|
Livres pour tous publics
|
|
Par Claire Renaut
|
|
Mardi, 18 Mai 2010 16:52 |
|
Â
Ne vous fiez pas à son titre : Une partie en enfer ne correspond en rien au cliché auquel vous pourriez vous attendre. Dans ce thriller pokeristico-multinationalo-complot, pas de partie de cash game en sous-sol avec le flingue sur les genoux. Non.
En lieu et place de ce qui aurait pu être un film attendu, le lecteur se trouve embringué dans une histoire trépidante qui le fera voyager plus encore que James Bond : de Nassau à Boston, de Paris à Las Vegas en passant par Amsterdam, l’intrigue nous entraine d’un coin du monde à un autre sans jamais perdre son souffle.
Les histoires croisées des personnages principaux (Lars, junkie à la fois victime et bourreau, Hugh, joueur online qui disparait mystérieusement, Constance, sa petite amie qui part à sa recherche, Philippe et Noah, deux businessmen gentiment magouilleurs) s’imbriquent et se succèdent à un rythme crescendo qui peut pousser le lecteur à ne lâcher le livre qu’une fois ce dernier terminé.
Malgré quelques incohérences principalement dues à la grandeur de la vision des auteurs - ici, pas de microcosme parisien ou vegassien : l’ampleur de l’intrigue est mondiale -, l’ensemble se laisse lire agréablement et ce, dû à un style d’écriture sans dentelles ni fioritures : ici, on va à l’essentiel.
Florian Lafani et Gautier Renault, tous deux la petite trentaine, n’ont à la base rien à voir avec le poker ; une explication logique à leur imaginaire débordant et bien loin des sentiers battus et re-battus. Le passionné de poker trouvera toutefois une vraie crédibilité dans les scènes pokeristiques, et ce grâce à  la démarche des auteurs qui ont demandé leur avis à des acteurs du milieu avant la publication du livre (Michel Abecassis, Aurélien Guiglini et...moi).
Ce premier roman mérite qu’on y jette un oeil. Inventif et rebondissant, c’est le parfait polar de l’été : celui derrière lequel on adore frissonner tout en mourant de chaud sous le parasol.
Morceau choisi :
"Hugh jouait au poker sur Internet depuis quelques mois maintenant [...] Il avait commencé par des parties à 10 centimes de dollars. Rapidement, les gains s'étaient accumulés avant qu'il ne finisse par tout perdre sur un tilt soudain. [...] Il lui avait fallu plusieurs expériences de ce genre, à s'endormir avec une boule au ventre, en se demandant pourquoi il avait joué autant de fric en une seule fois. Puis il avait compris qu'il fallait s'astreindre à une vraie gestion de ses gains pour devenir véritablement gagnant. Se maîtriser, accepter le facteur chance, ne pas oublier que l'important est de miser en étant favori. Après, les cartes décident et, sur le long terme, la variance finit par se lisser. Apprendre à se controler : il n'était pas en repensant à cette soirée où, d'énervement devant la chance qui se refusait à lui, il avait envoyé sa souris s'exploser sur le mur dans un cri de rage. Ses voisins avaient dû s'étonner, lui qui tenait plutôt du mari idéal quand ils le croisaient dans l'ascenseur."
Â
Une partie en enfer, par Florian Lafani et Gautier Renault First Thriller - 337 pages - 19,90 euros.
Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par Pascal Tribo
|
|
Jeudi, 03 Décembre 2009 11:35 |
|
C’est l’un des premiers professionnels français de poker à se prêter à l’exercice du roman autobiographique. A 34 ans, Nicolas Dervaux vit de sa passion pour les cartes depuis 2006, date à laquelle il est passé pro. Au travers de ce livre, cet ancien champion de billard et amateur de football et d’échecs, a tenu à se livrer. Sans bluff ni petites cachotteries. "Coucher tout ça sur papier me permet de dresser une sorte de bilan provisoire de ces années vertigineuses, de prendre réellement conscience du chemin parcouru", avoue-t-il.
Les premières lignes campent d’entrée le décor, nous plongeant rapidement dans le vif du sujet. On y apprend ainsi, de façon fraiche et amusante, comment la vie du jeune auteur a changé le jour où un ami vient l’interrompre en pleine partie de billard pour lui vanter les mérites du Texas Hold’em… C’était en mai 2005.
