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Contrôler la taille du pot

Stratégie
Par Germain Gillard   
Vendredi, 13 Mars 2009 13:05




Savoir maitriser la taille d’un pot, particulièrement en Hold’em No Limit, est indispensable dans la gestion de notre tapis. Avec des mains moyennes, devant l’incertitude sur celles de nos adversaires et sur l’issue du coup, il est souvent préférable de rester dans une zone de sécurité, en tentant de contrôler le développement des hostilités. Ainsi parfois, bien que nous pensions avoir la meilleure main à un certain stade du coup, nous privilégierons un ralentissement de l’action.

Cette stratégie de "pot control" présente de nombreux avantages. Elle permet d’abord d’esquiver certaines prises de décisions difficiles, par exemple en contrariant les plans agressifs de nos adversaires, entre autres à base de semi-bluff, qui pourraient éventuellement nous mettre dans des situations délicates. En tentant de garder le pot petit, nous évitons de mettre trop en danger notre tapis. De plus, cette précaution n’enlève que peu de rentabilité dans le cas où nous avons effectivement la main gagnante, et peut même parfois l’augmenter. Enfin, bien que le pot control ait l’inconvénient d’offrir une possibilité de carte gratuite, il limite grandement nos pertes quand nous serons battu à l’abattage.

Afin d’illustrer tout cela, je vais essayer de décrire les formes que peut prendre cette volonté de maitrise du pot dans différentes situations de jeu.  


Le pot control en position

La volonté de limiter la taille de pot peut s’entreprendre dès le flop. Imaginons que nous relançons pré-flop en position tardive avec un mauvais as, A-5 par exemple, et que seul le joueur en grosse blind nous paie. Le flop tombe avec A J 2. C’est un bon flop pour nous puisque nous touchons la top paire, mais notre main n’est pas très solide : face à l’éventail de mains assez large du joueur de big blind, nous pourrions parfois être derrière.

Il est néanmoins probable que nous possédions la meilleure main. Pour autant, il n’y a pas grand intérêt à construire le pot dès maintenant. Avec seulement top paire et mauvais kicker, il est préférable de jouer un petit pot. Après un check de notre adversaire, nous aurions tendance - par réflexe - à poser notre mise de continuation, mais sa rentabilité est trop faible par rapport aux risques auxquels nous nous exposerions dans le cas où l'adversaire aurait du répondant.

En effet, le "continuation bet" nous permettrait de prendre le pot immédiatement la plupart du temps, contre bon nombre de mains que nous dominons, en étant parfois payé par des mains plus faibles telles que des paires intermédiaires ou des K-J, Q-J, J-10, etc., à la rigueur par des tirages quintes ventrales du style K-Q ou 4-5. Mais toutes ces mains ne vont jouer que pour très peu de cartes et ne représentent pas de danger immédiat.

En revanche, quand notre adversaire possédera une meilleure main, qu’il paie ou relance, nous serons devant des décisions difficiles et susceptibles de perdre un pot important. Les mains contre lesquelles nous sommes en danger sont tous les A-x (excepté A-3 et A-4), la paire de 2 et, dans une moindre mesure, du fait de l’absence de sur-relance pré-flop, A-A et J-J. J’exclus J-2 pour des raisons évidentes, quoique parfois certains joueurs "créatifs" nous réservent des surprises ! De plus, un C-bet au flop pourrait ouvrir la porte à un check-raise en bluff de la part de l’adversaire, qui s'avérerait délicat à gérer, à moins de disposer d'une sérieuse lecture du bonhomme.

Nous préférons donc checker le flop pour garder un pot petit, sans pour autant compromettre nos chances de rentabiliser une éventuelle main gagnante plus tard dans le coup. Nous donnons une carte gratuite, mais les mains que nous dominons déjà ont peu de chance d’amélioration.

Au turn, si l’adversaire check à nouveau, nous miserons quelque soit la carte tombée. Ainsi, avec l'apparence faiblesse montrée au flop, nous augmentons la probabilité qu’il nous paie avec une main dominée et nous élargissons le panel de mains avec lequel il le fera. Il checkera très rarement deux fois (flop et turn) avec une main qui nous domine. Dans le cas où il mise en premier au turn, nous nous contenterons de suivre pour les mêmes raisons que nous avons checké au flop. Ensuite, en fonction de l’évolution du tableau, nous pourrons prendre à la rivière une décision simplifiée par l’absence de risque majeur pour notre tapis, ayant accompli notre objectif de limiter la taille du pot.

