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La guerre des deepstacks


Opinions
Par David Poulenard   
Vendredi, 05 Février 2010 09:50
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Face à la crise économique et à la multiplication des tournois et nouveaux circuits dans le monde entier, les organisateurs de tournoi ont semble-t-il découvert un remède miracle, le "deepstack". Cette tendance, qui s'est développée au cours de l'année 2009, a été amplifiée par les nouvelles structures offertes par les WSOP. Pour lutter contre les effets d'une conjoncture économique difficile et les conséquences négatives de la loi UEGIA, Jeffrey Pollack et ses collaborateurs ont décidé d'offrir plus de jetons aux participants pour des buy-ins équivalents. Une initiative qui a rapidement reçu des echos favorables et donné des idées à de nombreux organisateurs de tournois.

La tendance s'est ensuite amplifiée avec les tournois WPT du Bellagio offrant des profondeurs exceptionnelles et avec la réponse immédiate de l'European Poker Tour qui a triplé les tapis de départ, répondant ainsi aux requêtes répétées d'une grande majorité de joueurs. Avec 30 000 jetons de départ, le niveau des EPT a immédiatement augmenté et surtout de nombreux professionnels, séduits, ont effectué leur retour sur le circuit européen.

 

remparts



Depuis plusieurs mois, surfant sur cette nouvelle tendance, les tournois deepstacks fleurissent. Même les opérateurs de poker en ligne s'y mettent, les principales pokerrooms ayant revu à la hausse les tapis de départ. Pourtant c'est principalement dans l'univers des tournois que la mode se développe ; une concurrence effrénée règne, créant parfois des situations ubuesques. Curieusement, quelques jours après que ChiliPoker ait annoncé sa volonté de lancer le ChiliPoker Deepstack Open, un circuit européen avec une étape en France (dont la room épicée sera le sponsor pendant trois ans) développé sur les bases de l'European Deepstack Poker Championship de Dublin (50 000 jetons et une structure lente), Roger Hairabedian lance à son tour un tournoi deepstack (50 000 jetons) avec le concours du groupe Joa à Antibes les 25 et 26 février. En réaction, les initiateurs de l'Open de France, qui se tiendra à Mandelieu les 27 et 28 février, ont réagi en modifiant la structure proposée. Initiatellement prévue avec 20 000 starting chips, celle-ci est désormais portée à 50 000...

Une prolifération qui n'est pas sans risque pour les organisateurs et pourrait rapidement leur apporter plus de problèmes que de solutions. Si certains joueurs apprécient ce format de tournois, les pros en premier lieu, mais aussi les joueurs expérimentés et ceux jouant un certain nombre de tournois dans l'année, la majorité des amateurs risquent de n'avoir ni le temps, ni la patience nécessaire pour disputer ce genre de compétitions. Et comme organiser un tournoi deepstack coûte cher -il faut plus de croupier, plus de tables et cela dure plus longtemps- les casinos et organisateurs ont véritablement intérêt à réussir leur coup à chaque fois.

 

source_pokerplayer.com
La guerre des deepstacks aura-t-elle lieu, illustration (c) pokerplayer.uk.com



Je ne plaide pas contre les deepstacks, bien au contraire j'apprécie pleinement de les jouer, mais je pense qu'il pourrait être inquiétant que toute la profession ne jure plus que par ceux-ci et que la diversité des offres de tournoi soit dangereusement réduite. 

Mais le plus préoccupant demeure la concurrence malsaine et contre-productive que se livrent certains organisateurs, à l'image des promoteurs des deepstacks d'Antibes et de Mandelieu qui se chevauchent et se tiennent presque simultanément dans le même département. Une situation d'autant plus surprenante que Pierrick Torraso -l'organisateur de l'Open de France- et Roger Hairabédian ont l'habitude de collaborer lors des Marrakech Poker Open organisés au Casino Es Saadi, hôte du WPT de Marrakech sponsorisé par ChiliPoker...

Alors que la concurrence mondiale est rude, que les circuits se multiplient, que la situation économique de nombreux casinos et de de certaines pokerrooms est délicate, il serait judicieux que les différents organisateurs fassent preuve de concertation et de complémentarité pour que le calendrier des tournois en France soit complet et équilibré. Dans l'intérêt des joueurs en premier lieu, mais aussi pour la réussite de leurs compétitions et le suivi médiatique de celles-ci...



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