La machine est en route et tout s’enchaîne alors très vite pour le joueur qui s’attache à décrire, de façon très précise, son parcours, étape par étape, dans l’univers du poker. "Tout est encore très frais dans ma tête, ce qui m’a permis de ne rien oublier et de coller au plus près avec tout ce que j’ai réellement vécu depuis mes débuts, il y a trois ans". De ses premiers clics et son premier tournoi satellite remporté sur le Net, de ses gains en cash game online (environ 300 000 euros), en passant par ses nombreuses performances en live à l’échelle internationale (6e à l’EPT de Copenhague, 3e au championnat du monde de heads-up, une place payée aux WSOP) ou son partenariat avec le site Unibet, tout est détaillé au fil de 194 pages et sous une plume plutôt habile pour un premier essai.
Le récit est à la fois sensible, descriptif, rapide et ludique. "J’ai tenu à raconter ma vie, mes impressions, mes angoisses. Il n’y a aucun message particulier de ma part dans ce livre. J’ai juste voulu décrire mon aventure atypique au travers d’anecdotes et avec un brin d’humour".
A toute blind est composé d’une vingtaine de chapitres qui correspondent chacun à une étape-clé de la carrière de l’auteur. Le tout dernier chapitre étant quant à lui un condensé de précieux conseils destinés aux joueurs débutants. La lecture de cet ouvrage devrait plaire à ceux qui cherchent à pratiquer un poker sain et intelligent.
Morceaux choisis
Le temps de poser nos valises, et nous voila emportés par la vague, partis à l’aventure dans ce sanctuaire de la démesure. Chaque casino est, à lui seul, une ville dans la ville. Tables de roulette, de blackjack, de craps à perte de vue. C’est encore pire pour les bandits manchots. Tout a été étudié pour que le visiteur perde la notion du temps, qu’il joue à n’en plus finir, qu’il dépense, dépense, dépense encore. Qu’il se transforme, vite fait bien fait, en portefeuille sur pattes. A peine le speaker a-t-il prononcé la phrase rituelle qu’un énorme vacarme s’élève : quatre mille joueurs se mettent soudain, comme un seul homme, à tripoter leurs jetons. J’ignore encore que ce bruit de fond ne cessera pas de la journée. On dirait des cigales. Rigolo ! J’ai l’impression d’être en Provence. Sauf qu’à la fin du tournoi, j’aurai la tête comme une citrouille. Au bout de la troisième main, Killer Poker me relance. J’ai la plus belle main du Texas Hold’em : une paire d’as. Je décide d’envoyer tous mes jetons, de faire tapis. Le joueur paie. Il a une paire de valets. Je frôle l’arrêt cardiaque… Je suis favori sur ce coup. Prions pour ne pas voir de valets sur le board ! Le flop, ça va… Le turn, idem. La river… un trois. Miracle ! Au bout de cinq heures d’acharnement… je crie victoire (…) Mon tout premier tournoi de poker ! Ma principale ambition est aujourd’hui de continuer à vivre convenablement du poker, sans délaisser mes proches ni passer la plus grande partie de mon temps aux tables de jeu.
Â
A toute blind |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par Pascal Tribo
|
|
Mardi, 21 Juillet 2009 16:52 |
|
Â
Isabelle Mercier est certainement l'une des joueuses de poker les plus connues et médiatisées au monde. Ambassadrice du poker au féminin et l'une des rares femmes de la Team Pro PokerStars, elle a su s’imposer dans un univers essentiellement masculin. Mais le parcours de celle que l’on surnomme "No Mercy" (Sans pitié) fût loin d'être un long fleuve tranquille, et il lui aura fallu une bonne dose de courage et d’abnégation pour réaliser son rêve : vivre de sa passion de poker et mener une vie de star.
C’est ce parcours semé d’embuches que nous fait partager la charmante Québécoise de 34 ans, dans cette autobiographie au style enlevé. Au fil des 300 pages, elle nous livre son histoire, mais aussi toutes ses vérités, n'hésitant pas à jouer "cartes sur table".
Tout commence très tôt pour Isabelle. Dès l’âge de trois ans, elle joue déjà au côté de son père et de son oncle, dans la maison familiale, à Victoriaville. A l’école, elle est une élève brillante et choisi de devenir avocate. Son avenir semble tout tracé quand, à 24 ans, elle obtient un poste dans un cabinet d’avocat. Mais elle décide finalement de tout plaquer - dès son premier jour - pour se rendre à Paris et commencer un petit boulot de croupier à l’Aviation Club de France, le célèbre cercle de jeu des Champs-Elysées. Ce sera la toute première décision un peu folle d’une jeune femme qui préfère l’aventure au cocooning.
