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Le Omaha Hi-Lo (seconde partie)


Stratégie
Par David Poulenard   
Jeudi, 28 Mai 2009 23:07
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Dans cette deuxième partie, nous allons développer les deux mamelles du succès au omaha hi-lo : les mains de départ et la lecture du board.




Vous avez évidemment du remarquer que ces deux éléments se retrouvent aussi au holdem ! Bien sur, mais si au holdem la possibilité de bluffer est déterminante, au omaha hi-lo c’est beaucoup plus complexe. Au texas holdem, une main marginale comme aura 37% de chances de l’emporter contre et la fold equity augmente encore les chances de l’agresseur avec la moins bonne main de gagner le pot. En effet A-K ratera le flop plus de six fois sur dix.



Au omaha hi-lo, les chances de faire sortir du coup un adversaire ayant une très bonne main sont faibles et comme vous allez souvent vous retrouver face à plusieurs rivaux, gagner sans la meilleure main est rare. Au omaha hi-lo on gagne donc de l’argent avec les nuts ou tout au moins avec un excellent jeu. Pour y parvenir il est donc nécessaire de sélectionner avec attention ses mains de départ.



Les meilleures mains :


Au Omaha, on vous distribue quatre cartes, autant en profiter pour jouer des mains dont les quatre cartes soient connectées. offrira beaucoup plus de possibilités que . Sur un board vous aurez le jeu max en haut et en bas !



Les premiums :
- Les as avec deux petites cartes (de préférence assorties), exemple : . Une main idéale qui permet d’investir autant d’argent que possible pré flop.
- Les as avec deux cartes assorties, exemple :
- Les petites cartes qui suivent un as, exemple :
- Les broadways assortis, exemple :

Les bonnes mains :
- Toutes les paires d’as évidemment, mais à manipuler avec une extrême prudence dans les pots à plusieurs joueurs.


- Toutes celles qui comporte A-2 ou à un degré moindre A-3 avec deux cartes connectées, exemple : .
- Les petites cartes qui se suivent, exemple : 2-3-4-6

-Les mains qui offrent des chances de gagner à la fois le haut et le bas, comme K-K-2-4,  Q-Q-2-3 ou J-10-3-4.


- Les paires peuvent être jouées, lorsque les deux cartes complémentaires offrent un potentiel, exemple : .

D’autres types de main dans le même esprit sont jouables aussi, mais avec prudence, n’oubliez pas qu’au omaha hi-lo, on gagne de gros coup avec le jeu max pas avec la deuxième ou troisième main.



Les faux amis :

- Les mains assorties qui n’offrent que peu de possibilités d’avoir le jeu max et de scooper le pot (remporter les deux moitiés du pot), exemple : . Deux possibilités de couleur certes, mais loin d’être max et seul un adversaire ayant un jeu supérieur investira beaucoup d’argent sur un board avec trois trèfles ou trois piques.
- Les connectés qui ne peuvent que très rarement scooper le pot, comme 5-6-7-8. En effet pour réussir une quinte il faut des cartes basses qui donneront la possibilité à votre rival d’empocher la moitié du pot et s’il y a des cartes supérieures vous pourriez avoir de mauvaises surprises. Imaginez deux adversaires qui envoient leur tapis sur un board , il y a des fortes chances que vous voyiez apparaître Q-J dans une main et A-2 dans l’autre…


- Les as mal accompagnés, les exemples sont nombreux, A-5-9-Q dépareillés ou A-6-9-J par exemple.



Stratégie au omaha hi-lo :


Une fois que l’on a établi qu’elles étaient les bonnes mains, il convient d’essayer d’en faire le meilleur usage. La position est importante, être placé au bouton permet d’élargir (légèrement) son jeu, mais autorise surtout une plus grande agressivité. En cash game ou dans les premiers niveaux d’un tournoi (en Pot Limit ou en Limit), on peut voir des flops avec des mains de qualité correcte même hors de position. Comme on va éviter de disputer de gros coup avec une combinaison marginale, le désavantage de la position est moindre. En fait le Omaha Hi-Lo se résume à un concept simple : Ai-je trouvé mon flop ?



C’est la base de cette variante, la condition sine qua none d’un joueur gagnant. Il faut savoir jeter ses bonnes mains de départ lorsque le flop ne nous convient pas. Vous avez relancé avec A-A-2-3, le flop est K-J-10 et deux joueurs vous check-raisent à tapis, ou bien vous avez suivi une relance avec et il y a de l’action sur un flop . Abandonnez le coup sans hésitation et attendez de trouver de meilleures situations !


