Alors que le compte-rendu de l'Audience de l'Alderney Gambling Control Commission est toujours attendu avec impatience, de nombreuses rumeurs circulent dans le microcosme du poker.
. Les plus nombreuses annoncent une révocation définitive de la licence de l'opérateur par l'AGCC. Même s'il s'agit d'une décision qui semble logique vu le passif de Full Tilt et la gravité des accusations qui s'accumulent de jour en jour, la durée imprévue de la réunion (deux jours au lieu d'un seul) et le délai de délibération démontrent que les choses ne sont pas aussi simples. Révoquer définitivement la licence de l'entreprise reviendrait pratiquement à prononcer son acte de décès et par la-même ôter toutes chances aux joueurs de récupérer les fonds bloqués ou au minimum une partie de ceux-ci. Une décision délicate pour l'AGCC qui ne peut souhaiter une telle issue, mais joue sa crédibilité et ne peut laisser indéfiniment les choses en l'état. Quoiqu'il en soit une déclaration devrait intervenir sous peu.
. Parallèlement à mesure que l'avenir de Full Tilt s'assombrit, de nombreuses rumeurs annoncent un accord imminent pour la reprise de l'opérateur. Depuis le début de la tourmente, plusieurs négociations ont été mises en avant avec des repreneurs, toujours anonymes, sans que celles-ci n'aboutissent.
. Dernière rumeur, partiellement confirmée par l'avocat de Full Tilt (qui a aussi déclaré que rien n'apparentait le fonctionnement de son client à une chaîne de ponzi !) : des négociations très avancées avec des repreneurs français seraient en cours. Impossible pour l'heure de savoir quel crédit accorder à ces allégations, tout juste est-il possible de préciser que personne dans l'industrie du poker hexagonal ne nous a confié avoir des informations sur le sujet.
C'est une révélation accablante qui vient d'être faite par le procureur de Manhattan, Preet Baharara, qui accuse Full Tilt d'avoir opéré sur le principe de la pyramide de Ponzi. D'après le Département de la Justice, les fonds déposés par les joueurs étaient utilisés pour distribuer les rémunérations des dirigeants et des substantiels bénéfices aux actionnaires alors qu'ils auraient du être détenus sur des comptes individuels sécurisés.
Les chiffres avancées par les autorités judiciaires américaines laissent pantois. Alors que l'opérateur aurait du conserver plus de 400 millions correspondant aux actifs des joueurs, les comptes de l'entreprise ne recelait que 60 millions. L'énorme différence ayant visiblement été utilisée pour assurer les rémunérations confortables des nombreux actionnaires.
A titre d'exemple, Ray Bitar (PDG et actionnaire) aurait perçu plus de 40 millions de dollars depuis 2007, alors que dans le même temps Howard Lederer recevait 42 millions, Chris Ferguson 25 millions (85 millions selon certaines informations) et Rafael Furst 11 millions. Pour l'ensemble des actionnaires, au nombre de 23, l'ensemble des rémunérations versées sur les quatre dernières années se chiffre au montant hallucinant de 443 millions de dollars !
Après cette annonce, Preet Baharara a déclaré qu'une plainte pour blanchiment d'argent et escroquerie à l'encontre de l'entreprise et surtout de ses principaux actionnaires, notamment des joueurs emblématiques comme Lederer ou Ferguson, était inévitable.
Lederer et Ferguson bientôt ensemble dans le box des accusés ?
Alors que la compagnie tente de jouer sa survie devant l'AGCC à Londres, la gravité des allégations portées par le DOJ laisse difficilement présager une issue favorable pour Full Tilt et malheureusement pour les joueurs dont les fonds sont toujours bloqués. Si l'intégralité des accusations formulées était confirmées, il ne s'agirait plus simplement d'une entreprise mal gérée qui tenter de survivre après le blocage de ses actifs par le FBI, mais d'une escroquerie à grande échelle ayant lésé des milliers d'individus en connaissance de cause, élaborée par quelques uns des joueurs vedettes du poker. Un cataclysme pour le monde du poker !