Au fil des chapitres, "No Mercy" évoque ses débuts de joueuse de poker professionnelle, son premier succès à Amsterdam, son sponsoring, ses rencontres avec les plus grands joueurs, sa victoire au WPT Ladies Night Out, et de multiples anecdotes.
Morceaux choisis :
"Je suis sortie, je me suis assise par terre et j’ai pleuré. J’ai fait une crise ! Ma vie était finie. J’étais écroulée [...] Je suis rentrée me réfugier dans ma chambre d’hôtel. J’ai pleuré pendant encore trois heures. Ca m’a mis dans tous mes états. Je revoyais les cartes, encore et encore. Le As-Roi me hantait… C’était mon bad beat".
"Je fais vraiment peur. Les jeunes, rien que d’entendre mon petit nom, frémissent déjà … Regard fixe, je les dévisage. Mon jeu n’est pas très raffiné, je suis un peu trop grossière dans l’agression [...]. Je prends des risques démesurés. Je ne laisse aucune chance à personne et pour l’instant ça marche."
"Lorsque je réalise ce qui m’arrive, la seule chose que j’ai en tête, c’est qu’il y a neuf types entre moi et le titre [...] L’argent, je le sens, je le vois, je le touche presque. Je suis là , à cette table, et j’ai une chance sur dix d’être millionnaire."
Au final, on se laisse facilement emporter dans cet univers fait d’argent, de voyages, de joies, de doutes, de grosses déceptions, de rencontres et de risques. Une autobiographie passionnante, mais aussi riche d’enseignements, en particulier sur la vie de ces "saltimbanques" que sont parfois les joueurs de poker professionnels.
Et le parcours de "No Mercy" n'est pas terminé : Hollywood chercherait, selon les rumeurs, à adapter ce livre au cinéma, avec Jennifer Gardner dans le rôle d’Isabelle...
Profession bluffeuse, par Isabelle Mercier (avec Marina Rozenman) Flammarion - 295 pages - 19,90 euros.
Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par Claire Renaut
|
|
Dimanche, 07 Juin 2009 23:00 |
|
Â
Ce livre, brievement préfacé par Michel Abecassis, présente les origines du jeu et la naissance du monde du poker tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Très complet et bourré de références à des ouvrages et des auteurs des siècles précédents, Thierry Depaulis, auteur spécialisé dans la rédaction d'ouvrage sur les jeux de cartes et les jeux de société en général, balaie de sa plume trois siècles d'écrits et de références laissés par ceux qui ont contribué à l'histoire du poker.
Si l'on peut regretter une mise en page et une écriture ni fluide ni attractive (on a parfois l'impression de lire une thèse universitaire de 90 pages), l'ouvrage apprend tout ce qu'il est possible de savoir sur l'évolution du jeu, tant d'un point de vue légal que du point de vue des règles, dont on apprend qu'elle n'ont jamais cessé de suivre des modes, changeant ainsi petit à petit la face du jeu.
Ainsi, on apprend que le NLHE dérive probablement de plusieurs jeux dont "le prime", "le poque" ou "la bouillotte", qu'il sera longtemps interdit dans de nombreux états, étant jugé "trop hasardeux", que Feydeau, Marcel Proust et Paul Claudel ont tous fait mention du jeu dans quelque uns de leurs chefs d'oeuvres, que le poker a envahi les cercles parisiens dès 1850, remplaçant petit à petit le baccarat ou encore que ce n'est qu'en 1995 que la Californie autorisa les cercles à organiser des parties de NLHE, Omaha ou encore 7 cards Stud.
L'ouvrage s'étend également longuement sur les différentes variantes ayant existé et nous rapelle des règles pour la plupart oubliées depuis longtemps. Ainsi, vous pourrez apprendre à jouer entre autres au Wild Widow, Deuces Wild ou encore au Spit in the Ocean.
Le dernier chapitre est consacré au poker "moderne", à savoir son évolution depuis la période de Vegas et du Binion's (on y apprend ainsi que le nom WSOP n'a pas été choisi au hasard puisqu'il fait référence au VSOP, un cognac fort apprécié des joueurs du casino) jusqu'à celle de la création du poker online et des mic-mac juridiques qui y sont liés.
