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Le 3-Bet


Stratégie
Par Germain Gillard   
Vendredi, 04 Septembre 2009 10:32
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Je n’aurai pas ici la prétention de développer précisément la totalité des aspects du 3-bet, mais j’espère pouvoir proposer explications et illustrations de ses grandes lignes directrices permettant de lancer quelques pistes d’études pour le joueur débutant souhaitant se donner les moyens d’approfondir son jeu et devenir gagnant.

Le terme de "3-bet" (ou "3-mise" en français) s’applique essentiellement à l’action pré-flop, il vient du Limit Hold’em. Dans cette variante le premier relanceur ne peut ouvrir pour plus de deux big blinds, aussi un éventuel sur-relanceur ne sera autorisé à surenchérir qu’à hauteur de trois big blinds, on dit qu’il 3-bet. Ainsi en No Limit Hold’em par définition la hauteur des relances ne sont pas capées mais on y appelle aussi "3-bet" le fait de sur-relancer un relanceur initial. Si le fait de 3-bet en Limit est monnaie courante, en No Limit il se pratique plus rarement, en effet si on sur-relance préflop en NL le pot peut rapidement prendre de l’ampleur et peu de joueurs seront prêt à l’utiliser sans une main de premier ordre. C’est pourquoi de façon standard le 3-bet n’est effectué par des joueurs "sérieux" qu’avec des mains premium. Mais pour rendre cette action très profitable et en exploiter tout son bénéfice il s’avère nécessaire d’élargir son panel de mains pré-flop pour placer un 3-bet.

Aujourd’hui, la majorité des joueurs gagnants sur le long terme, dont les actions sont dictées par les bienfaits de l’agressivité, sont capables d’utiliser le 3-bet aussi bien avec une paire d’as en main qu’avec 6-5. Au fil du temps, on est passé d’un 3-bet utilisé quasi exclusivement pour valoriser et protéger sa main, à un 3-bet utilisé aussi en "bluff" pour agresser et augmenter sa fréquence de pots remportés en représentant énormément de force, ce dernier est appelé le "3-bet light".

 

Le 3-bet de protection et de valorisation

 

Si dans certains cas le fait de sous-jouer un monstre pré-flop peut s’avérer une solution intéressante (cf New York Back Raise par exemple) nous nous orienterons néanmoins la plupart du temps vers une solution de protection et de valorisation. En effet ce n’est pas toutes les deux minutes que nous touchons les as alors pourquoi prendre le risque de laisser rentrer dans un pot un maximum de joueurs à moindre frais en leur donnant l’opportunité de rencontrer un flop dangereux pour notre "bombe". Pour cela, si un adversaire ouvre avant nous par une relance, nous choisirons de le sur-relancer, les joueurs restant à parler ne pourront suivre avec des mains à potentiel, les cotes seront rarement profitables. De plus isoler un joueur dans un pot qui commence à être intéressant, a fortiori en position, est une situation quasi parfaite pour tenter de valoriser une très forte main pré-flop.

Imaginons-nous à une table de cash game short handed, mode de jeu très apprécié online. Nous sommes six joueurs, cavés aux environs de 100 big blinds, le joueur UTG effectue une relance classique à 3 big blinds, le hi-jack jette et nous sommes au cut-off avec les as. La table n’est ni agressive ni suicidaire alors pour piéger notre adversaire en sous jouant notre main, nous suivons simplement la relance. Manque de chance le joueur au bouton suit aussi, ce qui va créer de sympathiques cotes pour aider les blinds à s’inviter à la fête. Nous pouvons donc nous retrouver ici face à quatre ou cinq joueurs dans le coup, ce qui fait perdre énormément de valeur à nos as. La suite de cette main s’annonce compliquée à négocier, nos chances de remporter un gros pot ne sont pas anéanties mais le risque d’en perdre un conséquent, en s’empalant sur un adversaire dominant, a sérieusement augmenté.

Pourquoi se compliquer la tâche ? Effectuons pré-flop un 3-bet standard en relançant d’environ trois fois la mise de notre adversaire, celui-ci est UTG et il est donc possible qu’il souhaite aller voir le flop. Si nous arrivons à l’isoler pour aller voir le flop en heads-up, le pot sera d’environ 20 big blinds, c’est une situation beaucoup plus profitable que de risquer de se retrouver au flop contre quatre ou cinq joueurs dans un pot de 15 bb maximum. Ici en heads-up l’adversaire touchera très rarement une main pouvant battre notre grosse paire, cela reste évidemment possible et notre cave sera alors en grand danger mais, face aux faibles probabilités, le 3-bet reste très profitable. Surtout que même si nous avons montré beaucoup de forces notre adversaire pourrait continuer de nous suivre avec une moins bonne main, du genre top paire floppée ou over paire sur baby flop par exemple.

