifiés par le biais d'un des deux sites majeurs. La fermeture de FullTilt et PokerStars aux Etats Unis devrait donc très sérieusement impacter sur l'affluence des futurs championnats du monde et ce d'autant plus que les comptes des joueurs américains sont actuellement bloqués et que de nombreux joueurs voient leur bankroll inutilisable.
Aucun élément d'information n'a pour l'instant été délivré sur le devenir des sommes détenues par les joueurs américains sur les trois sites illégaux
Les responsables des trois sites incriminés sont toujours recherchés par Interpol, notamment Isai Scheinberg, le fondateur de PokerStars.
Quelque soit l'ampleur des actions intentées par le département de la justice américain, de prévisibles négociations vont intervenir dans les jours prochains pour tenter de parvenir à un accord entre parties. En 2006 les dirigeants du groupe PartyGaming (coté à la Bourse de Londres) avaient accepté de verser une indemnité colossale à l'administration américaine et de suspendre toutes leurs activités sur le sol américain pour faire cesser d'éventuelles poursuites, laissant place libre à PokerStars et FullTilt...
C'est une nouvelle qui va peut être marquer un tournant dans l'histoire du poker en ligne Américain. Une très inquiétante dépêche est tombée dans la soirée de vendredi, précisant que Pokerstars, Full Tilt et Absolute Poker étaient accusés de fraude bancaire, organisation illégale de jeux d'argent et blanchiment d'argent !
Cyril Andre fait partie de ces joueurs qui peuvent confirmer l'information. Il l'a immédiatement fait sur son blog en précisant ce qu'il arrive lorsqu'on essaie désormais de se connecter : "Depuis Londres, on ne peut plus accéder aux sites pokerstars.com, fulltiltpoker.com et ub. A la place on a droit à une bannière du FBI."
Le FBI a en effet saisi l'affaire en s'emparant des noms de domaines de chacun des trois sites. Leurs pages d'accueil redirigent immédiatement sur une page à entête du FBI et du ministère de la justice, et les dirigeants de ces compagnies nommées dans l'acte d'accusation.
Les Américains sont les premiers pénalisés lorsqu'ils essaient de se connecter à une partie en argent réel. Un message d'erreur apparait alors : "we are sorry but, due to government regulations, playing real money tournaments is not allowed in your area" (Nous sommes désolé, mais en raison de la règlementation gouvernementale, vous n'êtes pas autorisé à jouer des parties d'argent réels dans votre zone.)
Les accusés se nomment Isai Scheinberg et Paul Tate de PokerStars, Raymond Bitar et Nelson Burtnick de Full Tilt Poker, et Scott Tom et Brent Beckley d'Absolute Poker.
Quelles sont les conséquence sur le court terme et long terme ? Est-ce la fin du poker en ligne aux Etats-Unis ? Dans le monde entier ? Faut-il que les joueurs retirent l'intégralité de leur bankroll ? Verront-ils un jour la couleur de cet argent ?...
Beaucoup de questions risquent désormais de se poser dans les têtes de tous les joueurs... Affaire à suivre plus en détails sur Madeinpoker.
TF1 a indiqué officiellement jeudi qu'il se séparait de sa filiale SPS Betting. Le groupe a jugé que les performances des marques EurosportBET (paris hippiques et paris sportifs) et EurosportPOKER étaient décevantes. Il cède ses parts à Solfive, un fond d'investissement qui regroupe aussi une partie du management actuel de SPS, un peu plus d'un an après l’ouverture du marché des jeux et des paris en ligne français. Pour les spécialistes, le prix de la vente tournerait autour de 5 millions d'euros.
"Après un avis favorable des instances représentatives du personnel, le Groupe TF1 confirme avoir signé, vendredi 8 avril 2011, un contrat de cession portant sur 100% des titres de sa société de jeux et de paris en ligne SPS, à la société Solfive dont l’un des associés est le Directeur Général de SPS. La cession, qui devrait intervenir dans les prochaines semaines, est conditionnée à l’obtention de l’agrément de l’ARJEL", a communiqué le Groupe TF1.
A son lancement en 2009, la société SPS Betting était détenue à moitié par Eurosport et le fonds d’investissement Serendipity. TF1 avait racheté la société l'an passé pour 6 millions d'euros avant d'annoncer lors de sa présentation des résultats de 2010 que "les pertes constatées sur les Activités diverses, soit - 26 millions d'euros, s'expliquent principalement par les coûts de lancement de l'activité jeux et paris sportifs de la filiale SPS".
L'alliance stratégique entre le site de poker et Fertitta, qui détient notamment les établissements Stations Casino, devrait être officialisée aujourd'hui, mardi 5 avril.
Ces accords interviennent alors que de nombreuses pressions se multiplient pour réclamer l'abrogation de la loi UIGEA qui pourrait bien vivre ses dernières semaines en l'état. De nombreux élus américains et plusieurs états, en premier lieu le Nevada, réclamant de plus en plus fortement son annulation.
En s'alliant avec des poids-lours du jeu Offline, les sites de poker en ligne entendent ainsi se donner une vitrine légale (alors que plusieurs d'entre eux sont dans le collimateur de la justice pour non-respect de la loi précédemment citée), tout en augmentant leur pouvoir de lobbying et en anticipant d'éventuelles synérgies entre casinos en dur et plateformes en ligne.
Les groupes de pression créés par ces associations entre géants pourront peser de tout leur poid, forts de centaines de milliers d'emplois et de milliards de dollars de revenus, alors que les élections présidentielles se profilent en 2012...
Le marché du poker en ligne compte 25 opérateurs agréés par l'ARJEL depuis sa régulation en juin 2010. Les trois principaux acteurs de ce marché en France, PokerStars, Winamax et le groupe Everest-BetClic, controleraient près de 80% du marché.
C'est toujours PokerStars qui connaît la fréquentation la plus élevée avec une moyenne de joueurs hebdomadaire estimée à 1 960, tandis que Winamax en accueille 1 360 et Everest 1 080. Le réseau Ongame (bwin.fr, EuroSportbet.fr, Sajoo.fr) suit avec 960, PartyPoker.fr (810) et FullTiltPoker.fr (370) se maintiennent à des scores comparables aux mois précédents.
Derrière, aucun acteur ne parvient à décoller. Si les casinotiers (notamment Partouche et Barrière) bénéficient de synérgies avec leurs casinos en dur et IPoker connaît une légère hausse de son affluence, en partie grâce à l'arrivée de Titan.fr, les autres opérateurs peinent à atteindre une taille suffisante pour fidéliser les joueurs.
Il apparaît que d'inévitables concentrations et quelques disparitions sont à prévoir. Nicolas Béraud, le président de BetClic Everest Group estimant pour sa part "qu'il n'y a de la place en France pour seulement trois acteurs".
Rappelons qu'à l'échelon international, PokerStars (avec une moyenne de 36 200 joueurs par semaine) et FullTilt (15 600) occupent toujours largement la tête en matière de fréquentation.