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EFOP 2009 - "Devilfish" s'impose à Paris


Tournois
Par Cyril Fievet   
Mardi, 20 Janvier 2009 10:03

Le jour 2 du tournoi principal à 5 000 € démarre samedi en début d'après-midi. Il reste 45 joueurs, dont cinq ont dépassé la barre des 100 000 en jetons : Olivier Da Silva, Franck Fellous, Martin Hansen, Alain Layani et Theo Jorgensen, qui caracole en tête avec 135 000 en jetons.

jorgensenLes choses démarrent bien pour Rémy Biéchel, qui double tout de suite avec deux as, au détriment de Bogden Ionesco, et passe le cap des 100 000. Mais il reperd une bonne partie de son stack peu après, toujours contre Ionesco, qui détient deux as à son tour. Xavier Detournel, short stack, envoie son tapis avec A-J depuis la petite blind, face à une relance du bouton. Jorgensen (ci-contre) envoie lui aussi son tapis depuis sa grosse blind, avec 10-10, mais le bouton paie avec A-A et remporte logiquement le coup, éliminant Detournel.

Les éliminations vont bon train, et Biéchel fait partie du lot. Jorgensen relance du bouton à 4 400, Biéchel défend sa blind et sur-relance à 15 600. Jorgensen le pousse à tapis et Biéchel paie, avec A-K. Il est loin devant le A-Q de Jorgensen, mais ce dernier touche sa dame au flop et Rémy Biéchel est envoyé sur le rail sur ce vilain bad beat. Il reste alors 36 joueurs. Theo Jorgensen et Dave "Devilfish" Ulliot, très actifs, sont chip leaders avec Roger Hairabedian. Tandis que les blinds passent à 1 000/2 000 (ante de 300) à 18h, on passe rapidement à 23 joueurs.


Une bulle malheureuse

Seuls 18 joueurs seront payés, et la bulle est atteinte en début de soirée. Le suédois Mats Gavatin, particulièrement agressif, est alors chip leader, avec un impressionnant stack de 250 000, alors que le moyenne est à 107 000.

La bulle freine les ardeurs, et les joueurs short stack jouent extrêmement serrés, tandis que les joueurs les plus expérimentés en profitent. Ionesco relance en milieu de parole et Jorgensen paie depuis la grosse blind, puis check sur le flop Q 6 6 avec deux trèfles. Ionesco envoie 8 300 et Jorgensen paie. Au turn, un valet de pique, les deux joueurs font parole. A la river, un 7 de trèfle qui complète la couleur, Jorgensen mise immédiatement 17 000. Ionesco est alors plongé dans un abîme de réflexion. Il réfléchit durant de longues minutes, avec ses jetons à la main (un call le pousserait quasiment à tapis). Plusieurs joueurs demandent "time", mais Nicolas, directeur du tournoi, rappelle que seuls les joueurs engagés dans la main peuvent appeler l'horloge et c'est ce que fait Jorgensen. Ionesco hésite encore, tenant toujours ses jetons à la main, et se laisse mourir, sa main étant brûlée au bout de 60 secondes. Jorgensen gagne le coup et abat alors 4-2... de pique. Un bel exemple de sang-froid et d'utilisation optimale de la période de bulle, qui permet à Jorgensen d'ajouter quelques milliers de jetons à son stack.

gavatinFinalement, c'est Alain Layani qui fait éclater la bulle, au détriment de Vikash Dhorasoo. Layani relance du bouton et Dhorasoo flat call depuis sa petite blind, puis check au flop, K J 2. Layani envoie tapis, immédiatement payé par Dhoraso, qui abat A-A. Il est loin devant le K-8 de son adversaire, mais un 2e roi au turn scelle le destin du représentant de la team Winamax, qui fait les frais de la bulle sur un bien vilain coup.

Une fois dans l'argent, les joueurs short stack deviennent plus téméraires et les éliminations se multiplient. Mats Gavatin (ci-contre) perd un coup énorme, à tapis avec A-K contre 5-5 et, peu après la pause dîner, on atteint la table finale.


Mélange de styles en finale


Au début de la finale, qui se joue le dimanche, le décompte en jetons est le suivant :

Dave Ulliot - 482 500
Laurent Santos - 417 500
Alain Layani - 379 000
Roger Hairabedian - 190 500
Didier Pitcho - 171 000
Theo Jorgensen - 149 500
Antoine Arnault - 117 500
Paul Testud - 75 000
Franck Fellous - 69 500

Les choses ne tardent pas, avec des blinds 2 000/4 000 (ante de 500). Dès le début de la finale, Franck Fellous envoie son tapis en pur bluff mais se fait payer par Antoine Arnault avec top paire et termine 9e.

Peu après, c'est au tour de Theo Jorgensen de sur-relancer à tapis avec A-K, payé par Roger Hairabedian avec A-Q. Une dame au turn éjecte le danois à la 8e place.

ulliotDave Ulliot (ci-contre), toujours chip leader, tente un gros bluff dans un pot énorme, envoyant 100 000 à la river, sur un board 6 J 7 Q 5, avec trois piques. Hairabedian hésite longuement, mais finit par payer avec A-Q et remporte le coup. Ulliot semble ébranlé et perd un autre gros coup juste après, en jetant la meilleure main face à Laurent Santos qui envoie un "three barrels" en pur bluff.

