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Le poker au cinéma

Dossiers
Par Pascal Tribo   
Lundi, 02 Mars 2009 10:16



rounders_dvdPoker et cinéma ont toujours fait bon ménage à Hollywood. De nombreux films ont contribué à amplifier le mythe du poker - et du jeu d'argent en général. Moult réalisateurs se sont ainsi tournés vers cet univers, comme toile de fond d’affrontements psychologiques et de tension dramatique. Ces dernières années, trois films ont marqué les esprits - et réjoui les amateurs de 7e art et de poker.

Pour beaucoup de joueurs de poker, l'un des meilleurs films jamais consacrés au poker est sans doute "Les joueurs" (Rounders), de John Dahl. Sorti il y a dix ans, le film met en scène deux jeunes stars montantes du cinéma américain, Matt Damon et Edward Norton. Pour aider son meilleur ami - et mauvais génie -, Matt Damon se remet au poker, malgré la promesse faite à sa compagne. De clubs louches en parties privées à hauts enjeux, le film montre divers aspects du jeu, avec des références multiples aux livres, stars du poker et jargon pokeristique. Un chef d’œuvre pour tous les amateurs de poker - en particulier de Texas Hold'em, sur lequel est centré le film - avec, en point d'orgue la quête qui motive le héros : participer aux World Series of Poker, et y affronter les meilleurs. À noter que, outre l'apparition de Johnny Chan dans le film, le DVD bénéficie d’une piste son comportant des commentaire où Chris Moneymaker, Johnny Chan, Phil Hellmuth et Chris Ferguson livrent leurs analyses.

casino_royalePlus récemment, à l'apogée du "phénomène de mode" généré par le poker aux Etats-Unis, le jeu se permet de chiper la vedette à James Bond, en 2006, dans "Casino royale". Les traditionnelles scènes d’actions ayant fait la réputation de la saga laissent ainsi souvent place au tapis vert, aux jetons et aux cartes, avec notamment un Sit'n Go de haut vol, à 10 millions de $ de buy-in, au cours duquel Daniel Craig doit affronter le banquier d’une organisation terroriste. Même si les connaisseurs jugeront certaines mains jouées comme aussi improbables que caricaturales, le suspens n’en demeure pas moins présent, et certains passages du film resteront sans doute comme des scènes d'anthologie du poker à la sauce hollywoodienne.

Moins médiatique mais peut-être plus intéressant du point de vue pokérien, "Lucky you", en 2007, relate les états d'âme d'un joueur professionnel lors d’un tournoi international, à Las Vegas. Eric Bana, Drew Barrymore et Robert Duvall se distinguent dans cette histoire bien ficelée, dont la morale se résume au fait que, pour rafler la mise à une table de poker comme dans la vie, il faut parfois laisser sa fierté de côté et savoir changer de tactique. À noter que plusieurs joueurs professionnels font de brèves apparitions à l’écran, dont Daniel Negreanu.

 

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Dans Rounders, Matt Damon (à droite) doit notamment affronter l'inénarrable TeddyKGB, joué par John Malkovich (à gauche) - © Miramax Films

 

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Drew Barrymore et Eric Bana dans Lucky You - © Warner Bros Pictures

 

1898 : première apparition du poker au cinéma

Le poker s’avère donc être un thème vendeur pour le cinéma, mais le constat ne date pourtant pas d’aujourd’hui.

Il faut en effet remonter très loin, aux balbutiements du 7e art, pour voir apparaître le tout premier film faisant référence au poker. En 1898, Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, réalise "Poker at Dawson City". Il s’agit du tout premier western de l’histoire du cinéma. Le film dure environ une minute et l’on peut y voir des joueurs de 5-Card Stud surchauffés par les enjeux.

aces_and_eightsLe poker a donc commencé très tôt sa carrière cinématographique. Au tout début du 20e siècle, les apparitions du poker à l'écran se succèdent à échéance régulière : en 1913, "A game of poker" et "Billy plays poker" puis "Ma and pa play poker" (1914) et "Poker faces" (1926).

