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WSOP 2009 : Les enjeux du Championnat du monde


Opinions
Par Cyril Fievet   
Mercredi, 27 Mai 2009 11:19


Comme chaque année à la même époque, des milliers de joueurs de poker, de journalistes spécialisés et de représentants de l'industrie du jeu sont en train de converger vers Las Vegas. Une sorte de transhumance pokeristique, suscitée par le plus gros événement de l'année, les World Series of Poker (habituellement désignées comme "LE" championnat du monde de poker). La "grand messe" annuelle du poker débute le 27 mai.

A la clé, un programme chargé, comportant pas moins de 57 tournois, disputés au cours de plus de six semaines d'intense poker. En dehors des habituelles performances, belles mains, gros bad beats, explosions d'émotions, et autres paris (et parties) privé(e)s, au moins trois points sont particulièrement à suivre cette année.


La fréquentation

Sur fond de crise financière et de grippe porcine (6 764 cas recensés aux Etats-Unis, 10 morts), le contexte n'est pas idéal. Beaucoup s'inquiètent du fait que les WSOP pâtissent fortement de cette conjoncture, et voient leur fréquentation fondre sous le soleil de plomb de Vegas. Quelques médias américains ont même renoncé à assurer la couverture de l'événement, tandis que certains observateurs vont jusqu'à prédire une baisse de 20% de la fréquentation des Series cette année.

Il va de soi qu'une baisse sensible de l'affluence lors du plus gros événement de l'année serait une mauvaise nouvelle pour le poker mondial. Pour reprendre une formule célèbre, si les WSOP éternuaient, ce serait l'ensemble de l'industrie mondiale du poker qui s'enrhumerait.

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ça...


Mais peut-on assister cette année à la désertification des Series, asséchées par les subprimes, la morosité ambiante et la crainte du virus porcin ? J'en doute.

D'abord car les organisateurs ont su anticiper et adapter l'événement. Le programme de cette année est, plus que jamais, varié, attractif et accessible (avec des structures particulièrement belles). Ensuite, le rôle joué par les salles de poker en ligne, sera une fois de plus considérable. On a vu cette année les sites de poker redoubler d'imagination, pour proposer d'innombrables moyens de se qualifier en ligne (même gratuitement). Enfin, s'il est vrai que certains gros tournois américains ont subi la crise de plein fouet, on ne peut pas dire la même chose du poker européen. Comme l'a montré le belle progression de l'European Poker Tour, les joueurs de poker européens sont présents lors des grands rendez-vous de l'année - et bien présents. C'est d'autant plus vrai que plusieurs teams se sont constituées cette année en Europe, et viendront assurément défendre leurs couleurs à Vegas.

Si l'on ajoute que cette édition marque le 40e anniversaire des Series - ce qui ajoute au prestige de l'événement et enflera encore sans doute sa médiatisation déjà bien nourrie -, on peut être confiant. Certes, il y a peu de chance que cette année établisse un nouveau record d'affluence. Mais atteindre - ou même légèrement dépasser - les chiffres de l'année dernière (58 720 joueurs, 180 millions de $ de prize pool global) me paraît très réaliste.

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... ou ça ?



La fin de la suprématie américaine ?


Un corollaire du point précédent est que la part de joueurs américains devrait fortement se réduire cette année. Outre la crise financière, l'absence de légalisation du poker sur Internet dessert fortement les joueurs américains, dont la plupart n'ont pas beaucoup d'options pour se qualifier en ligne. Bien que les WSOP soient très internationales, les joueurs américains étaient jusqu'à alors toujours très majoritaires - en nombre de participants et en bracelets remportés.

Mais avec la montée en puissance des joueurs européens, dont le niveau technique lors des EPT a frappé les esprits, on peut penser que cette année confirmera un virage qui a déjà été pris, en partie, lors du Main Event de l'année dernière. Sur les neuf finalistes de 2008, sept étaient nord-américains (dont un canadien). Pourtant, le duel final opposait les deux seuls joueurs non issus du continent américains : le russe Ivan Demidov et le danois Peter Eastgate, qui remporta la confrontation.

Plus que jamais, "l'école scandinave", la très prometteuse "école russe" et, plus généralement, les joueurs européens vont faire parler d'eux cette année.


La French Touch, ElkY en première ligne

Pour ce qui est des français, ces WSOP seront un nouveau test. L'année dernière, l'honneur avait été sauvé par David Benyamine, remportant le seul et unique bracelet tricolore. Nul doute que Benyamine, qui a bien démontré à ses pairs qu'il n'était pas "seulement" un surdoué du cash game, mais aussi un très bon joueur de tournoi, peut réitérer l'exploit cette année.

elky_wsop_2008Mais l'attention se portera encore sans doute davantage sur Bertrand "ElkY" Grospellier qui, après des WSOP 2008 en demie-teinte (deux petites places payées, pour 60 000 $ de gains), doit encore démontrer qu'il peut s'imposer sur les vastes fields de Vegas. Du reste, un titre WSOP est le seul qui manque au joueur français, qui détient déjà un titre WPT et EPT. Après un très beau début d'année, on peut arguer - et espérer - que ElkY, non content de caracoler en tête du classement des meilleurs joueurs français, ne ratera pas le rendez-vous des 40e Series.

On peut (presque) dire la même chose de la Team Winamax. L'an dernier, les Levi, Mattern, Lacay, Lellouche et autres Abécassis s'étaient fait voler la vedette par le dernier entrant - et le seul ressortissant belge - de la principale équipe de poker français : Davidi Kitai avait rapporté le tout premier bracelet WSOP estampillé Winamax.

D'autres ténors du poker français ont aussi des revanches à prendre, après avoir quelque peu raté leurs Series en 2008. C'est notamment le cas de Bruno Fitoussi (2e du H.O.R.S.E 2007 mais peu de résultats en 2008) ou de Fabrice "Fabsoul" Soulier (mais ce dernier est particulièrement bien préparé cette année, qu'on se le dise !).

Malgré tout, les performances tricolores en 2008 furent bien réelles : plusieurs tables finales, nombreuses places payées. Cette année sera-t-elle celle de la concrétisation pour les pros français ? C'est tout le mal qu'on leur souhaite.

Et puis, de bonnes surprises et de belles révélations ne manqueront pas d'illuminer le parcours. Après tout, les meilleures performances françaises du Main Event 2008 ont été réalisées par deux inconnus qualifiés sur Internet (Stéphane Hornet et Eric Brémond, respectivement 106e et 194e, sur 6 844 joueurs). C'est aussi ça, la magie du poker.



(Suivez le Championnat du monde de poker 2009 sur le Blog des WSOP)



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