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Blog Fabsoul : une rentrée épique


Le blog de Fabsoul
Par David Poulenard   
Samedi, 24 Septembre 2011 10:55

 


Malgré l’affection particulière que j’ai pour le club des Champs-Elysées, j’ai finalement décidé d’aller tester et soutenir la nouvelle formule proposée par Annie Duke l’Epic Poker League. En effet, le slogan de cette ligue : "Les joueurs d’abord !" et le concept avaient de quoi séduire puisque la League offre la possibilité à plus de 200 joueurs choisis en fonction de leurs performances de participer à un tournoi à 20 000$ sans rake, avec hôtellerie et restauration offerte avec en bonus 400 000$ rajoutés au prize pool par l’organisation. De même, à la fin de l’année et suite à un classement à points, les 27 meilleurs joueurs de l’année se voient offrir un freeroll à 1 million de dollars ! Bref, face à de tels arguments, et même si ce tournoi rassemble tous les meilleurs joueurs du moment, il me paraissait évident que je ne pouvais pas refuser cette opportunité !

 

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J’ai donc pris l’avion quelques jours avant de début des hostilités afin de pouvoir récupérer un peu du redoutable jet lag imposé par Sin City et ses 9h de décalage avec la France. Il peut sembler du coup un peu dingue de partir à Vegas seulement pour une semaine ; ce qui explique d’ailleurs que peu d’européens n’aient fait le déplacement. Il faut dire aussi que l’offre de tournoi en Europe était plutôt sympathique au même moment...

Mes seuls compatriotes tricolores ont donc été Nicolas Levi et sa compagne Emilie, qui se trouvaient tous deux déjà aux USA avant l’EPIC. Et je tiens tout particulièrement à les remercier pour leur incroyable soutien tout du long puisqu’ils auront même déplacé leur billet d’avion afin de venir me soutenir en finale !

Nous nous sommes fait un devoir de dépenser scrupuleusement les coupons restos offerts quotidiennement aux joueurs en testant tous les bons restos du Palms un à un à chaque diner break. Très sympa ! (mais du coup, bad beat, mon pantalon ne ferme plus…).

Pour être qualifié dans le classement final de la League, il faut avoir participé au moins une fois par an aux trois types de tournois proposés à chaque session : un Charity, un Pro/am et un Main. J’ai donc décidé de jouer les trois à la suite avec plus ou moins de réussite.

Dans le Charity (un 100 rebuy), j’étais assis à côté d’Eric Seidel avec qui j’ai pas mal discuté. Nous parlions donc de tout sauf du poker quand nous avons eu à participer à un sympathique quizz de rapidité : deux questions posées à tous les participants pour gagner deux super casques audio dernier cri. "Qui est le premier gagnant WPT ?" "Gus Hansen" (un casque pour moi) "De qui est l’expression one chip one chair ?" "Jack Straus" (un casque pour lui). Good run vous avez dit ?

Et de façon étrange, Eric et moi seront très souvent à la même table, et ce, jusqu’en finale du Main Event. Mais je reviens là-dessus plus tard. En tout cas, Eric mérite largement d’être le plus grand gagnant de tous les temps en tournoi ; outre ses qualités humaines, il est techniquement absolument redoutable et surtout, il reste en permanence en pleine maitrise de lui-même. Il est définitivement à mes yeux un des plus grands joueurs que je n’ai jamais rencontrés.

 

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Revenons à la League. Nous devions également participer à un tournoi pro/am qui est le seul moyen pour un joueur ne faisant pas partie des 200 joueurs présélectionnés de participer au Main Event à 20 000$ (il est impossible de se buy-in directement). Cinq joueurs ont donc gagné leur ticket pour ce magnifique tournoi avec 400 000$ d’added prize pool, montant à 97 le nombre total de participants.