Far West et poker sont alors étroitement liés. En 1936, dans "Aces and eights", un joueur de poker professionnel décide de venir en aide à une famille mexicaine en participant à un tournoi de Stud et en remportant la victoire avec une double paire (d’as et de 8, d’où le nom du film). Le film est une référence directe à Wild Bick Hickok, un personnage réel et légendaire de la conquête de l'Ouest, tué pendant une partie de poker, alors qu'il détenait cette fameuse double paire (aujourd'hui encore, au Texas Hold'em, la main de départ A-8 est surnommée "la main du mort" en référence à cette anecdote).

Un autre western, "Brothers in the saddle" (1949), voit son personnage principal, un joueur de poker, sauvé de justesse d’une partie qui a mal tourné. Mais commencent alors pour lui les véritables ennuis…

Dans "Le gentilhomme de la Louisiane" (The Mississipi Gambler, 1953), deux joueurs professionnels tentent d’introduire la notion d’honnêteté lors des parties clandestines organisées sur les bateaux à vapeur du Mississipi.


Steve McQueen et la naissance du "mythe poker"

A partir des années 1960, le poker sort du genre dans lequel il semblait jusque là confiné - le western - pour devenir le sujet central de films plus médiatisés, contribuant à développer une véritable "culture du poker".

kid_posterEn 1965, Steve McQueen interprète ainsi avec brio le rôle d’un jeune joueur de poker dans "Le kid de Cincinnati". Malgré un scénario banal, ce film est souvent considéré, même aujourd'hui, comme "culte" par les amateurs de poker. Il faut dire qu’il se rapproche davantage du jeu tel qu’il est pratiqué de nos jours, même si c’est le Stud à cinq cartes qui y est joué. L’histoire se déroule à la Nouvelle-Orléans, dans les années 1930. Steve McQueen incarne le Kid de Cincinnati, as du poker, récemment arrivé sur le circuit des joueurs professionnels. Son manager va lui organiser une rencontre au sommet qui l’opposera au meilleur joueur du moment, un champion surnommé "Le Maître" et considéré comme imbattable.

L’année suivante, "Le gentleman de Londres" (Kaleidoscope) sort en salles. Ce film ne connaîtra pas le succès escompté malgré un scénario pour une fois original et un Warren Beatty très convaincant. L’histoire : un escroc parvient à truquer le dos des cartes utilisées par les casinos lors de leur fabrication à l’usine. Il enchaîne les victoires mais commence également à attirer les soupçons...

 

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Steve McQueen, dans un film qui marque un tournant dans le traitement du poker au cinéma - © MGM Studios

 

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Autre petite chef d’œuvre d’originalité, la même année, "Gros coup à Dodge city" (A big hand for the lady), avec Henri Fonda, Joanne Woodward et Paul Ford. Un père de famille, piètre joueur, décide d’engager toutes les économies de son ménage dans une partie de poker réunissant les hommes les plus riches de la ville. Victime d’une crise cardiaque lors de la partie, ce dernier est remplacé par sa femme qui recevra plusieurs fois des cartes de premier choix, compensant le fait qu'elle ne sait absolument pas jouer…

En 1974, dans "California split", deux joueurs compulsifs vont disputer la partie de poker de leur vie en misant tout ce qui leur reste afin de tenter de remonter la pente. On retrouve dans ce film méconnu de Robert Altman l’acteur américain Jeff Goldblum (La mouche, Jurassic Park) dans l’une de ses toutes premières apparitions. Pour la première fois est abordé l’aspect compulsif - et potentiellement dangereux - du poker. On découvre ainsi tout au long du film de nombreux exemples de situations complexes et délicates dans lesquelles peuvent se retrouver plongés certains joueurs.

Plus tard, en 1994, "Maverick", adapté de la série TV éponyme, effectue un retour aux sources, en plongeant Mel Gibson et Jodie Foster dans un western plus ou moins centré sur le poker. Gibson, qui joue le rôle titre du film, est un joueur professionnel de Stud qui cherche les fonds pour participer à un gros tournoi à 25 000 $ de buy-in, et s'imposer face à ses rivaux. Quelques belles parties de cartes - parfois truquées - dans ce film haut en couleurs et plein de rebondissements.

