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Mi-novembre se tenait à Las Vegas la Global Gaming Expo (G2E). Organisée par la American Gaming Association (AGA), association qui regroupe et représente la plupart des gros casinotiers et fournisseurs d'équipements, l'exposition est le principal rendez-vous professionnel de l'année pour l'industrie du jeu d'argent. L'occasion d'établir un état de la situation, qui demeure peu brillante.
Sans surprise, les effets de la crise financière sont toujours perceptibles : les revenus des casinos états-uniens se sont montés à 7,94 milliards de dollars au cours des trois premiers trimestres 2009, soit une baisse de 5,5% par rapport à l'année dernière. En 2008, l'industrie avait déjà affiché une baisse de 4,7%.
La G2E elle-même a durement fait les frais de la crise. L'exposition a attiré cette année 566 exposants - contre 724 l'année dernière. Une baisse de 25% en termes de surface d'exposition, tandis que le visitorat affichait une baisse de 5%.
 G2E 2009 : 20% d'exposants en moins
"Il ne fait aucun doute que l'industrie du jeu a encore devant elle un long chemin avant de recouvrer sa santé", a souligné Frank J. Fahrenkopf, Président de la AGA, assurant néanmoins qu'il perçoit un "regain d'optimisme" dans l'industrie.
Cet optimisme ne saute pas aux yeux lorsqu'on parcourt les résultats d'une étude menée par l'association auprès de 260 professionnels du secteur, rendus publics lors de la G2E. Quand on leur demande si l'industrie retournera à son niveau d'avant la crise, 44% des répondants estiment qu'il lui faudra "encore trois ou quatre ans" pour surmonter cette crise, et 21% pensent que "cinq à neuf ans" sont nécessaires. 9% des sondés jugent même que l'industrie ne sera plus jamais ce qu'elle était avant la crise financière ou qu'elle mettra plus de 10 ans à s'en remettre.
Les trois quarts des professionnels interrogés sont "d'accord" ou "tout à fait d'accord" pour dire que la crise de 2008 aura changé "à tout jamais" la face de l'industrie du casino américaine. Plus que tout autre, l'état de l'industrie du jeu est d'ailleurs directement lié à celui de l'économie nationale. "Tant que les dépenses des ménages resteront faibles, notre industrie continuera à souffrir", explique Fahrenkopf.
 Frank J. Fahrenkopf, en compagnie de la comédienne Rita Rudner, qui a fait son show durant la G2E
Finalement, la seule trace d'optimisme tient peut-être au rôle joué par le développement du jeu sur Internet. L'étude de la AGA montre d'ailleurs les attentes de la profession en la matière : 39% des sondés estiment que la légalisation du jeu en ligne aux Etats-Unis sera le principal sujet d'actualité pour l'industrie du jeu en 2010.
L'occasion pour les acteurs du jeu sur Internet de faire quelques appels du pied à leur confrères du jeu "en dur". Lors de la G2E, Jim Ryan, PDG de PartyGaming, a ainsi exposé comment les sites de jeu en ligne pouvaient aider les casinos physiques, notamment en matière de suivi et de traitement des informations relatives aux joueurs. "Nous pouvons devenir de véritables partenaires des casinos traditionnels", a insisté Ryan, regrettant le clivage existant entre le monde du jeu en dur et celui du Net : "Je ne comprend pas que la AGA ne supporte pas les projets de loi en faveur d'une légalisation du jeu en ligne".
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