Cela arrive et lorsque ça se produit, il convient de rentabiliser au maximum sa main. Imaginons que vous ayez sur un flop , avec le tirage flush max, un tirage quinte et le deuxième lo les possibilités sont énormes, il ne faut donc pas hésiter à investir de l’argent et évidemment tenter d’en soutirer à vos adversaires. La turn est un qui vous offre la couleur max et le plus petit jeu possible. N’hésitez pas à miser, on a vu précédemment que vous trouverez souvent un ou plusieurs adversaires qui pensent avoir des raisons d’investir beaucoup d’argent. Dans cette situation, cela peut être un joueur qui a une flush inférieure ou/et un qui possède aussi A-3 et qui sera prêt à mettre son tapis pour ne récupérer qu’un quart du pot. C’est lorsque l’on se retrouve dans ces configurations que l’on remporte de l’argent.

Ce joueur a été "quartérisé", ca signifie qu’il ne récupère que le quart du pot, ce sont des situations très fréquentes dans lesquelles tombent souvent les joueurs faibles (et parfois les bons aussi). Sachez identifier les situations où ce type d’adversaires ne peut avoir que le lo pour vous suivre et si vous avez à la fois le lo et le hi max, n’hésitez pas à miser le plus possible, vous serez toujours suivi ! 


C’est généralement sur les "joueurs de lo" que l’on accumule les jetons, ceux qui suivront jusqu’au bout en espérant une troisième petite carte, sans aucun espoir de disputer la partie hi du pot. Lorsque celle-ci survient, ils récupèrent au mieux la moitié des jetons mais lorsqu’elle n’apparaît pas ils ont tout perdu. Ne tombez pas dans ce piège, si vous vous battez pour un gros pot c’est que vous avez une vraie belle main. Le lo ne constitue qu’une roue de secours !

Au omaha hi-lo, les joueurs sont prêts à investir de l’argent dès qu’ils ont touché un petit quelque chose au flop, il est donc inutile –à de rares exceptions près- de slowplayer. Pour plusieurs raisons. Au omaha avoir les nuts au flop ne signifie que rarement les conserver jusqu’au bout, autant éliminer des adversaires qui pourraient battre votre quinte avec une flush backdoor, ou qui viendraient à partager le pot avec rien en main seulement parce que deux petites cartes sont apparues à la turn et à la river. Si vous avez , misez sur un flop , car la possibilité que surviennent deux petites cartes est d’environ 30% auxquels on ajoute les risques de petite quinte backdoor. Il vaut mieux tenter de prendre de l’argent à un joueur qui est intéressé par ce flop que de laisser un troisième venir ce mêler au combat et vous priver d’une partie d’un pot qui ne demandait qu’à grossir…




stratgie_omaha_hilo
La main de rêve...


Dans Omaha Hi-Lo, il y a Lo.

Même si j’ai plusieurs fois écrit de privilégier le haut, la seconde partie du pot n’est pas à négliger, mais elle demande un peu plus de doigté. Avant de décider de jouer le lo, un joueur doit avoir une bonne raison de le faire. Ce peut être un flop partiellement manqué pour sa partie Hi mais avec un potentiel résiduel (des backdoors par exemple), ou un très beau Lo sur un flop 7 8 K dans lequel beaucoup d’argent a déjà été investi par plusieurs joueurs, constituant une cote suffisamment intéressante pour prendre ce risque.



Et si l’on décide de jouer le lo autant le faire agressivement et utiliser notre roue de secours pour tenter de scooper des pots qui ne nous seraient jamais revenu entièrement. 
Exemple : vous avez sur un board et vos deux adversaires ont checké la rivière qui apporte une possibilité de couleur. Profitez de votre sécurité en bas pour miser le pot, si vous êtes payé il vous reviendra quelque chose et souvent vos rivaux n’auront pas une main suffisante pour le faire.



La carte magique.


Une petite astuce, lorsque vous vous retrouvez opposé à un joueur qui joue vraisemblablement le lo, une carte magique peut apparaître. Le board comprend 3 5 8 K et vous pensez que votre adversaire a déjà son lo avec A-2. Il y a deux cartes qui peuvent vous permettre de scooper le pot, l’as et le 2, qui pourraient casser ses nuts en bas. A vous de repérer ces situations et d’en profiter pour tenter d’arracher le pot. Risqué si votre lecture est défaillante, mais il faut savoir prendre quelques risques…




Lecture

La lecture de ses adversaires est essentielle, on joue en Pot Limit ou en Limit, avec quatre cartes privatives les possibilités de combinaison sont multiples, on se retrouve rarement tapis pré flop à attendre que ce bon vieux coin flip tombe du bon coté. Il faut donc analyser et tenter de développer la meilleure stratégie possible, parfois en misant le plus possible, parfois en misant "light" pour encourager plusieurs adversaires à venir se battre que pour une partie du pot alors que l’autre partie nous revient. Avant de prendre une décision, analysez la texture du board, la valeur relative de votre main, vos cotes et la cote financière de ce que le pot pourra vous rapporter. N’oubliez jamais que dans les variantes d’Omaha, les nuts sont fréquentes, soyez donc prudents avec votre flush max si une carte double et sachez jeter votre brelan lorsqu’un tirage quinte dangereux apparaît. Une fois que ces analyses seront effectuées, vous pourrez prendre les bonnes décisions et devenir un joueur gagnant en omaha hi-lo.




