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Mike Matusow

Interviews
Par Tim Lavalli   
Mardi, 12 Mai 2009 17:00

 

Mike "The Mouth" Matusow figure de longue date dans le Top 20 du poker mondial. Avec trois bracelets WSOP et des gains en tournois estimés à plus de 7 millions de dollars, il poursuit une carrière sans faille, débutée il y a 15 ans.

 

mike_the_mouthMadeInPoker : À cette époque de l’année, la première question coule de source : êtes-vous prêt pour les World Series of Poker ?

Mike Matusow : Oui. Pour la première fois depuis quelques années, j’attends les Series avec impatience. L’an dernier, je terminais un régime de folie pour gagner un pari de 100 000 dollars avec Ted Forrest ; c’est comme ça que j’ai manqué les premiers tournois et que j’ai vraiment été en petite forme pendant les deux premières semaines. Mais j’ai perdu ces trente kilos, et c’est probablement ce qui pouvait m’arriver de mieux.

 

Et pourquoi n’avez-vous pas joué aux WSOP 2007 ?

En 2007, je n’étais pas chaud pour les World Series. Je pensais qu’on était en train de vraiment transformer l'événement en ne pensant plus qu’à l’argent. On laissait les joueurs sur le bas-côté pour courir après les profits. Donc c’est vrai que je n’avais pas du tout envie de jouer en 2007, et cela s’est vu à mes résultats. L’an dernier, j’ai fait beaucoup mieux ; j’ai gagné mon troisième bracelet, joué une table de demie-finale et fini trentième dans le Main Event.

 

Vous avez souvent dit que la table finale du Main Event est celle où aucun joueur ne doit jamais s’attendre à parvenir...

Bien sûr ! Je veux dire que si on arrive à se rapprocher d’une table finale aux World Series, il faut tenter sa chance. Elle ne se représentera peut-être jamais. Avec des fields de six ou sept mille joueurs, le facteur chance, à lui seul, pourrait être fatal chaque année. Il vaut presque mieux sortir le premier jour plutôt que d’arriver au sixième et de finir trentième comme j’ai fait l’an dernier. Le premier jour, ça fait moins mal... mais évidemment, on gagne plus d’argent le sixième.
Vous avez tous entendu ce que Doyle Brunson a dit : "Le pire jour de l’année, c’est celui où l'on est éjecté du Main Event WSOP". Si on n’est pas d’accord avec ça, c’est qu’on n’est pas joueur de poker professionnel.

 

Combien des cinquante-sept tournois programmés cette année aux WSOP allez-vous jouer ?

Je ne suis pas un de ces givrés qui vont jouer deux tournois le même jour ou débuter un nouveau tournoi à minuit tout en redémarrant à 15 heures le lendemain. J’aime les tournois de 5 heures de l’après-midi, les buy-ins y sont plus élevés et les fields plus petits ; je jouerai donc la plupart de ceux-là. On ne me verra pas dans les fields NLHE à 1 500 dollars. Évidemment, quand on parvient au deuxième jour, il y a deux ou trois tournois que l’on ne pourra pas jouer ce jour-là. Un peu d’organisation s’impose. Si je suis sûr que je vais jouer le tournoi Omaha Hi/Lo à 10 000 dollars tel jour, je ne me lancerai certainement pas dans un autre tournoi la veille. Or je sais que je ne raterai pas le tournoi d’Omaha, alors pourquoi en commencer un autre qui se télescopera avec lui le deuxième jour ?

Beaucoup de joueurs vont partout et refont leur programme chaque matin. Je n’ai jamais abordé les Series comme ça. J’ai un plan de jeu. Quand je suis inscrit dans les tournois à l'avance, je suis vraiment à l’aise pour jouer et j’ai les meilleures chances de décrocher un bracelet.

 

À propos de bracelets, vous avez obtenu votre troisième l’été dernier. Racontez-nous ça.

Ah oui, c’était au No Limit Deuce-to-Seven Lowball à 5 000 dollars. Ce qui me plait dans ce tournoi, c’est le field. Il est toujours petit, et il n’y a que des professionnels. Il faut jouer d’une façon très différente. Ce n’est pas comme dans les grands tournois, où l'on cherche les failles. Quand il n’y a que des pros, il faut jouer du grand poker contre de grands joueurs. Le challenge est totalement différent, et c’est pour ça que les professionnels y viennent.

La table finale regroupait Erik Lindgren, Barry Greenstein, Jeffery Lisandro, Tony G., Tom Schneider et David Benyamine. N’importe lequel d’entre eux aurait pu décrocher le bracelet. J’ai eu la chance de rester en dehors des premières escarmouches, et quand nous avons été réduits à quatre joueurs, j’ai commencé à appliquer mon plan de jeu pour exploiter la position à mon avantage, sans me laisser piéger avec une grosse main sans position.

matusow_wsop

Matusow aux WSOP 2008 ; il finira 30e du Main Event, sur 6 844 joueurs

 

Il y a les World Series qui s’annoncent, mais aussi un autre grand événement dans votre vie : la publication de votre autobiographie...

Je suis très satisfait de ce que donne ce livre. D’abord, il est beau, nous avons fait une photo spéciale pour la couverture le mois dernier et c’est exactement ce que j’espérais. Le livre lui-même est meilleur que je m’y attendais. C’est un peu dur d’imaginer que quelqu’un va écrire l’histoire de sa vie et qu’il faut raconter fidèlement ce qui s’est passé, mais c’est ce que j’ai fait dans ce livre. J’ai raconté beaucoup d’histoires au fil des ans pendant des interviews, et elles ne sortent jamais tout à fait comme il faut, en particulier sur Internet. Dans mon livre, j’ai raconté l’histoire comme je l’ai vécue, mais j’ai aussi recueilli l’avis des autres pour ajouter les détails qui m’avaient échappé.

 

Le livre va paraître en anglais seulement ?

Oui, le premier tirage est seulement en anglais. Si j’ai bien compris, l’éditeur décidera de le faire traduire ou non en fonction des premières ventes. J’espère qu’il sera traduit, parce que même si l’action se déroule surtout à Las Vegas, il y a deux histoires vraiment intéressantes qui se passent à l’Aviation Club à Paris , et aussi toute une partie en Italie.

 

Est-ce l’histoire de votre vie, ou l’histoire de votre poker ?

L’histoire de mon poker, sans hésitation. Elle commence au début des années 1990, quand j’ai appris à jouer au poker, et va jusqu’aux World Series 2008. Mais il n’y a pas que des tournois de poker. La vie nocturne à Las Vegas tient une grande place dans l’histoire, et aussi ma lutte contre la dépression bipolaire. Vous savez sans doute que j’ai passé quelque temps en prison à la suite de décisions malheureuses : j’en parle aussi.

Je crois que pour résumer le livre, on pourrait dire que Mike Matusow est un joueur de poker professionnel qui a pris quelques très bonnes décisions dans sa vie, et quelques autres très mauvaises. Ces décisions ont affecté sa carrière de joueur et sa vie personnelle. Il s’est trouvé des gens pour penser que c’était une histoire digne d’être racontée, alors je la leur ai racontée et maintenant nous vous la racontons. J’espère que tout le monde l’aimera et que les gens qui ont envie ou besoin de tirer les mêmes enseignements de la vie que moi pourront les trouver dans mon livre, sans avoir à passer par où je suis passé pour apprendre par eux-mêmes.



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