» Mot de passe oublié ?
» Identifiant oublié ?


mardi 11 mai
Home > Articles > Interviews > Interview psy - Chris "Jesus" Ferguson
 

Interview psy - Chris "Jesus" Ferguson

Interviews
Par Claire Renaut   
Vendredi, 16 Janvier 2009 01:00

Nombre de grands joueurs de poker semblent avoir des points communs autres que l’amour du jeu et de la gagne. Je voulais avec cette interview tenter de comprendre un peu mieux leurs personnalités, leurs modes de vie, leurs faiblesses et leurs envies.
Et donc leur poser des questions (toujours les mêmes pour tous les joueurs) sur autre chose que des points de vue techniques ou des conseils de stratégies…

Aujourd’hui sur le grill…

CHRIS "JESUS" FERGUSON


Alors que je marche tranquillement dans les allées du Bellagio après avoir joué en cash pendant quelques heures, un chapeau qui dépasse du bar de la Fontana Room attire mon attention.
Mister Ferguson est venu soutenir son amie Clonie Gowen, alors en finale d’un event de la Bellagio Cup -qu’elle a d’ailleurs remporté-, et il papote tranquillement avec son assistante. Je m’approche timidement et demande poliment si le monsieur au chapeau aurait deux minutes pour parler de lui avec moi… Et pour mon plus grand bonheur, n’ayant rien d’autre dans son agenda, il vient s’asseoir en face de moi une demi-heure plus tard, pile au début du show des fontaines devant le Bellagio. Coooool.
Je découvre un homme beaucoup plus sérieux, cultivé et non-addict au poker que ce que je pensais… Il sait en revanche soigner son image à la perfection, histoire d’entretenir le profond respect que toutes les têtes qui se tournent dans la room semblent lui témoigner.
C’est donc parti pour vingt minutes de confessions express avec l’homme chapeauté aux gains parmi les plus importants de l’histoire du poker (plus de 7 millions $)

chris ferguson autographe

Chris est un des joueurs les plus sollicités au monde -et un autographe, un!-

Trois mots pour parler de Vegas ?
Fêtes, adrénaline, vivant.

L’endroit où tu te sens le plus chez toi ?
A Vegas, c’est évidemment le Bellagio. Et à part Vegas, et bien… ça reste le Bellagio (rires) !

La ville que tu préfères ?
New York, sans hésiter. C’est une ville qui ressemble à Vegas pour son côté vivant et surprenant ; il y a toujours quelque chose d’intéressant à faire ou voir. Mais, contrairement à Vegas, c’est une ville qui a de la substance, de la matière ; en clair, plus de passé et de culture.

Ce qui te manque le plus quand tu es en voyage ?
Le sommeil. J’ai horreur d’être en jet-lag.

Un vice dont tu aimerais te débarrasser ?
La paresse. C’est d’ailleurs un des sept péchés capitaux ; je peux être tellement fainéant (rires)…

Un vice que tu garderas le plus longtemps possible ?
Les jeux, en général. Je suis addict à beaucoup d’eux ; par exemple, je peux passer des heures à jouer à Acquire (ndrl : un jeu de société proche du monopoly)

De quoi es-tu le plus fier ?
C’est difficile à dire… Je sais que je suis devenu un très bon joueur mais je répondrais plutôt que je suis fier de mon PhD (ndlr : très haut diplôme) en sciences informatiques à UCLA (ndrl : prestigieuse Université de Californie).

Le moins fier ?
Je ne sais pas… Rien je crois… (sourire)

Une bonne résolution que tu n’as jamais réussi à tenir ?
Il faut que je m’investisse plus dans le business, créer des boites et tout ça…

Tu ne pourrais pas vivre sans…?
Les ordinateurs. Définitivement. Et je précise que mon chapeau, oui, je peux vivre sans ! (rires)

Quelques adjectifs pour décrire ton jeu ? Et pour te décrire toi ?
Je suis un caméléon, je m’adapte tout le temps et à tout. Et ce, dans la vie comme au poker. Je passe d’un monde à un autre sans aucune difficulté ; de la programmation au poker en passant par la danse.

Un endroit où tu n’es jamais allé et où tu rêves de te rendre ?
Je vais bientôt aller en Thaïlande. C’est un endroit dans lequel je n’ai jamais été et que je rêvais de visiter.

Sportif ?
J’ai beaucoup joué au basket. Maintenant, comme beaucoup d’autres joueurs, je me suis mis au golf (rires). Et je continue à beaucoup danser, rock’n’roll ou salsa en particulier.

chris ferguson rocknroll

"Comment vais-je donc m'habiller ce soir pour mon gala de salsa? Le futal rouge? Le t-shirt à paillettes? J'hésite..."


Ta plus longue session de poker on-line ?
Je joue très peu on-line. Ce n’est pas quelque chose que j’aime. Et si un jour je passe 8 heures à jouer, ce sera vraiment parce que je n’avais rien de mieux à faire (sourire).