Pour résumer : je n’ai jamais joué un tournoi plus difficile que celui-ci. Quand j’étais en demi-finale, j’ai regardé les joueurs autour de moi et je n’y ai pas vu une seule ombre de dead money. Rien. Aucun joueur ne faisait d’erreur ; on y a joué un vrai poker d’économie. Celui où le bluff, rare et précis, prend tout son sens et où le but est d’arriver à perdre le moins possible avec la main perdante et gagner le plus possible avec la main gagnante. Tout est question de petits pots précis et de montants ajustés. Aucun joueur n’est sorti du rail ; pas une fois ou alors il est vite sorti du tournoi aussi... Et quand on sait qu’en plus nous étions deep, la structure était très belle, on devine le nombre d’heures interminables que nous avons passées à la table…

Personne ne voulait rien lâcher, surtout à la bulle à 12 joueurs. Il faut dire que 45 000$, c’est une somme, même pour un joueur pro qui a déjà des millions au compteur ; l’atmosphère était plus tendue que le string des hôtesses autour de la table. Mais finalement, c’est l’excellent américain Allen Bari qui s’est dévoué pour perdre deux méchants coups d’affilée, nous libérant quelque peu d’un poids conséquent sur les épaules.

Mais le plus dur était encore à venir : la finale a été interminable. Il ne s’écoulait pas moins de deux ou trois heures entre chaque éliminations et nous avons dû jouer pas moins de 12h pour avoir le nom du gagnant. Je suis sorti de cette finale complètement lessivé au sens propre : j’étais passé dans une machine à laver. Dur dur en effet de rester concentré, avec ses sens aiguisés au maximum pendant des heures avec un organisme en décalage horaire…

Mais j’ai tenu bon. Pendant les 4 ou 5 premières heures de la finale, j’ai aisément dominé la table. Non pas que je me la raconte mais c’est la réalité : je me sentais bien, à l’aise, je ne prenais que les bonnes décisions et je gagnais assez facilement tous les coups dans lesquels j’entrais. Un bon mélange de réussite et de maitrise. Sauf que les bonnes choses ont toujours une fin : les choses ont changé quand j’ai perdu un 80/20 contre Mike Mc Donald à tapis avec TT chez moi contre 44 chez lui.

Si je gagne ce pot, j’ai près de 2/3 des jetons en circulation et franchement, je pense que je prends une sérieuse option sur la victoire. Mais je perds le coup et reperds un autre gros flip quelques mains plus tard contre ce même joueur (qui sera le vainqueur du tournoi) pour finalement me retrouver avec un stack moyen puis short vers la fin.

Comme je le disais, la finale a été une interminable succession de "je te gratte 100k", "je te redonne 120k", "je minraise et je min c-bet" et autres petits coups faisant durer la chose infiniment longtemps. J’ai finalement éliminé Nam Le sur un flip à la 5e place puis Eric Seidel à la 4e sur un 80/20 mais, quelques heures plus tard, je serais éliminé à la 3e place après avoir poussé mon tapis de SB avec AhTh pour être payé par Mc Donald (encore lui) avec AQ de BB.

 

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Au final, je suis ravi de cette parenthèse végassienne. Outre le joli chèque final, je suis plutôt très satisfait de mon jeu. J’ai fait quelques erreurs quand même, dont une en payant avec hauteur as un adversaire qui avait les nuts (main polarisée standard) mais dans l’ensemble je suis assez content de mon boulot. Ce tournoi m’a poussé à jouer le mieux possible tout en me forçant à rester concentré des heures durant ; un vrai marathon au milieu d’adversaires de taille et qui m’ont vraiment tiré vers le haut.

Il ne fait donc nul doute que je reviendrais à Vegas pour participer à une autre épreuve de l’EPIC… Mais en attendant, direction le soleil de Malte pour le WPT, après celui de Cannes où je viens de jouer le Partouche Poker Tour. Je tiens à remercier particulièrement l’équipe du PPT qui, en restant bien à l’écoute des joueurs, améliore d’année en année ce très beau festival poker de la rentrée devenu aujourd’hui incontournable ! Puis ce sera à nouveau la Côte d’Azur et Cannes en octobre, pour les WSOP Europe, l’un des moments très attendus de cette rentrée 2011.

Le poker de compétition (tournoi) a, semble-t-il, de très beaux jours devant lui !



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