Toujours aucune information n'a filtré sur le déroulement de l'Audience devant l'Alderney Gambling Control Commission qui se déroule à Londres. Tout juste sait-on qu'une deuxième journée de débats est prévue aujourd'hui et que rien d'important ne serait sorti de la première journée, aucune forme d'accord n'ayant semble-t-il été trouvé.
Le huis-clos a été respecté, des vigiles en nombre ayant veillé à ce que personne ne s'introduise dans la salle d'audience. Impossible pour l'instant d'avoir des commentaires sur le déroulement de l'audience, aucun des protagonistes concernés n'ayant fait la moindre déclaration.
L'industrie du poker et les nombreux joueurs dont les comptes sont bloqués restent suspendus aux décisions qui seront prises -ou pas- durant cette réunion qui pourrait être déterminante pour l'avenir de l'opérateur.
C'est encore une drôle d'histoire qu'a révélée le site américain quadjacks, une drôle d'histoire qui concerne une nouvelle fois Full Tilt.
Le Store de Full Tilt (la boutique en ligne où les clients peuvent utiliser leurs points de fidélité) a été fondé sensiblement en même temps que le site lui-même, fin 2003. Lors de la conception du site, les responsables de l'opérateur ont pris contact avec une entreprise spécialisée dans les objets professionnels (cadeaux d'entreprise, packaging publicitaire, branding, etc.) pour assurer le design des différents objets proposés dans le store Full Tilt. Une procédure normale jusqu'à là...
Il s'avère que la société choisie, Eyecon Marketing Group appartient à Scott Lederer, le cousin d'Howard et que celle-ci, créée peu de temps avant, avait en charge la quasi-intégralité des produits proposés et en a profité pour augmenter très sensiblement son chiffre d'affaires. Rien de fondamentalement anormal jusqu'à là non plus.
C'est en plongeant dans les comptes et la structure de la société que les doutes des journalistes ont augmenté. En effet, Eyecon Marketing Group ne compte que deux salariés (un troisième a été engagé courant 2010), ce qui tendrait à démontrer que l'entreprise ne produisait rien mais se contentait d'être un intermédiaire entre Full Tilt et les producteurs.
De là à imaginer que les négociateurs de l'ex numéro deux mondial n'aient pas fait preuve d'une grande agressivité dans les discussions commerciales avec Eyecon Marketing, il n'y a qu'un pas que les plus suspicieux s'empresseront de franchir...
A l'heure où le monde du poker s'interroge pour essayer de savoir où est l'argent de Full Tilt, ce genre d'informations constitue peut-être un élément de réponse !
Il faudrait un miracle pour qu'un accord de reprise intervienne le 19 juillet, date de l'Audience de FullTilt devant l'Alderney Gambling Control Commission qui se tiendra finalement à huis-clos, même si en la matière la discrétion est un évident gage de réussite. En effet aucun élément ne permet d'accréditer l'hypothèse d'une reprise totale ou partielle de l'opérateur par un des candidats intéressés. Certaines informations laissent à penser qu'un nouveau report pourrait survenir lors de l'audience.
La direction de Pocket Kings Ltd a par ailleurs publié un communiqué annonçant un important programme de réduction des coûts au sein de l'entreprise avec 250 licenciements prévus, ce qui représenterait une économie de 12 millions d'euros. Pocket Kings a aussi fait part de ces certitudes quant à l'avenir très prometteur de Full Tilt sur les marchés non-américains tout en assurant que tout était fait pour parvenir à un remboursement des joueurs et un redémarrage du site.
Pas sur que celà suffise à séduire des repreneurs potentiels et à rassurer les joueurs...
Le cash game sur les sites de poker en ligne a été autorisé le 18 juillet. Une légalisation attendue de longue date, à la fois par les opérateurs et les joueurs transalpins, qui s'est avérée de manière logique un franc succès.
Près de 900 millions d'euros de mises cumulées ont été effectuées sur le premier mois d'activité, générant environ 30 millions de prélévements.
PokerStars.it a enregistré 27,3% des mises, devant Microgaming (20,9%), Bwin-Gioco Digitale (14,9%) et Lottomatica (12,3%).
