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Jeffrey Lisandro

Interviews
Par Cyril Fievet   
Samedi, 27 Juin 2009 02:24


Avec trois victoires et alors que les World Series of Poker ne sont pas encore terminées, Jeffrey Lisandro réalise un véritable exploit, égalé par seulement cinq joueurs en 40 ans d'histoire. Avec trois bracelets, 800 000 $ de gains, et six places payées, il est aussi bien parti pour être désigné comme "Joueur de l'année aux WSOP 2009".

lisandro_1Quelles étaient vos attentes aux World Series cette année ?

Jeffrey Lisandro : Avant que cela ne commence cette année, j'étais très déçu. Je ne parvenais pas à trouver un sponsor. J'ai fait le tour pour tenter de trouver quelqu'un qui ait besoin d'un joueur, mais je n'ai obtenu aucune réponse. J'en ai parlé à des amis et j'ai finalement décidé que peu importait. [...] J'ai décidé d'y aller et de gagner trois bracelets. Je l'ai dit à mes amis les plus proches. Et je l'ai fait.

 

Du coup, appréciez-vous doublement vos victoires, alors que personne n'avait envie de vous soutenir avant le début de la compétition ?

Ce qui compte est la victoire. Mais même après avoir remporté ces trois bracelets, aucun sponsor ne m'a encore approché. Peut-être y a-t-il là un peu de jalousie de leur part. Peut-être est-ce parce que j'ai éliminé tant de joueurs très connus ?

 

Dans ce petit monde des joueurs de poker d'élite, y a-t-il beaucoup de rivalités quand vous gagnez plusieurs bracelets ?

Non, pas pour moi en tout cas. Je ne me bats contre personne. Quand je cherche à accomplir quleque chose dans le poker, c'est uniquement pour moi. Si j'étais le 5e joueur le mieux classé dans l'histoire du poker, ce serait fabuleux. Si j'étais 10e, ce serait bien. Si j'étais dans le Top 100, ce serait déjà un aboutissement. Vous ne pouvez pas dire "Je veux battre le numéro un".

 

Vous avez encore la possibilité d'être le seul joueur au monde à remporter quatre bracelets WSOP la même année. Qu'est ce que cela signifierait pour vous ?

Ce serait génial - on se souviendrait de moi dans 100 ans.

 

lissandro_win

 

Vous jouez au poker en hautes limites depuis très longtemps, mais ce n'est que récemment qu'on vous a vu participer à des tournois et remporter des titres WSOP. Pourquoi ce changement ?

C'est vrai, je n'ai joué des tournois que dans les dernières années. En 1994 et 1995, j'ai dû gagner 10 tournois en Europe. C'était un incroybale "good run". [...] Mais à la fin, j'ai regardé l'argent que j'avais gagné et cela m'a semblé ridicule : ça représentait quelque chose comme 100 000 $, sans compter mes dépenses de voyages et d'hôtels. C'est pour ça que je n'ai pas joué de tournoi pendant les sept ou huit années suivantes. Ce n'est qu'en 2003, quand les prize pools ont commencé à être bien plus importants, que je suis revenu aux tournois. Maintenant, ça vaut le coup.

 

Vous dites que vous vous êtes amélioré. Mais qu'avez vous appris récemment que vous ne saviez pas deux ou trois ans auparavant ?

Prenez par exemple les tournois de H.O.R.S.E [tournoi mélangeant cinq variantes différentes du poker]. Tous les joueurs participant savent jouer au Hold'em Limit. Donc je vais adapter ma stratégie. Si c'était un cash game et qu'il y ait des enjeux, je m'impliquerais. Mais en tournoi, je vais plutôt économiser ces jetons. Je préfère les utiliser pour les autres variantes, comme le Stud, le 8 or Better ou le Razz, dans lesquelles j'ai un avantage important sur les autres joueurs. En Hold'em Limit, je joue contre des gens qui connaissent le jeu aussi bien que moi. Je préfère donc jeter ma main dans les situations marginales. C'est sur ces choses que je suis en train de m'améliorer. Quand vous n'avez pas beaucoup de cartouches, il faut choisir le bon moment pour tirer.

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Au plan personnel, on vous voit toujours avec un chapeau, un fedora qui est un peu devenu une marque de reconnaissance. Pourquoi ce chapeau ?

Le chapeau me fait me sentir bien. Il m'aide à entrer dans la zone. Quand je met le chapeau, tout n'est plus que concentration, business, guerre. C'est l'heure de bosser. Quand j'enlève mon chapeau, c'est l'heure de la détente.

 

Et pour finir, quel est le meilleur joueur de poker australien, Joe Hachem ou Jeffrey Lisandro ?

Je crois qu'en Australie, personne n'est plus important que Joe Hachem. Gagner le Main Event est un énorme accomplissement. On se souviendra toujours de lui pour ça.

 

Propos recueillis par Nolan Dalla, dans le cadre d'une interview officielle WSOP

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