 

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Jodie Foster et Mel Gibson dans Maverick, de Richard Donner - © Warner Bros Pictures

 

On peut d'ailleurs noter un fort décalage entre le traitement du jeu aux Etats-Unis, patrie du poker, et celui choisi dans d'autres pays. L'une des rares apparitions du poker dans un film français remonte ainsi à 1986, avec "Poker", de Catherine Corsini, mettant en scène Caroline Cellier et Pierre Arditi. Caroline Cellier perd 50 000 francs au cours d'une partie de poker privée, et doit recouvrer cette somme en 24 heures, coûte que coûte. Contrairement à la plupart des films américains, le jeu est ici un simple prétexte, utilisé pour installer l'intrigue, et n'est présenté que sous un biais négatif : un jeu dangereux, réservé aux "gamblers" à tendance compulsive - et susceptible de créer des ennuis...

 

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Caroline Cellier dans Poker, l'un des rares films français abordant le jeu - © Sara Films

 

Les WSOP et Amarillo Slim bientôt sur grand écran

Dans les années qui viennent, le traitement du poker par le cinéma sera certainement davantage empreint de réalisme. Surfant sur la "vague poker" - et notamment le développement récent des prestigieux tournois internationaux ou la consécration de "stars" issues du poker - plusieurs films ayant le jeu pour thème principal sortiront prochainement en salles.

dealDans "Deal", un ancien joueur de cartes va ainsi se retrouver confronté, durant les World Series of Poker, à son ancien élève à qui il a tout appris. Aux côtés de Burt Reynolds, Tara Reid et Shannon Elizabeth, on pourra retrouver Phil Laak, Antonio Esfandari ou encore Isabelle Mercier, dans un film qui plonge le spectateur dans les coulisses des grands tournois de poker d'aujourd'hui - glamour et rêve de gloire inclus. "C'est le meilleur film consacré au poker depuis Rounders", assure Joe Hachem, champion du monde WSOP en 2005.

Dans le même registre, le très attendu "Amarillo Slim" signera le grand retour cinématographique de Milos Forman. Nicolas Cage y incarnera le rôle du joueur et flambeur Amarillo Slim Preston. Né en 1928, Preston est connu pour être l'un des plus grands joueurs de poker du monde. Il gagna notamment 2 millions de dollars en battant Larry Flynt, le patron du groupe Hustler, aux World Series of Poker, en 1972.

Le poker n'est d'ailleurs pas l'apanage des studios d'Hollywood. Le film colombien "Pòker", qui sortira courant 2009, utilise également le jeu comme trame de fond. Dans ce huis-clos dramatique, quatre personnages aux profils divers, tous confrontés à de graves difficultés personnelles, s'affrontent dans une partie à fort enjeu qui peut modifier le cours de leur vie... Un film d'auteur, dans lequel le poker est moins le sujet du film qu'un instrument du cinéaste pour révéler et amplifier la tension psychologique des personnages.

 

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Pòker, du réalisateur colombien Juan Sebastian Valencia, sortira en 2009 - © Mad Love Film Factory

A n'en pas douter, si le 20e siècle fut propice au développement du mythe du poker sur grand écran, l'histoire d'amour entre ce jeu et le cinéma est loin d'être terminée.


Références
  • Casino Royale - site officiel
  • Deal - site officiel
  • Pòker (film colombien) - site officiel
  • Rounders - Wikipedia
Commentaires (4)
0
NICKEL
Par jielce, mars 02, 2009
merci pour ces infos . Steve MC QUEEN est vraiment le meilleur !
0
nh
Par dario04, mars 03, 2009
Bel article, je vais télécharger un peu tout ça.
0
None.
Par Matt34500, mai 06, 2009
Mr c'est interdit de télécharger....lol
0
...
Par Frédéric Fatoux, août 09, 2009
Très sympa comme article. On aurait aussi pu citer Arnaques, crimes et botanique, High Roller: The Stu Ungar Story, l'Arnaque, Havana... Voire également Ocean 11.

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