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Comme le veut la tradition, la plupart des grands joueurs de poker sont affublés de surnoms qui, parfois, finissent par leur coller à la peau. Certains de ces surnoms définissent des traits de caractère, d'autres proviennent d'improbables concours de circonstances...
Phil "The poker brat" Hellmuth
Très certainement le surnom le plus connu des passionnés de poker. C’est Norman Chad qui a appelé pour la première fois Phil Hellmuth le "sale gosse du poker", en référence à son comportement d’enfant gâté et à ses fréquentes crise de colère aux tables de jeu. Malgré un palmarès impressionannt - 11 bracelets WSOP, le record actuel, pour un peu plus de 10 millions de dollars de gains - Hellmuth demeure fidèle à son surnom. Il n'est ainsi pas rare de le voir critiquer ou insulter ses adversaires, même si des pénalités récentes lui ont fait adopter un comportement un peu plus sage. Le joueur le plus titré de l'histoire du poker a malgré tout le sens de l'humour, puisqu'il revendique volontiers son surnom, et l'a même utilisé pour sa propre marque de vêtements, "Poker Brat Clothing Company".
Chris "Jesus" Ferguson
Pas besoin de chercher longtemps pour comprendre l’origine de ce surnom, il suffit de regarder la silhouette particulièrement reconnaissable de Ferguson, géant dégingandé et barbu à la longue chevelure. Très concentré et peu bavard, le "Jesus" du poker, s'il arbore parfois un regard mystique, présente tout de même une différence de taille avec le personnage de la bible : le chapeau bien sûr ! Difficile de voir Ferguson sans son stetson. Pour le reste, le palmarès est sans faille : champion du monde WSOP en 2000, 47 places payées et quatre autres bracelets aux WSOP, pour un gain total de 7,6 millions de dollars. Et, à défaut de marcher sur l'eau, ce Jesus-là est capable de couper une carotte en lançant une carte à jouer à plus de trois mètres. Pas donné à tout le monde.
Greg "Fossilman" Raymer
Raymer découvre le poker en 1999 alors qu’il est avocat pour une multinationale. Deux ans plus tard, il atteint une table finale des WSOP (12e du 1500 $ Omaha H/L) et, en 2004, à 40 ans, il décroche le titre suprême de champion du monde - et les 5 millions de dollars qui vont avec. C'est sa passion pour les fossiles et le fait qu’il en utilise toujours un pour protéger ses cartes qui lui ont valu le surnom de "Fossilman". Lui aussi n'hésite pas en jouer, en cachant systématiquement son regard derrière des lunettes holographiques affichant des yeux de reptiles.

Howard "The professor" Lederer
Ancien prodige des échecs, Lederer découvre le poker très jeune. Il fait ses armes dans un club de New-York puis décide de partir s’installer à Las Vegas, en 1993, pour devenir joueur professionnel. Son palmarès : deux bracelets WSOP et un total de gains de 5 millions de dollars. Son approche toujours très calculée au cours des parties a incité ses adversaires à le surnommer "Le professeur". Une étiquette que Lederer déteste car il n’a jamais mis les pieds à l’université. Il n'est pourtant pas dépourvu de capacités pédagogiques, puisque c'est lui qui appris le poker à sa soeur, Annie Duke, l'une des meilleures joueuses professionnelles du circuit.

Mike "The Mouth" Matusow
Détenteur de trois bracelets WSOP (1999, 2002, 2005), avec des gains en tournois estimés à 7 millions de dollars, Matusow (ci-contre) a la particularité de posséder deux surnoms : "The mouth" (la bouche) pour ses coups de gueule et son langage fleuri à une table de poker, et "The blow-up" (la boulette), en référence à ses excès de confiance qui lui ont parfois fait perdre, en quelques secondes, les jetons qu’il avait mis des jours à accumuler. (lire notre interview de Mike Matusow)
Juan Carlos "El Matador" Mortensen
Ses origines espagnoles ont valu à Mortensen ce surnom qui ne manque pas de "piquant". Il a appris le poker lors de parties privées dans un bar de Madrid, où il travaillait comme serveur. Sa passion pour le jeu le pousse à rejoindre les Etats-Unis, en 1997, alors qu’il ne parle pas un mot d’anglais. La barrière de la langue ne l’empêche pourtant pas d’enchaîner rapidement les victoires en tournoi. En 2001, c’est la consécration : il remporte le Main Event WSOP après huit longues heures de partie en table finale et repart avec 1,5 millions de dollars. Il obtient un autre bracelet en 2003 et un titre au WPT la même année.
"Action" Dan Harrington
Champion d’échec puis de backgammon, Harrington participe à son premier tournoi de poker aux WSOP en 1987 et parvient à se classer sixième. En 1995, il remporte le Main Event et parvient ensuite à deux autres tables finales, en 2003 (3e) et 2004 (4e). Ses gains en tournoi à ce jour sont d’environ 7 millions de dollars. Chose rare, c'est lui-même qui s’est surnommé "Action Dan", non sans humour et ironie d'ailleurs. Ce surnom est pour le moins contradictoire quand on connaît le style très conservateur (serré-agressif) du joueur et son calme légendaire autour d’une table de poker, un style qu'il décrit dans plusieurs ouvrages de référence.
Antionio "Le magicien" Esfandiari
D’origine iranienne, Esfandiari arrive à l’âge de 10 ans aux Etats-Unis avec sa famille. Pour une fois, ce surnom n'a rien d'inventé : à 19 ans, Antonio démarre une carrière de magicien avant de découvrir le poker et de devenir joueur professionnel. Il s’est rapidement imposé comme une figure incontournable des tournois internationaux. A son palmarès : un bracelet WSOP en 2004 (2 000 $ Hold'em Pot Limit), un titre WPT et cinq tables finales. Soit environ 3 millions de $ de gains, sans compter le cash game, auquel il a consacré un livre.

Isabelle "No Mercy" Mercier
C’est lors de la victoire d’Isabelle au tournoi féminin du World Poker Tour, en 2004, que Mike Sexton, commentateur vedette et joueur professionnel, lui donna ce surnom de "No Mercy" (Sans pitié). Une référence à son style ultra-agressif, tranchant avec ses adversaires de l'époque. La belle canadienne de 34 ans a ensuite écumé le circuit pro, sur lequel ses bluffs et son fort caractère lui ont permis d’imposer son image, dans un milieu essentiellement masculin. Après quelques années de carrière, l'une des joueuses de poker les plus médiatisées au monde a pour l'instant accumulé quelques 500 000 euros de gains en tournois.
Doyle "Texas Dolly" Brunson
L’origine du surnom du patriarche du poker mondial est purement accidentelle : lors d’un tournoi, Jimmy Snyder (dit "Le Grec") se trompa et annonça "Texas Dolly" au lieu de "Texas Doyle", en référence aux origines texanes de Brunson. Ce dernier s’en amusa et ne fit aucun effort pour se débarrasser de ce surnom étrange ("dolly" signifie "poupée"), allant même jusqu’à l'utiliser lui-même tout au long de sa carrière. Une carrière impressionnante s'il en est : double champion du monde, dix bracelets WSOP, un titre WPT et 5,5 millions de gains. Il est l’auteur, en 1978, de Super System, considéré encore aujourd’hui comme une bible du poker et, plus récemment, d'un ouvrage commentant ses 50 plus belles mains. A 76 ans, "Dolly", encore très présent sur le circuit pro, n’a pas fini de faire parler de lui…

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