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mardi 20 avril
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Christophe Pinna

Interviews
Par Pascal Tribo   
Lundi, 20 Juillet 2009 13:24


Ancien champion du monde de karaté et coach sportif de la Star Academy, Christophe Pinna participe depuis mars dernier à l’émission télévisée "100 000 euros sur la table", mêlant poker et sport. L’occasion d’évoquer avec lui les points communs et les différences entre sport et poker.

 

pinna_boxe_sMadeInPoker : Quel est le concept de l'émission "100 000 euros sur la table" ?

Christophe Pinna : Quatre candidats sélectionnés sur Internet jouent au poker, associés à quatre sportifs connus. Dès qu’un participant perd ses jetons, je peux l’aider à les récupérer via des défis sportifs. Le concept de cette émission est donc un mélange de parties de Texas Hold’em No Limit et de jeux sportifs disputés par quatre athlètes de haut niveau. Ces derniers s’affrontent autour de la table de poker puis au travers d'épreuves sportives comme le football, le basket, le tir à l’arc, l’aviron, etc. Le candidat qui termine premier est ensuite sélectionné pour la demie-finale en vue de remporter le titre et les 100 000 euros.

Quel est votre rôle sur l'émission et qu'est-ce qui vous a poussé à y participer ?

Je m’occupe d’un des joueurs de poker que je vais coacher tout au long de l’émission afin d’essayer de le conduire à la victoire. C’est dans ce travail d’équipe et de coaching que je me régale le plus. C’est un concept original car, d’habitude, un joueur de poker est tout seul face à ses adversaires. Là, il bénéficie d’un soutien mental est physique. Parmi les autres sportifs participants, on peut citer Jérôme Rothen (football), Pascal Gentil (taekwondo), Philippe Candeloro (patinage artistique) ou encore Michaël Llodra (tennis).

Quand Alexia Laroche-Joubert, la productrice, m’a appelé, je n’ai pas hésité un seul instant. J’avais déjà travaillé avec elle trois années consécutives sur la Star Academy, en tant que professeur de sport et coach mental des élèves. C’est une personne que j’apprécie professionnellement et humainement. J’avoue que j’ai signé les yeux fermés, sans trop me soucier du rôle que j’aurais au sein de cette émission. Je savais juste une chose : qu’il s’agissait de poker !

 

Justement, jouiez-vous déjà au poker ?

C’est marrant mais pas du tout ! En fait, j’ai découvert le poker pendant l’émission. Je ne suis pas un passionné de cartes. Je suis toujours en vadrouille pour mon boulot et je n’ai pas le temps de me poser un instant pour aller faire une partie de poker chez des amis ou chez moi sur Internet. Pourtant, le fait de faire cette émission m’a poussé à m’intéresser de plus près au poker. J’ai même téléchargé sur mon téléphone portable un petit jeu très bien fait qui me permet, de façon ludique, de progresser petit à petit. J’y jouais régulièrement lors de mes nombreux déplacements.

Mais quand j’ai su que j’allais participer à l’émission "100 000 euros sur la table", je suis allé voir un ami, à Nice, qui joue depuis des années et qui participe à des tournois dans les casinos de la région. Il m’a pris en main et m’a expliqué la plupart des bases.

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Qu'aimez-vous dans ce jeu, êtes-vous plutôt online ou live ?

Au poker, outre la technique pure que je ne maîtrise pas encore bien, il y a un côté que j’apprécie beaucoup. Il s’agit de la psychologie : le sang froid, la maitrise des émotions, le bluff, la concentration. J’aime bien aussi la période d’observation du début de partie. J’y suis même habitué car c’était la même chose lorsque je combattais au karaté où je devais rapidement analyser les intentions de mes adversaires pour mieux les contrer.

Pour moi, le poker online ne vaudra jamais le poker en live. C’est bien de débuter sur Internet et d’y faire ses armes. Mais je pense que le virtuel ne remplacera jamais l’ambiance d’un cercle de jeu ou d’une partie entre amis avec tout ce qui va avec : le fait de voir ses adversaires et de tenter de les analyser.

 

Quel joueur de poker êtes-vous et, à ce jour, quels sont vos points forts et vos faiblesses au poker ?

Je suis plutôt un joueur qui aime prendre des risques en jouant large et agressif. J’évolue au poker comme je le faisais au karaté : j’aime bien le jeu panache qui consiste à attaquer et à bluffer afin de mettre la pression sur mes adversaires pour les pousser à la faute. Cette stratégie m’a plutôt bien réussi dans mon art martial.
Grâce à mon passé de sportif de haut niveau et à mon métier de coach mental, je pense que j’arrive très bien à percevoir certaines choses puis à les décoder. Par exemple, je sens quand un adversaire a de véritables gestes de tension ou alors quand il simule pour mieux me tromper.

