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EPT Berlin : la victoire après le braquage

Tournois
Par Claire Renaut   
Dimanche, 07 Mars 2010 22:43

 

Ce qui devait être un tournoi de rêve avec 945 joueurs au départ a viré au cauchemar en l’espace de quelques minutes, faisant le tour de la presse européenne et créant un précédent qui pourrait avoir des conséquences sur le monde du poker.

Grand Hyatt, un palace au coeur de la capitale allemande, samedi 6 mars vers 14h : six hommes cagoulés et armés de couteaux (certains témoignages font état de revolvers mais aucun communiqué officiel ne permet de le confirmer) déboulent dans la pokerroom, s’en prenant directement à Marina, la femme de Thomas Kremser - le directeur de tournoi de l’événement -, et menaçant de faire exploser une bombe cachée dans la pièce si on ne leur remettait pas le contenu des caisses.

La panique est générale, les joueurs, les croupiers et les spectateurs s’enfuient de la pièce comme ils le peuvent, renversant tout sur leur passage, et laissant en plan tout ce qu’ils possèdent, pendant que les malfaiteurs prennent la fuite avec leur butin.

panique
Le chaos aux tables : l'EPT est brutalement interrompu (photo Anaïs via Facebook)


Au final, heureusement pas de blessés graves mais un bilan difficile à encaisser
: quelques dizaines de milliers d'euros qui s'envolent (personne ne connait le montant exact du préjudice), des victimes traumatisées, une image du poker ternie aux yeux du grand public (qui résonne comme un retour aux cow-boys et aux saloons ; signalons au passage les médias français qui sortent des énormités comme "les voleurs ont pris tous les jetons qu'il y avait sur les tables pour un montant de 800 000 euros") et une phrase qui revient en boucle : "C’est aussi de la faute de l’organisation".

En effet, ce n’est pas pour rien que les plus gros tournois se déroulent très souvent dans des casinos, véritables bijoux de sécurité et de protection tant de l’argent que des personnes. Mais Pokerstars avait décidé, comme c'est de plus en plus souvent le cas, d'organiser l'événement dans un hôtel chic du centre ville. Peut-être donc que cet événement facheux les poussera à revoir leurs plans - et leurs lieux d'accueil - pour les tournois à venir.

Il fut donc impossible de reprendre tout de suite le Main Event en cours tant les jetons avaient volés dans tous les sens. Ce n'est donc qu'après visionnage des caméras et accords entre les joueurs sur le montant exact de leurs tapis que la partie a finalement pu reprendre jusqu'à la composition de la table finale. Le tout sans la retransmission video en direct de la partie.

braquage
Le modus operandi des malfaiteurs a orienté la police vers des jeunes voyous, bien loin d'une grosse organisation criminelle. Un d'entre eux a d'ailleurs été brievement maitrisé par l'homme de la sécurité au premier plan avant qu'il ne réussisse à s'enfuir.

 

En revanche, la reprise a été plus rapide dans les trois side events organisés en parallèle : moins de trois heures après l'attaque, le Ladies recommençait du début, avec les tapis initiaux, et le High Roller se poursuivait après que les joueurs se soient accordés sur le montant de leurs tapis avant l'attaque. Seul le tournoi à 1 000 euros était annulé et les participants remboursés. La vie a donc repris son cours comme si de rien n'était, ou presque...

On peut en effet se demander quels seront les conséquences d’un tel incident. Outre les lourds problèmes psychologiques engendrés par une attaque à main armée (Même si les malfaiteurs n'ont pas tirés de coup de feu et ne s'en sont pas pris aux personnes, nombreux sont ceux qui dans la panique ont cru à une attaque terroriste, pensant que leur dernière heure était arrivée), l’organisation des EPT devra probablement modifier son calendrier ou les niveaux de sécurités autour des événements.

En attendant, ce sont donc 22 joueurs (dont la plupart, outre Theo Jorgensen éliminé 20e ou Joao Barbosa sorti 22e, n'étaient pas des visages encore très connus du circuit et parmi lesquels on ne retrouvait qu'un seul français, Marc Inizan) qui ont tant bien que mal repris leur siège vers 18h30, les jambes encore tremblantes et avec un manque évident de concentration pour la suite de la partie.

marc_inizan
Marc Inizan, un parcours exemplaire pour le dernier français en course, qui termine finalement à la 3e place  (Merci à Benjo de Winamax pour la photo)


Pourtant, tout avait si bien commencé
... Une destination nouvelle, la belle structure propre aux EPT (départ 30 000, blinds 50/100, rounds de 60 puis 75 minutes), un Nicolas Levi qui fait le ravissement des caméras en petit top de dentelle (suite à un pari perdu contre Alexia Portal), un million d'euros à la gagne (5 300 euros l'entrée) et de grands noms qui avaient pris part à l'événement (Antony Lellouche, Antoine Saout, Ludovic Lacay, Thomas Bichon, Vicky Coren, Arnaud Mattern, Davidi Kitai, Praz Bansi, Sebastian Ruthenberg, Luca Pagano, Lex Veldhuis, Noah Boeken...).

La seule ombre au tableau était alors le cadre de jeu : la salle de conférence de l'hôtel un peu petite pour accueillir tout ce beau monde. A la base, Pokerstars avait pourtant vu les choses en grand, ayant prévu de construire une gigantesque pokerroom en verre de deux étages en plein coeur de la ville, le tout reliée à un Casino. Sauf que le permis de construire avait été refusé à la dernière minute, faisant se rabbattre tout le petit monde dans une salle quelque peu étroite au vu du nombre d'inscrits, ce qui n'avait toutefois pas entravé le bon déroulement du tournoi.

