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Au lendemain de la finale du championnat du monde de poker (WSOP 2009), remporté par Joe Cada, des détails émergent quant aux sommes financières en jeu.
Pour rappel, le prize pool global pour lequel se battaient les neuf finalistes s'élevait à 15 847 250 $. Comme l'ont noté plusieurs observateurs, ce prix aurait pu être plus élevé. Le Main Event des World Series se joue désormais en deux temps : le tournoi est ajourné le 15 juillet, pour reprendre avec la table finale le 7 novembre. Dans l'intervalle, le montant du prize pool est placé par les organisateurs sur un compte rémunéré réputé "sans risque", et les intérêts perçus sont ajoutés à la somme globale. Cette année, les intérêts se sont élevés à 1 321 $. Un rendement particulièrement maigre pour une telle somme, placée durant trois mois et demi, qui a suscité des interrogations dans la communauté poker.
Toujours est-il qu'il s'agit là d'une somme confortable, dont l'immense majorité revient aux deux derniers survivants : 8 547 042 $ pour Joe Cada et 5 182 928 $ pour Darvin Moon. Mais l'énormité de ces chiffres est relative.
D'abord, les deux joueurs vont devoir s'acquitter d'impôts pour le moins conséquents sur leurs gains. Russell Fox, fiscaliste du cabinet Clayton Financial and Tax et expert de la taxation sur les jeux d'argent, estime ainsi que Cada devra payer 3 556 236 $ au Trésor américain (et aux autorités locales du Michigan où il réside) - soit 42% des gains remportés par le jeune champion du monde. Même punition pour Moon, qui aura lui à débourser 2 114 603 $ en impôts (41% de ses gains). Avec sept américains sur les neuf finalistes, le championnat du monde de poker 2009 aura été une belle opération pour le fisc états-unien, assuré de récolter quelques 8 millions de dollars.
 Une belle somme... dont plus de 40% finiront dans les caisses du fisc américain (Photo © IMPDI)
Mais, pour les joueurs, impôts et taxes ne sont pas les seuls déboursements à prévoir.
Bien que cela paraisse anecdotique, une enquête d'un quotidien de Baltimore révèle ainsi que Moon a eu plusieurs démêlées avec la justice ces dernières années, et qu'il est toujours redevable d'au moins 25 000 $ auprès de débiteurs publics ou privés. Une somme désormais négligeable pour ce bûcheron devenu millionnaire, après s'être qualifié aux World Series pour 130 $.
Cada, quant à lui, aura fait des heureux en remportant le plus gros tournoi du monde. Le ticket d'entrée du jeune champion - à 10 000 $ - lui avait été financé par deux autres joueurs, Cliff "JohnnyBax" Josephy et Eric "Sheets" Haber. Les deux hommes, tous deux joueurs professionnels, interviennent régulièrement en tant que "stakers" sur le circuit (ils auraient déjà touché un pourcentage des gains de Ylon Schwartz, finaliste WSOP 2008). On ignore la répartition des participations et les accords financiers entre les trois joueurs mais, selon les propres mots de Cada, confirmés par le service de presse des WSOP, l'un des deux financeurs touchera "près de la moitié des gains" du champion du monde. Un retour sur investissement juteux, ayant permis de transformer quelques milliers de dollars en plusieurs millions - le tout en trois mois. Du jamais vu dans l'histoire du poker, probablement.
Au final, la victoire de Cada s'avère donc, au plan financier, moins impressionnante qu'elle ne paraît. En enlevant les impôts et la part revenant aux partenaires lui ayant permis de disputer le tournoi, Cada touchera une récompense nette sans doute plus proche de 2 millions de $ que des 8,5 millions affichés dans les tableaux de résultats. Et, paradoxalement, Moon aura gagné plus d'argent en terminant second que Cada en remportant le tournoi.
Bien sûr, tout cela exclut la suite de la carrière des deux joueurs, qui peuvent espérer des retombées importantes après leur exploit lors de l'événement poker le plus médiatisé de l'année.
C'est notamment le cas pour Cada qui, à 21 ans, démarre sa carrière. Alors qu'il avait débuté le tournoi aux couleurs de Ultimate Bet, le jeune champion a signé un contrat de sponsoring peu avant le déroulement de finale, avec... PokerStars. On ignore bien sûr les détails du contrat, mais on peut estimer que les retombées indirectes du titre de champion du monde sont largement supérieures au prix financier remporté par le joueur cette semaine. Pour Moon, seul joueur de la finale à ne pas arborer de logo d'une salle de poker, les contrats seront peut-être moins faciles à décrocher, d'autant que le joueur ne semble pas spécialement attiré par le sponsoring.
Paul Leggett, l'un des dirigeants de la société exploitant Ultimate Bet, expliquait hier à Poker News Daily que les tractations sont allées bon train avant la finale. "Le seul joueur qui m'intéressait était Cada, tandis que PokerStars voulait Moon", raconte Leggett. Cada ayant signé avec PokerStars, Ultimate Bet s'est finalement retourné sur Moon, qui souhaitait un deal limité aux seules journées durant lesquelles se disputait la finale, et non un contrat de sponsoring à l'année. "Jusqu'à la veille de la finale, nous lui avons fait plusieurs propositions, portant sur des montants à six chiffres", assure Leggett. Moon, qui aurait voulu, selon certaines sources, 350 000 $ pour porter un logo durant la finale, n'aura finalement représenté aucun sponsor.
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