Live ?
Je n’aime pas jouer trop longtemps. J’ai d’ailleurs un mauvais souvenir d’un tournoi qui avait duré de 2h de l’après-midi à 7h le lendemain matin (sourire). Et comme je ne joue presque jamais en cash game…

La plus longue période sans jouer ?
Je ne participe plus qu’aux gros évènements. J’ai donc le temps de reprendre mes autres vies pendant les longues semaines qui séparent deux importants tournois poker.

Qui t’a appris à jouer? Quand ?
Mes parents m’ont appris à jouer au poker et au bridge quand j’étais très jeune, vers 4 ou 5 ans. On jouait en famille le dimanche… Et après, aller à l’université a beaucoup amélioré mon niveau.

Et à qui tu as appris à jouer ? Tu le fais encore ?
J’écris beaucoup d’articles de stratégie pour les magazines. J’ai aussi un site web sur lequel on peut trouver toutes sortes d’infos et de conseils. Mais je donne très peu de leçons en privés. Après, si un homme immensément riche venait à insister fortement, je changerais peut-être d’avis (rires)…

Tu joues avec tes potes ?
Beaucoup de joueurs pros sont devenus des amis (Andy Bloch, Clonie Gowen ou Howard Lederer) avec qui, évidemment, je vais partager une table avec plaisir. Mais jamais je ne jouerais avec des gens qui n’appartiendraient pas au milieu du poker.

Qu’est ce que tes proches pensent du fait que tu sois joueur professionnel ?
Ils pensent en général que c’est une immense perte de temps (sourire). Mes parents voudraient que je m’épanouisse dans un milieu plus instructif, riche et intéressant que ne l’est celui du poker. Mes amis, quant à eux, se moquent bien de tout ça… Je crois que ça ne les intéresse tout simplement pas…

Ton grand rêve poker ?
Je l’ai déjà atteint en remportant le Main Event en 2000. Je me souhaite juste de continuer à gagner à avoir du succès.

Superstitieux ?
Je ne suis pas superstitieux du tout ! Je suis bien trop rationnel pour ça. Et je précise que le chapeau, c’est juste pour le look ! De toute façon, je n’ai pas besoin d’être superstitieux puisque j’ai déjà une chance incroyable, et ce, quoique je fasse. Beaucoup de gens ne savent pas à quel point j’ai eu de la chance pour arriver où je suis… En clair, je suis là où je suis aussi parce que je suis probablement un des joueurs les plus chanceux du monde !

Qu’est ce que tu fais de l’argent que tu gagnes au jeu ? Plutôt cigale ou fourmi ?
Je fais très attention à mes gains. Croyez-moi ou pas, tout ce que je gagne est placé à la banque. Je n’ai pas un mode de vie très dépensier…

La chose la plus chère que tu aies acheté grâce au poker ?
Je ne suis pas du tout matérialiste. J’ai toujours la même voiture que celle que j’avais quand j’ai gagné le Main Event. Et si tu ne me crois pas, regarde mon téléphone (ndlr : il sort de sa poche un vieux modèle pitoyablement raccommodé avec du scotch ; perso, je le soupçonne tout de même d’avoir un blackberry flambant neuf pas très loin…). Tous mes potes se moquent de moi ! (rires) La seule chose qui compte vraiment pour moi, c’est bien manger ; inviter mes amis dans un grand et bon resto par exemple. Mais bon… Je ne bois même pas de vin… En même temps, ça sert à quoi de boire du vin si on ne vit pas en France, hein ? (rires)

chris ferguson sourire

Jésus fier de son miracle ; aujourd'hui, il a multiplié les jetons...


Si tu n’avais pas été joueur ?
Je serais sans aucun doute développeur informatique.

Tu te vois où dans cinq ans ? Vingt ans ?
Je ferais probablement toujours la même chose… Mais je veux m’impliquer plus dans des œuvres caritatives ; je suis d’ailleurs en train de monter une fondation pour aider de plus petites associations. J’ai besoin de me sentir utile dans le monde dans lequel on vit.

Une phrase pour finir ?
C’est une phrase de Johnny Moss "what good is money if you can’t gamble it?" ("A quoi sert l’argent sinon à être joué?") (ndlr : je fais évidemment remarquer au cow-boy que cette phrase ne lui ressemble absolument pas, ce à quoi il éclate de rire et admet qu’en effet, si belle soit-elle, elle est en effet à l’opposé de sa personnalité).



vignette_clare_renaut.jpg


Claire Renaut


 

Commentaires (1)
0
La grande classe
Par Nuno, mai 27, 2009
La super grande classe ce type.
Il a beau avoir quasiment tout gagné en tournoi il ne se prend pas la tête.
Un exemple à suivre

 Ajouter votre commentaire

security code

 

busy
 
Leo Margets : une last woman standing de choc 
Peter Eastgate : son bilan, 1 an et demi après son titre 
Interview psy : Barry Greenstein 
Jason Mercier : l'agressif génial 
Lacey Jones : la fausse Barbie 
Jack McClelland 
Thomas Kremser 
Joe Sebok 
Virginie Efira 
Antoine Saout 
Marc-André Grondin 
Vojislav Petrov 
Gaël Monfils 
Tristan Clémençon 
Jacques Zaicik 
unibet

poker&betting_show