Bien souvent, le pot control s’exerce au turn, sur le même principe qu’au flop et toujours avec une main ayant de la valeur à l’abattage. Les objectifs sont similaires : se protéger d’un éventuel check-raise nous plaçant dans une situation délicate et limiter nos pertes face à une main dominante, tout en conservant des possibilités de valoriser une main gagnante.

Imaginons maintenant que nous avons flopé "top paire top kicker" (TPTK), dans un coup où l'une des blinds a suivi notre relance pré-flop. Nous plaçons une mise de continuation standard pour protéger notre main et commencer à la rentabiliser, notre adversaire nous suit et check encore le turn. Nous avons donc deux options, checker ou miser. Si nous misons une deuxième fois, nous effrayerons probablement toutes les mains que nous dominons et qui tirent pour pas grand-chose. Nous n’aurons alors pas rentabilisé au mieux notre main. Si notre adversaire a sous-joué la meilleure main, il peut encore check-call et nous serons dans une situation délicate à la rivière, avec un pot qui aura pris de l’importance. Il peut aussi effectuer un check-raise, ce qui nous mettrait là encore face à une décision difficile.

Evidemment, les fois où il est à tirage, un second barrel peut l’obliger à sortir du coup, mais il peut aussi effectuer un check-raise en semi-bluff, synonyme à nouveau de situation délicate pour notre simple paire. Dans le cas où il choisirait une fois de plus un check-call à tirage, nous risquons de perdre un pot devenu important quand il touchera à la rivière, et de ne pas lui prendre plus un jetons les fois où son tirage ne rentre, sauf s’il tente un bluff périlleux... Mais cet éventuel bluff nous forcera encore et toujours à prendre une décision compliqués que nous préférerions éviter dans un pot important.

C’est pourquoi, ici aussi, nous nous orienterons donc vers un check au turn, en prenant le risque de laisser une carte gratuite afin de nous simplifier la vie à la rivière. Une simple TPTK ne mérite pas de jouer un pot important pouvant mettre en danger notre tapis dans une situation incertaine. A la rivière, notre adversaire pourra plus facilement check-call notre value bet avec une main inférieure, du fait de notre signe de faiblesse au turn. En fonction du tableau, s’il mise en premier nous pourrons nous contenter de suivre : nous aurons "arraché" une mise supplémentaire si nous avons la main gagnante - et limité la casse les fois où il nous bat.

 

Le pot control hors postion

Pour des raisons évidentes que beaucoup connaissent déjà, garder le contrôle d’un pot hors position est plus compliqué.

Par définition, ce contrôle n’a de sens que si nous avons une main ayant de la valeur au showdown. Hors position avec ce type de mains et l’initiative pré-flop, nous aurons la plupart du temps intérêt à effectuer un continuation bet au flop. La décision de pot control dans cette configuration se prendra donc le plus souvent au turn.

Pour les mêmes raisons que le check-check en position, il est possible aussi de checker quand nous sommes le premier à parler au turn. Cela présente l’avantage d’esquiver une éventuelle relance de l’adversaire qui ferait grossir le pot. Ici, avec des mains du genre top paire ou over-paire par exemple, nous pouvons privilégier un check-call : nous gardons en jeu les mains que nous dominons et qui jouent peu d’outs, nous ralentissons l’action face à d’éventuelles meilleures mains et celles à gros tirage, et nous pouvons induire un bluff de notre adversaire.

Il y a toujours le souci de laisser une carte gratuite, mais pour toutes les raisons énoncées précédemment, nous sommes prêts à prendre ce risque. Dès lors, en fonction de l’action de notre adversaire derrière nous au turn et de l’évolution du tableau, il nous sera possible d'effectuer un value bet à la rivière ou de nous contenter d'un check-call. S'il check le turn, nous miserons pour valoriser notre main sur toutes les rivers anodines. Si une carte trop effrayante tombe et/ou si l’adversaire a misé au turn, il serait plus raisonnable de check-call, de plus nous laissons encore la porte ouverte à un bluff.


Voici donc quelques bases pour mettre en œuvre le "pot control", une technique défensive essentielle qui, pour résumer, permet de limiter les dégâts lors de confrontations malheureuses, d'éviter les décisions difficiles, tout en n'abandonnant pas la recherche de rentabilisation.

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