Parmi les joueurs étant rentrés dans l'argent dès la fin du Day 2, on avait retrouvé Bruno Fitoussi, Vikash Dhorasso, Manuel Bevand, Guillaume de la Gorce, Maria Maceiras, Marcel Luske, Julian Thew, Samuel Chartier, William Thorson ou encore John Kabbaj. Mais aucun d'entre eux ne sera encore sur son siège lorsque les braqueurs feront leur entrée.

Voici une anecdote qui a d'ailleurs fait le tour de la presse : lors du braquage, le futur runner-up Ilari Tahkokallio était impliqué dans un très gros pot dans lequel il était parti derrière préflop, avec contre chez Luca Cainelli, un joueur italien à tapis. Le coup est donc brutalement interrompu et les joueurs évacués. A leur retour, Thomas Kremser propose l'annulation de la main mais Ilari refuse et demande à ce que la river soit posée. Même s'il y a une grande chance pour que cette dernière lui fasse perdre de nombreux jetons. Un geste élégant et fair play, doublé d'un sacrifice, mais qui ne l'empêchera pas de se qualifier pour la finale quelques heures plus tard.

La table finale sera dessinée vers 23h30 le soir même de l'attaque et les huit joueurs encore dans la course reviendront le lendemain pour disputer ce qui devait être la finale de leur carrière. Mais les visages sont cernés et les esprits ailleurs... Il n'est pas difficile de deviner que les finalistes n'ont pas bien dormi. Mais le rêve de remporter un million d'euros suffit à effacer peu à peu le cauchemar du braquage...

Il faudra moins de deux heures seulement pour éliminer quatre joueurs avant que l'action ne se ralentisse quelque peu, reprenant quand Marc Inizan double avec contre chez Kevin Mc Phee : c'est là le tournant du match pour le français qui passe à quasi-égalité en jetons avec Kevin, en tête du chip count. Avant de perdre de nombreux coups et de passer short stack, aux côtés d'un Artur Wasek qui ne joue pas une main depuis des heures.

Ce dernier, un polonais de 35 ans venu avec femme et enfant, sera d'ailleurs éliminé à la quatrième place par Marc Inizan avec contre (280 000 euros de gains), suivi peu après par le français (350 000 euros de gains) qui envoie son tapis après de nombreuses sur-relances avec J-10 sur un flop J 7 8 pour être payé par Mc Phee avec 9-10, et donc la quinte.

C'est ainsi que l'américain Mc Phee et le finlandais Tahkokallio se sont affrontés dans un tête à tête aux allures de déjà-vu puisque les deux joueurs s'étaient déjà battus en heads-up lors du side event de PLO/PLH à 1 000£ de l'EPT de Londres ; épreuve d'ailleurs remportée à l'époque par le nordique de 23 ans.

mcphee
Kevin Mc Phee a de quoi être heureux : il a fait ses preuves tant online que sur le circuit live où il avait déjà accumulé près de 260 000$ de gains auparavant, GG !

 

Mais l'heure de la revanche avait sonné puisque c'est finalement l'américain Kevin Mc Phee qui s'est imposé face à Ilari Tahkokallio en heads-up après que le finlandais parte à tapis avec sur un flop , pour être immédiatement payé par l'américain avec et voir complêter le tableau.

C'est donc un très beau résultat pour celui que l'on considère comme un des meilleurs joueurs de MTT au monde online sous le pseudo "Imalucksac" mais une victoire malheureusement écornée par ce qui restera gravé dans les mémoires comme "l'EPT maudit de Berlin".

A moins que ce triste épisode ne serve de leçon et, à l'avenir, pousse les organisateurs à bien mieux protéger l'argent et les joueurs. Finalement, n'est-ce pas un mal pour un bien ?

 

Résultats de la table finale :

Vainqueur :  Kevin Mac Phee 1 000 000 euros
2e : Ilari Tahkokallio  600 000 euros
3e : Marc Inizan  350 000 euros
4e : Artur Wasek  280 000 euros
5e : Ketul Nathwani  210 000 euros
6e : Marcel Koller  165 000 euros
7e : Marko Neumann  120 000 euros
8e : Nico Behling  72 000 euros

Commentaires (3)
saturnin
edit + feedback
Par saturnin, mars 08, 2010
Le nickname de McPhee c'est imalucksac.

Du coté de la securité, c clair que c'etait un peu folklo (meme si j'ai pas trop de references pr comparer) avec le controle de "securité" a 5m du guichet ou les billets s'entreposaient sur une table (lors de l'inscription au main) par exemple.

Du côté du highroller quelqu'un sait ce que ca a donné? il y avait du beau monde d'inscrit.
Claire Renaut
...
Par Claire Renaut, mars 08, 2010
Andreas Bauer a remporté le High Roller pour 188 000 euros de gains tandis que Jeff Sarwer a fini second (110 000 euros) et Koen Berendsen troisième pour 67 000 for euros.
Et merci pour le surnom online !
0
merci
Par mr4b13, mars 08, 2010
tres bon article Claire, merci =D

C'est claire que les médias ont pétés les plombs. Nos bon médias tradi tel que les JT etc sont décidéments bien moisis .... une honte de plus pour notre pays. Just routine.

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