Un bémol toutefois, ces chiffres prometteurs ont été réalisés au détriment des tournois puisque le total des buy-in durant le mois n'a été que de 95 millions d'euros alors qu'il était de 221 millions l'année dernière à la même prériode.
Initiallement prévue le 15 septembre, l'audience devant l'Alderney Gambling Control Commission qui pourrait se révéler décisive pour l'avenir de Full Tilt a été décalée au 19 septembre. La réunion se tiendra à Londres au Riverbank Park Plaza Hotel et débutera dès 9 heures.
Il semblerait que ce soit l'opérateur qui ait sollicité ce report, une initiative qui laisse la porte ouverte à toutes formes d'hypothèses ; délai pour conclure une négociation ou impossibilité d'y parvenir...
En informant de manière soudaine ses partenaires de sa volonté d'interrompre sous 48 heures tout accord de partenariat avec ses affiliés, Sajoo a surpris de nombreux intervenants.
La soudaineté de la décision et la remise en cause d'un schéma commercial apprécié par les opérateurs de poker, l'affiliation reposant sur un processus simple et efficace puisque les salles de poker ne reversent de l'argent que si le partenariat ne leur apporte des clients, constitue un signal préoccupant sur la santé d'un marché qui peine à trouver sa rentabilité.
Un choix stratégique du certainement à la fusion avec le groupe Bwin, qui est de nature à remettre en cause l'utilité d'avoir deux rooms sur le marché français, mais aussi sur la viabilité d'un modèle économique et commercial.
Il apparaît que les opérateurs de poker exerçant sur le marché français ont de réelles difficultés à gagner de l'argent malgré le dynamisme de celui-ci. Un état de fait du au système de taxation hexagonal et à une concurrence féroce qui laisse présager d'autres évolutions, aussi bien commerciales que stratégiques !
Dans un communiqué publié sur PokerStrategy.com, l'opérateur se lance dans une entreprise visant à rassurer ses clients et très certainement de possibles investisseurs.
Full Tilt explique que les difficultés de trésorerie qui l'empêchent de rembourser les joueurs proviennent du black friday et des comptes bancaires bloqués, à la fois lors de l'action entreprise par le Département de la Justice Américain et au cours d'actions antérieures (en précisant que 115 millions de dollars auraient été gelés au total) et d'une escroquerie menée par Daniel Tzvetkoff qui aurait détourné 42 millions au cours de l'année 2009.
Parallèlement, la société aurait connu d'importants problèmes de trésorerie fin 2010 et début 2011 suite à un problème technique, engendré par un défaut de leur processeur de paiement. Les dêpots des joueurs étaient crédités immédiatement sur les comptes-joueurs sans être débités sur leurs comptes bancaires !
Full Tilt indique que des négociations sont actuellement en cours avec six repreneurs potentiels, des hedge funds, des opérateurs de jeux en ligne, des entreprises spécialisées dans le e-commerce et même des investisseurs privés.
Un communiqué qui tente de se vouloir rassurant alors que l'audience décisive devant l'AGCC se tiendra le 15 septembre, dans lequel la compagnie rappelle que ses priorités restent la survie de l'opérateur et le remboursement des joueurs.
Le gagnant du plus gros Main Event de l'histoire a visiblement du talent en matière de business. Jamie Gold a vite compris qu'il y avait une place à prendre sur le marché américain du poker en ligne post-black friday. Il vient donc d'annoncer la création d'un site de poker gratuit à son nom -FreeGoldpoker.com- qui offrira chaque mois une dotation de 100 000$, financée par des partenaires dont l'identité n'a pas encore été dévoilée. De nombreux événements caritatifs sont parallèlement prévus, ce qui constitue une initiative intéressante pour redorer l'image du poker en ligne aux Etats-Unis.
L'accès aux sites et à ses différents tournois et parties étant entièrement gratuit, jouer sur FreeGoldPoker sera donc totalement légal pour les joueurs américains.
Good read (du marché) pour Jamie Gold ?
Un excellent moyen de prendre position en prévision d'une future régulation du marché américain...