Evidemment ici l’inconvénient d’afficher notre force en effectuant un 3-bet pré-flop peut calmer les ardeurs de nos adversaires, c’est pourquoi pour éviter d’être trop lisible et augmenter la profitabilité de nos sur-relances, il nous faut équilibrer notre panel de mains avec lequel nous allons l’effectuer. C'est-à-dire que nous devons y inclure des mains telles que des connecteurs assortis.

 

Le "3-bet light"

 

Avoir recours aux "3-bet light" est une manière "agressive" de se comporter à une table de poker, et comme toute stratégie agressive elle peut s’avérer très payante sur le long terme quand elle est bien négociée. Si nos adversaires sont quasi certains qu’à chaque fois que nous sur-relançons nous avons une grosse main, il nous sera compliqué d’en tirer de la valeur. En revanche, si régulièrement nous sur-relançons ici ou là, en choisissant nos spots, avec un panel de mains pouvant aller de 4-3 à la paire d’as en passant par K-Q, 7-8 ou 9-9 par exemple, nos "amis" à la table ne sauront sur quel pied danser. Pour placer efficacement un 3-bet light, il nous faut être capable de déterminer le panel de mains de nos adversaires, il est évident qu’il est plus judicieux de sur-relancer un adversaire relançant assez souvent plutôt que le joueur UTG qui n’a pas bougé depuis des lustres !

Après avoir sur relancé, si nous avons été suivis, un continuation bet devrait la plupart du temps être respecté, si ce n’est pas le cas et que le flop ne nous a rien apporté de sympathique nous ne perdrons pas plus de jetons.

Un autre des avantages du 3-bet light est que nous pouvons nous appuyer sur de nombreux flops, ceux qui se connectent avec la main réelle que nous possédons et ceux qui se connectent avec la main que nous représentons (un as bien accompagné ou une grosse paire). Ainsi cette stratégie permet de forcer l’adversaire à prendre des décisions difficiles et l’amener vers des erreurs qui nous seraient profitables. Enfin, il nous faut là aussi garder toujours à l’esprit l’image que nous projetons à la table au moment donné et jouer en fonction de cela en saisissant un maximum de situations intéressantes.

En résumé, si l’on veut pouvoir extraire tout les bienfaits du 3-bet, il nous faut savoir l’utiliser avec différents types de mains, au moment adéquat, pour créer la confusion chez nos adversaires et profiter de leurs erreurs. Avec une certaine expérience de jeu, cette technique ne peut qu’améliorer la rentabilité de nos moves.

Le poker est l’art de savoir jongler avec les différentes données que nous possédons à un moment précis en adaptant stratégie et technique adéquates, le "3-bet" en fait partie.

 

Préparez vos "re-raises", amis joueurs !

Mais attention aux "4-bet"…

Commentaires (2)
David Renault
défense
Par David Renault, September 11, 2009
Merci Germain, justement quelle est la meilleure défense contre un 3-better compulsif? Sur relance a tapis avec les premiums voire avec rien?
Germain Gillard
...
Par Germain Gillard, September 14, 2009
Salut David ,
Se défendre contre des 3-bet que l'on soupçonne "light" va dépendre entre autres des profondeures de tapis dont nous disposons, image à la table, ect ... Comme souvent au poker il est difficile de répondre précisément, chaque situation a ses spécificitées et il faut adapter ses actions en fonctions de toutes les données que nous connaissons. Par exemple, en effet parfois il sera nécessaire de "4-bet" pour contrer nos adversaires, aussi bien avec nos grandes mains qu'avec des mains secondaires. On peut aussi call pour trap ou espérer bluffer plus tard ds la main, particulièrement avec la position... bref il nous faut identifier quelle pourrait etre la réponse la plus appropriée face à la situation que nous rencontrons ... et face au loustic auquel nous avons a faire.... ;)


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Les Tells online 
Savoir jeter deux as 

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PLAYER OF THE YEAR FRANCE


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
752.535

2
Bruno
Lopes
530.445

3
David
Benyamine
528.491

4
Aubin
Cazals
489.855

5
Alain
Roy
467.549

6
Roger
Hairabedian
457.068

7
Paul
Guichard
418.656

8
Tristan
Clemencon
411.163

9
Eric
Sfez
405.595

10
Phillippe
Ktorza
376.967



Top 100 France


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
2759.03

2
Roger
Hairabedian
2155.08

3
Tristan
Clemencon
1713.59

4
Fabrice
Soulier
1646.57

5
Phillippe
Ktorza
1626.17

6
David
Benyamine
1617.73

7
Alain
Roy
1614.92

8
Bruno
Lopes
1609.56

9
Guillaume
Darcourt
1514.07

10
Ludovic
Lacay
1487.5