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Les anecdotes qui relatent les déboires des novices en live sont nombreuses. Une fois c'est un joueur qui jette ses cartes (et sa flush max) lorsque son adversaire annonce full sans l'avoir, remportant ainsi le pot. Une autre c'est un néophyte impatient qui annonce prématurément son jeu en voyant son rival avancer ses jetons l'air décidé (sans pour autant leur faire franchir la ligne fatidique). La liste des erreurs à ne pas commettre pour ses premières sessions en live est longue.
Connaître parfaitement les règles en vigueur dans un tournoi ou dans les parties de cash organisées par un établissement de jeu est absolument nécessaire. Certains joueurs expérimentés utilisent même celles-ci afin de soutirer des jetons à des adversaires qui s'aventurent pour la première fois sur le terrain du jeu en live. Il convient donc de connaître la réglementation instaurée par le casino ou le cercle dans lequel on dispute une partie, mais aussi d'adopter l'attitude idéale pour ne pas se faire mystifier.
 se méfier des vieux roublards...
De nombreuses règles élaborées pour éviter que le jeu ne soit faussé sont ainsi détournées par des compétiteurs rusés à la moralité élastique. Par exemple, cette règle judicieuse qui dit que tout joueur qui annonce sa main pendant le déroulement du coup voit celle-ci brulée. On peut mentir sur sa main mais en aucun cas la dévoiler afin d'éviter qu'un joueur fausse le coup -l'arrête- en annonçant une très grosse main en cours de jeu. Certains sont passés maître dans l'art d'utilser cette loi du jeu à des fins malhonnêtes.
Ainsi ce coup qui s'est déroulé dans un cercle parisien. Sur un tableau présentant une possibilité de couleur, un joueur effectue une forte mise. Son adversaire, un vieux requin hésite et commence à discuter avec le jeune relanceur. La partie est conviviale et il lui demande : "tu as flush max n'est-ce-pas ?". Le débutant finit pas répondre oui. Conséquence immédiate le vieux briscard paie avec une couleur au roi qui est battue par la flush à l'as du jeune joueur trop sincère. Son expérimenté adversaire appelle alors le floor et lui explique que l'autre a annoncé sa main ce qui est interdit. Le floor brule les cartes du joueur qui avait la flush max et donne le pot à l'autre. Immoral certes, mais au poker comme ailleurs la loi est dure, mais c'est la loi. C'est un cas extrême, d'après Michel Leibgorin, un des directeurs de tournoi agrées par la TDA, le joueur expértimenté n'aurait pas du obtenir gain de cause ayant volontairement utilisé un point de réglement afin de le contourner à son avantage. Cependant autant éviter de laisser l'issue d'un pot important entre les mains plus ou moins avisées d'un directeur de salle.
 requins guettant l'arrivée d'un néophyte...
Il y a d'autres façons moin subtiles mais potentiellement efficaces d'utiliser les règles. Par exemple ces joueurs qui ont des années d'expérience, mais qui parfois, étrangement, font un string bet (juste comme il faut pour ne pas être crédible). Leur relance est refusée, le mec râle un peu de façon à être crédible et à ce que tout le monde comprenne -pense- qu'il possède une main énorme. Il sera rarement relancé ou simplement suivi, pourra voir un flop ou une carte supplémentaire gratuitement et souvent une simple mise à l'étape suivante lui permettra de remporter le pot à peu de frais.
Dans le même ordre d'idées, les fausses relances. Exemple sur des blinds à 1/2, un joueur relance à 10 et un autre annonce 14. Le croupier lui refuse sa relance en lui expliquant pourquoi et l'autre répond : "mais j'ai entendu 6, il articule pas, il y a trop de bruit, etc., je peux plus relancer alors ?" Effectivement il ne peut plus, il aurait fallu que sa fausse sur-relance soit au moins de 50% pour que le croupier lui autorise une relance du double. Le petit malin rouspète et se contente de payer. Pour 10 jetons, il a réussi à véhiculer l'image d'un joueur ayant une très grosse main et se donne ainsi à moindre coût de réelles chances de remporter l'argent au milieu.
Parler avant son tour est aussi une astuce courante, relancer en espérant que la relance soit annulée ou en souhaitant manifester une impatience pouvant être interpretée comme un gros jeu. Ou bien checker avant son tour pour laisser croire que l'on possède un jeu faible et induire un bluff. Ce cas de figure est arrivé récemment au dernier Marrakech Poker Open, heureusement la victime potentielle, Brice Cournut, était suffisamment expérimentée pour ne pas se laisser abuser par cette étrange erreur d'un joueur confirmé. Après avoir fait remarquer à son adversaire que ce n'était pas à lui de parler et qu'il le savait bien, Cournut check aussi, prenant son adversaire à son propre piège et le laissant dévoiler un full max.