Le livre est truffé de citations extraites de différents livres ou manuels de conseils dont voici les deux plus drôles :
"Il n'y a peut-être aucun jeu de hasard plus terrible et plus attrayant. Il est difficile d'y jouer sans en prendre la fureur et quand on est possédé, on ne peut plus supporter d'autres jeux" (Diderot, l'Encyclopédie, 17e siècle) "[Voici 4 conseils sur ce qu'il vous faut avoir pour gagner] 1 : de la chance. 2 : des bonnes cartes. 3 : du culot. 4 : un bon caractère" (livre sur le poker, 1872)
Â
Petite histoire du poker, par Thierry Depaulis Editions Pole -Â 96 pages -Â 7 euros
Forces : Un historique très complet de la naissance et des origines du jeu, ultra documenté et très précis. Faiblesses : Parfois rébarbatif dans l'énumération de références littéraires liées au poker, rendant la lecture peu distrayante ; manque de fun et de mise en valeur des anecdotes, pourtant intéressantes. Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par David Poulenard
|
|
Mercredi, 06 Mai 2009 14:21 |
Ce sympathique ouvrage se démarque des nombreux livres iniatiques qui inondent le marché. La traduction de "My 50 most memorrable hands" de Doyle Brunson n'a pas pour vocation de vous faire progresser au poker (quoique), mais de se plonger à travers 50 mains particulières dans l'histoire du poker. Accessible aussi bien pour les novices que pour les joueurs confirmés, il se lit avec une grande facilité et un plaisir certain.
En effet, dans ce mince ouvrage, "Texas Dolly" nous raconte 50 coups d'anthologie, sortis de son exceptionnelle mémoire, depuis son début dans les arrières-salles texanes jusqu'à aujourd'hui. On y retrouve des coups de Stud, de Deuce to Seven et bien sur de nombreuses mains de Texas Holdem en compagnie de légendes du poker telles que Johnny Moss, Brian Sailor, Bobby Baldwin, Nick the Greek ou bien Stu Ungar.
Si le but du livre n'est pas d'apprendre à mieux jouer au poker, les explications fournies par Doyle Brunson et la logique de son raisonnement - qui semble parfois évidente - permettent de comprendre la manière de jouer d'un tel champion. Je vous recommande notamment la main numéro 7 ou comment folder un full aux as max sans l'ombre d'une hésitation...
Un bémol néanmoins concernant la version française ; il semblerait que la traversée de l'Atlantique et les frais de traduction aient provoqué une forte inflation ! La version originale coûte 14,95 $ et la française, agrémentée d'une soixantaine de pages supplémentaires inintéressantes, 25 €. Mais la lecture de cet ouvrage provoque parfois une telle jubilation que la dépense sera vite oubliée...
My 50 most memorable hands, par Doyle Brunson (version originale) Cardoza Publishing - 161 pages - 14,95 $
Poker 50/50, par Doyle Brunson (version traduite) Editions Fantaisium, Collection Poker Expert 260 pages - 25 euros
Forces : Des mains et des analyses exceptionnelles ; une plongée dans l'univers mythique des Rounders ; se lit à son rythme avec une grande facilité Faiblesses : La qualité de l'ouvrage fait qu'il parait trop court et que l'on reste sur sa faim
Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par Cyril Fievet
|
|
Mardi, 07 Avril 2009 14:09 |
|
Â
L'un des rares romans français entièrement consacrés au Texas Hold'em, No Limit est résolument ancré dans la "poker-mania" des années 2000. Ecrit à la première personne, le livre relate les aventures d'un étudiant comme les autres qui, après avoir découvert le jeu un peu par hasard, en devient rapidement accro.
"Couché à sept heures, je me réveillai mort-vivant à neuf. Incapable de dormir plus mais encore à la limite de tomber d'épuisement. Je restai une éternité sur mon lit. Je flottais dans un sentiment d'impuissance. Le trou dans mon budget n'était pas encore le plus grave. C'était grave, bien sûr, mais il y avait pire. Je sentais bien que j'avais encore envie de jouer. Parce que ce n'était pas possible que je perde encore. Parce qu'il le fallait. Parce que tous les arguments étaient bons. Je savais que c'était le signe indiscutable que j'étais très atteint. J'en pleurais. C'est à ce moment-là que j'eus une idée géniale pour tout arranger : il fallait que je joue pour tout regagner ! C'était aussi simple que ça".