Ce jeu complexe et réellement passionnant permettra aux joueurs solides, réfléchis et bon calculateurs de gagner de l’argent tout en pratiquant une variante ludique qui génère beaucoup d’action.




Ce sujet est inépuisable, il est impossible d’aborder exhaustivement tous les aspects de ce jeu en seulement deux parties. Aussi un thread a été créé sur le forum pour vous permettre de poser vos questions.




Commentaires (6)
0
question...
Par eiffel, May 29, 2009
Bonjour,

je ne joue pas au ohama. Vous dites: "on gagne donc de l’argent avec les nuts"

Puis-je en conclure que c'est surtout la chance (de toucher les nuts) qui est déterminante à ce jeu ?

Cordialement.
David Poulenard
les nuts
Par David Poulenard, May 30, 2009
La remarque est bien formulée, car ma définition était peut-être incomplète. On gagne les gros pots avec les nuts ou tout au moins une main de tout premier ordre. Certes il faut l'intervention de la chance pour recevoir des premiums mais au omaha cela arrive plus souvent qu'au holdem. La différence entre un joueur gagnant et un perdant et de savoir exploiter au mieux ses nuts et ne pas payer celle des autres
christophe
mains de départ
Par christophe, May 30, 2009
merci pour cet article intéressant, mais j'aurai une remarque: peut-on vraiment dire que les broadways soient des mains premiums?
elles sont quand même assez délicates à jouer (2eme couleur, voir 2eme quinte) et ne permettent pas de scooper.
quand on sait qu'avoir le 2eme jeu coute cher au omaha, je me pose la question.
merci encore pour tous ces articles que je lis régulièrement et pour la qualité de votre site :)
David Poulenard
les broadways
Par David Poulenard, May 31, 2009
Effectivement les broadways peuvent être des mains délicates, voire périlleuses, mais elles présentent un très beau potentiel. Si elles n'offrent que rarement la couleur max (ça arrive quand même) elles donnent parfois la quinte max et lorsque l'on sait que beaucoup de joueurs vont jouer les as et les petites cartes, les broadways permettent assez souvent de scooper de beaux pots si l'on touche son flop.
Et si le flop est mauvais, Les mains de ce type sont faciles à folder.
David Renault
Article tres interessant
Par David Renault, June 03, 2009
Bonjour David,
Tu écris : "sur un board 8-4-3-9-10, il y a des fortes chances que vous voyiez apparaître J-10 dans une main et A-2 dans l’autre" Je pense que tu voulais dire J-Q parce que J-10 c'est pas terrible sur ce flop ;-)

Pour compléter la réponse a la question concernant les broadway cards (T-J-Q-K) il faut tenir compte du fait que 40% des boards environ ne permettent pas de faire un low et quand c'est le cas, ça veut dire qu'il y a de fortes chances pour que nos broadway complètent une quinte, ou deux paires qui peuvent remporter le pot entier puisqu'il n'y a pas de main basse.

Une dernière chose, quand on calcule les cotes du pot, ne pas oblier de diviser le pot en deux lorsque l'on ne peut prétendre qu'a la moitié de celui-ci... ça peut paraitre évident et pourtant...
David Poulenard
Bonne lecture
Par David Poulenard, June 07, 2009
Merci David pour ta rectification, il fallait évidemment comprendre Q-J. C'est maintenant corrigé.
Félicitations pour ton good read !


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PLAYER OF THE YEAR FRANCE


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
752.535

2
Bruno
Lopes
530.445

3
David
Benyamine
528.491

4
Aubin
Cazals
489.855

5
Alain
Roy
467.549

6
Roger
Hairabedian
457.068

7
Paul
Guichard
418.656

8
Tristan
Clemencon
411.163

9
Eric
Sfez
405.595

10
Phillippe
Ktorza
376.967



Top 100 France


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
2759.03

2
Roger
Hairabedian
2155.08

3
Tristan
Clemencon
1713.59

4
Fabrice
Soulier
1646.57

5
Phillippe
Ktorza
1626.17

6
David
Benyamine
1617.73

7
Alain
Roy
1614.92

8
Bruno
Lopes
1609.56

9
Guillaume
Darcourt
1514.07

10
Ludovic
Lacay
1487.5