Testud, mal en point au début du tournoi, parvient à doubler avec J-J, puis sort Didier Pitcho avec A-A contre 5-5, repassant à plus de 200 000 en deux coups. Laurent Santos relance en début de parole et Alain Layani envoie son tapis. Santos paie avec 10-10, bien devant les 8-8 de son adversaire, mais Layani touche un 8 au turn et Santos se retrouve short stack.

Dans l'heure qui suit, Hairabedian et Ulliot s'affrontent plusieurs fois, s'échangeant mutuellement des masses de jetons. Dans l'une de ces mains, Hairabedian relance en début de parole et trouve deux payeurs, dont Ulliot au bouton. Au flop, 10 8 5, Hairabedian envoie 30 000, payé par Ulliot. Les deux joueurs check le turn, une dame, et Hairabedian mise à nouveau à la river, un roi. Ulliot paie et remporte le main avec K-10, battant K-5 pour Hairabedian.

Les blinds passent à 8 000/ 16 000 et le joueur le plus short stack, Paul Testud, n'a plus beaucoup d'options. Il envoie tapis plusieurs fois, et parvient à tripler, puis redescend, se retrouve encore à tapis, pour doubler avec K-K contre J-J chez Ulliot. Ce dernier est très actif et agresse en permanence, tout en défendant sa blind avec vigueur. "Je joue seul contre tous les autres", plaisantera-t-il.

hairabedianHairabedian (ci-contre) relance du bouton, et Ulliot suit de grosse blind. Les deux joueurs check au flop, A K 6, puis Hairabedian envoie 40 000 au turn, un 6 qui complète une couleur à trèfle. Ulliot check-raise à 120 000, faisant plier son adversaire, qui jette sa main. "Devilfish" montre alors sa main : J-7 de carreau, pour un bluff osé, à ce stade du tournoi.

Tandis que ses adversaires se rebiffent, ripostant plus fréquemment à ses coups de butoir, Ulliot relance encore une fois et Testud envoie son tapis, pour 130 000 supplémentaires. Ulliot paie avec A-J. Testud est devant avec 8-8, mais un valet à la river marque la fin de son tournoi. Ulliot est écrasant chip leader, avec environ 660 000 en jetons, soit le tiers de la totalité des jetons, alors qu'il reste cinq joueurs en course.

 

Un pacte avec le "poisson-diable"


Peu après 20h aura lieu l’élimination d’Alain Layani qui ose sur-relancer Devilfish à tapis (170 000 en tout). Mais l'anglais, alors à la tête d’une montagne de près de 900 000 jetons, complète avec 9-8 de pique sans la moindre hésitation, et touche sa couleur.

Ulliot poursuit sur sa lancée en sortant Antoine Arnault une heure plus tard. Arnault, short stack et se croyant UTG, esquisse le geste de partir à tapis. Il est en réalité de grosse blind et sa tentative de move n’aura pas échappé à l’anglais qui s’embusque en limpant avec une paire de dames. Se passe ce qui devait se passer, Arnault poussant son stack avec K-6 pour se faire sortir par Devilfish...

Quelques minutes plus tard, c’est Roger Hairabedian qui se chargera d’éliminer le troisième joueur, Laurent Santos, sur un coin flip, 7-7 contre A-J qui ne s'améliore pas.

Lors de la pause dîner, Hairabedian confie, au sujet de son adversaire anglais : "C’est un bon joueur, un très bon joueur, surtout en attaque. Mais il pousse trop. Il me fait penser à ElkY dans son style, il veut gagner tout et tout de suite".

La partie reprend entre les deux joueurs qui sont quasiment à égalité de tapis (environ un million chacun). Un deal ayant été trouvé au dessert, la partie reprend avec sérénité sous l’œil aiguisé des deux compagnes blondes de chacun des adversaires, assises à côté de leur héros du soir. Rémy Biéchel commente la scène : "Ils font quoi ? Un double mixte ?". Le heads-up durera moins d’une heure avec un Roger Hairabedian qui semble ne toucher aucune carte et encore moins de flops.

A la dernière main, Devilfish relance 100 000, et Hairabedian pousse son tapis avec une paire de 5 en main. Malheureusement pour lui, l’anglais dévoile la paire de 7 qui lui offrira la victoire, un bracelet parisien et plus de 100 000 euros.

 

devilfish_victory

 

Répartition officielle du prize pool (hors deal)
1 - Dave Ulliot - 152 380 €
2 - Roger Hairabedian - 81 500 €
3 - Laurent Santos - 57 530 €
4 - Antoine Arnault - 38 350 €
5 - Alain Layani - 28 765 €
6 - Paul Testud - 23 970 €
7 - Didier Pitcho - 19 175 €
8 - Theo Joregensen - 14 380 €
9 - Franck Fellous - 9 590 €



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