Le style alerte de Tom Verdier et les affres bien décrits du héros s'enfonçant à y perdre raison dans le poker en ligne font de No Limit un livre très attachant. Au delà du roman, on peut même y voir une fable instructive, de nombreux joueurs pouvant s'identifier au parcours d'un héros qui découvre le plaisir du jeu, succombe à l'argent facile, rêve de gloire et de fortune, "tilte" stupidement - et met finalement sa vie entre parenthèses.
Au final, si No Limit doit être pris pour ce qu'il est est - une histoire bien menée et bien documentée se déroulant intégralement dans l'univers du Hold'em - il n'en demeure pas moins aussi, pour tous les joueurs de poker, un bon résumé des erreurs à ne pas commettre et des pièges dans lesquels ne pas s'enfermer...
No Limit, par Tom Verdier Albin Michel - 220 pages - 15 euros
Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par Cyril Fievet
|
|
Mardi, 07 Avril 2009 13:47 |
|
Â
Imaginé par les deux responsables du magazine français Live Poker, Poker Players rend hommage aux plus grands joueurs du monde.
L'ouvrage propose 25 portraits de ces "stars du poker" que sont Phil Hellmuth, Doyle Brunson, Gus Hansen, Phil Ivey et quelques autres.
Palmarès, anecdotes, citations accompagnent ces portraits, agrémentés de très belles photos de ces joueurs d'exception.
Un beau livre, à offrir... ou à s'offrir.
Poker Players : 25 portraits de champions, par Raquel Azran et George Djen Edition Solar - 160 pages - 34,50 euros
Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
Livres pour tous publics
|
|
Par Cyril Fievet
|
|
Mardi, 07 Avril 2009 10:25 |
|
Â
Comme l'explique Nolan Dalla, "Joueur né devait être l'autobiographie de Stuey Ungar", un projet avorté pour cause de mort prématurée du principal intéressé, "le plus grand joueur de poker du monde".
L'ouvrage n'en demeure pas moins riche. Par le biais de nombreux entretiens, d'anecdotes sulfureuses, de témoignages de la plupart des personnes l'ayant côtoyé tout au long de sa vie, les auteurs dressent un portrait haut en couleurs de Stu Ungar, triple champion du monde des World Series of Poker, et sans doute l'un des joueurs les plus mythiques de l'histoire du poker (voir notre portrait de Stu Ungar).
Morceau choisi (c'est Stu Ungar qui parle) :
"J'ai compris la leçon la plus importante du jeu à l'âge de 15 ans. J'avais battu un type à plate couture au pinocle, pour genre 600 dollars, ce qui faisait beaucoup à l'époque. Je l'ai regardé et j'ai vu dans ses yeux que ça lui faisait vraiment mal de perdre contre moi. J'ai eu pitié de lui, j'avais presque envie de le rembourser. Ca me faisait mal de le voir comme ça.
Une semaine plus tard, on s'est à nouveau affrontés. Cette fois, c'est lui qui m'a écrasé, et il m'a pris environ 800 dollars. Je n'avais pas l'argent pour le payer et j'ai dû emprunter la somme pour m'acquitter de ma dette. Il ne me restait même pas de quoi me payer un ticket de bus pour rentrer chez moi.
Je me souviens que quand je l'ai regardé dans les yeux, il rigolait à gorge déployée et se moquait de moi. Cet enculé enfonçait le couteau dans la plaie. Ca m'a appris qu'il ne faut jamais se sentir désolé d'avoir battu quelqu'un. Plus jamais je n'ai eu de pitié. Vraiment plus jamais."
On le voit, le récit est brut, sans concession, parfois glamour, souvent glauque - à l'image de Ungar, personnage complexe s'il en est. "Un homme à la fois fascinant et agaçant, brillant et frustrant, extrêmement généreux et incroyablement égoïste", selon les mots de Dalla.
Joueur né est une autobiographie particulièrement bien documentée. Mais au fil des pages, on a bien davantage l'impression de lire un roman. Un roman qui vous entraîne des bas-fonds new-yorkais aux grands hôtels de Las Vegas, dans un tourbillon mêlant jeu, argent et drogue. Le roman d'une vie hors norme, débridée, brutale, où le génie côtoie en permanence la folie.
Au final, on ressort ébranlé de la lecture de cet ouvrage décapant, à lire absolument.
Joueur né, par Nolan Dalla et Peter Alson Sonatine Editions - 356 pages - 18 euros
Note globale :          
Commander ce livre sur Amazon France |
|
|