 Il y a des joueurs à qui on ne la fait pas...
Il existe d'autres situations où un joueur peu expérimenté peut se faire avoir sous le coup de la fatigue ou de la tension. Celles-ci ne sont pas vraiment une exploitation des règles ou de leur méconnaissance, mais plutôt de "bons vieux coups de vices". Ce sont toujours les mêmes cas de figure : pousser le débutant à révéler son jeu ou à dévoiler une information importante en feignant l'abandon. Le traditionnel "c'est bon" qui ne veut rien dire est toujours utilisé. L'adversaire secoue la tête et annonce l'air désabusé "c'est bon" attendant une réaction du népohyte. "C'est bon" ne veut rien dire. "C'est bon je paie ? C'est bon je me couche ? C'est bon d'être là assis avec vous ? C'est bon les sushis ?" Une fois de temps de temps, un jeune joueur tellement pressé de voir son adversaire se coucher prend ses désirs pour des réalités jette ses cartes ou dévoile son bluff prématurément, le requin déclare alors "mais j'ai pas dit que je me couchais, j'ai dit c'est bon je paie !" ou l'inverse évidemment si une main forte est dévoilée.
Vieux coup de vice qui fonctionne encore, totalement immoral mais parfois efficace, le joueur qui annonce l'air décidé "FULL MAX" ou tout autre jeu imbattable. En face son rival, dégoutté, jette ses cartes dans le muck et l'autre n'a plus qu'à ramasser les jetons au milieu, en s'excusant de s'être trompé lorsqu'il doit révéler une poubelle. La ficelle est grosse oui, mais récemment dans un EPT, l'arnaque a encore fonctionné...
Moins vicieux, mais parfois rentables et d'autant plus efficaces qu'ils sont gros comme un maison, les faux tells. Par exemple celui qui consiste à avancer ses jetons l'air volontaire pour payer le tapis de son opposant. Ca fonctionne parfois, le joueur se décompose soudainement ou bien retourne une paire d'as alors que les jetons n'ont pas encore franchi la ligne jaune. Il est alors facile et encore temps pour le manipulateur de prendre la bonne décision, payer ou se coucher, en toute tranquilité...
Si presque tout le monde connait, la vieille ruse d'avancer des jetons vers le milieu puis de se raviser et faire parole en espérant avoir intimidé son adversaire dans le but d'obtenir une carte ou un showdown gratuit, certains ont développé une contre mesure. Un professionnel français, connu pour ses chemises, est un coutumier du fait. Il prépare une pile de jetons, fait mine de miser puis check. Son adversaire rigole intérieurement, pensant secrètement "à moi on ne l'a fait pas", et mise en confiance. C'est alors qu'il entend "tapis" ou quelque chose approchant ! Séance d'intox au deuxième degré qui peut faire des ravages et générer quelques recaves...
 Prendre un manipulateur à son propre piège : jouissif !
Fort logiquement, la majorité d'entre vous, en lisant cet article, pensera être suffisamment expérimentée pour ne pas tomber dans le panneau. Si c'est le cas tant mieux, un rappel ne fait cependant pas de mal. Mais les petites asctuces sont nombreuses et cette énumération n'est pas exhaustive. Cet article a pour but de sensibiliser tous ceux qui ne jouent que rarement en live sur la nécessité de bien connaître les règles et de toujours prendre son temps avant la moindre action. Même lorsqu'il s'agit de montrer ses cartes ! Attendez de voir les cartes de vos adversaires avant de jeter les votres si c'est à leur tour de le faire, ayez les sens en éveil lorsque le regular du casino fait une étrange erreur malgré ses 60 printemps, ne parlez pas, jouez vos cartes sans vous laisser influencer par des tells trop gros pour être vrais émis par des vieux routiers, etc.
Enfin en cas de doutes ou de litiges, il faut toujours appeler un floor. ce n'est pas le joueur qui parle le plus fort qui a raison encore moins s'il est dans le coup, ni même le croupier il ne connaitra pas toujours parfaitement les règles en vigueur, souhaite souvent se simplifier la tâche et ne désire pas forcément contrarier des habitués à fort caractère qui laissent de généreux pourboires.
Jouer des parties réelles demande plus d'attention que sur Internet, mais le nombre de mains jouées est largement inférieur. La concentration ainsi économisée doit être utilisée pour un surcroît d'attention et de vigilance. Avec de l'expérience et quelques conseils avisés, vous serez surpris de constater à quel point il peut être facile et profitable de retourner ces petites et inélégantes astuces contre leurs auteurs...
 Méfiez-vous des observateurs qui s'installent derrière vous et font des signes étranges...
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