Maintenant, je dois vraiment m'améliorer au plan de la technique pure : sélection des mains de départ selon la position, calcul des cotes explicites et implicites, gestion de mon tapis, vols de blinds, etc.

Le poker pourrait prendre une place plus importante si j’avais de la place à lui donner. C’est un jeu qui me plait de plus en plus mais mon emploi du temps ne me permet pas d’y jouer régulièrement. Si demain j’étais à la retraite, je pense que je m’y mettrais très sérieusement !

Donc je pense que je suis une sorte de "passionné de poker", mais je dirais plutôt un "passionné potentiel". J’ai mis le doigt dedans et le jour où je disposerai de plus de temps, le poker pourrait devenir une passion à 100%.

 

Quel regard portez-vous sur l'explosion du Hold’em No Limit ?

Au départ, il y a quelques années, je regardais ça de façon très distante en jetant occasionnellement un œil curieux sur les premières émissions de télévision consacrées au poker. Puis, petit à petit, le phénomène a pris une ampleur telle que la plupart de mes proches s’y sont mis. Aujourd’hui, le poker est incontournable. Je voyage beaucoup et je m’en rends bien compte. La semaine dernière j’étais en Roumanie ; c’était impressionnant car le mot "poker" était présent partout : à la télévision, sur les murs, dans les conversations...

 

Quelles belles expériences avez-vous connues grâce au poker ?

J’ai le souvenir touchant d’un candidat qui voyait au travers de cette émission le moyen de s’en sortir financièrement. Il voulait à tout prix gagner et je l’ai aidé à y parvenir en l’épaulant et en lui donnant des conseils tout au long de la partie. Résultat : il a été autant ému que moi à la fin de l’émission…

 

pinna_kfSelon vous, un passé de sportif de haut niveau peut-il aider à connaître le succès au poker ?

Complètement ! Je pense qu’un athlète de haut niveau a un très gros avantage à une table de poker. Il saura mieux gérer le stress, la pression ; il aura une bonne concentration et une meilleure connaissance de ses limites, de ses qualités et de ses défauts. J’ai 30 ans d’expérience en compétition dans mon domaine, le karaté. Je peux donc facilement en tirer profit à une table de jeu puisqu’il s’agit aussi de compétition.

 

Vous assimilez donc le poker à un sport ?

J’ai envie de dire que non mais quand je vois que le bridge a été présent aux Jeux Olympiques d’hiver de Salt Lake City, en 2002, je me pose certaines questions… On peut assimiler le poker à un sport car il y a compétition mais il faut faire attention car le sport est avant tout une expression corporelle. Et l’on ne peut pas vraiment dire que l’on soit engagé physiquement quand on s’assoit à une table de poker durant des heures. Pas évident, donc, de dire si le poker est un sport...

Ceci dit, pour comparer avec le karaté, par exemple, il y a toute une stratégie à mettre en place qui peut ressembler à certains moments au poker. Je pense notamment au round d’observation, aux attaques-défenses et aux feintes qui peuvent être comparées aux bluffs.

 

Et mentalement ?

Il y a bien entendu des spécificités dans l’un et l’autre. Mais du moment que l’on parle de compétition, il y a un socle commun entre le poker et le sport : la gestion du stress, l’anticipation, la prise de décision, la sérénité, la concentration, le sang-froid, etc. Que l’on participe à un tournoi de tennis, de karaté ou de poker, on retrouvera toujours ces mêmes facteurs. Au poker, je me suis rendu compte que la concentration jouait un rôle vraiment très important. C’est un point que je maîtrise parfaitement et ça pourrait d'ailleurs être un atout pour moi si demain je décidais de m’engager vraiment dans le poker.

 

Pour finir, seriez-vous prêt à coacher un joueur de poker professionnel ?

J’ai beaucoup de demandes de personnes venant d’horizons divers (artistes, sportifs, etc) mais je n’ai jamais été contacté par un pro du poker. Je pense que ça serait une bonne expérience pour moi, maintenant que je connais un peu mieux ce milieu. Je pourrais sans doute lui apporter mon expérience au niveau de l’entretien physique nécessaire pour tenir des heures assis à une table mais aussi au niveau du mental.

Commentaires (2)
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Par coquin du 04, juillet 20, 2009
mais c'est qu'il m.....
c un van damme?
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Par Romain01, juillet 28, 2009
Et toi t'es qui ?
c'est pas un vandamme.. mais quand on connait pas on ferme sa b... hein :)

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