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10 actus clés de l'année

Zooms
Par David Poulenard   
Mercredi, 29 Décembre 2010 09:54


La nouvelle loi sur la régulation du jeu en ligne.

C'est indéniablement l'événement le plus important pour l'univers du poker hexagonal. Attendue, puis décriée, la loi du 6 avril 2010 a totalement révolutionné les données du poker en France. En légalisant la pratique du poker (et des paris) en ligne, la nouvelle loi a généré un formidable coup d'accélérateur pour le jeu en France. Un boom dont ont profité certains opérateurs, en investissant massivement en communication pour s'imposer comme des intervenants incontournables. En autorisant la communication des sites agréés, le législateur a donné le coup d'envoi de massives campagnes de publicité, mais aussi autorisé l'apparition de nouveaux circuits sur le sol français et la multiplication de teams pros sponsorisés par des pokerrooms désireuses de se faire rapidement une place au soleil. Dans le même temps, les émissions de télévision fleurissaient, bonnes ou mauvaises, contribuant à imposer encore un peu plus le poker comme une phénomène de société.
Si les bénéfices de cette nouvelle donne légale apparaissent clairement (reconnaissance du poker, implantation des opérateurs en France, protection des usagers, etc.), il ne faut occulter les défauts de la loi, en premier lieu celui qui fait toujours débat (même si le succès du poker en .fr est tel que le nombre de joueurs est important sur les principales salles de poker en ligne) et semble aujourd'hui encore aussi inique que contre-productif : le cloisonnement des joueurs français et l'impossibilité pour ceux-ci de s'opposer à leurs concurrents internationaux à l'ère de la globalisation numérique. Une décision incompréhensible qui apparaît comme une volonté de privilégier quelques groupes hexagonaux avant de se soucier de l'intérêt du plus gand nombre.

L'affaire Tekintamgak.

L'incompréhension et la stupeur se sont mélangées lorsque le monde du poker a appris la disqualification pour tricherie d'Ali Tekintamgak quelques heures avant le début de la finale décalée du Partouche Poker Tour. Le joueur allemand, vainqueur quelques mois plus tôt du WPT de Barcelone, a été convaincu de tricherie après multiples visionnages vidéos des précédentes journées de compétition. Convaincu que Tekintamgac bénéficiait de l'aide de deux complices qui se faisaient passer pour journalistes et lui communiquaient les cartes de ses adversaires, le groupe Partouche a porté plainte et s'est résolu à disqualifier l'indélicat. Qu'un joueur triche dans le poker a constitué une surprise relative, mais que l'affaire survienne dans un des tournois les plus importants du circuit et à quelques heures d'une finale hautement médiatisée a contribué à accentuer le traumatisme vécue par la communauté. Depuis cette révélation, l'affaire est dans les mains de la justice et les langues se sont déliées. Il apparaît que de nombreuses personnes nourissaient déjà de sérieux doutes sur Tekintamgak et sa petite équipe. La vidéo de l'ultime main disputée lors du WPT de Barcelone est assez révélatrice et pourrait constituer une charge supplémentaire contre le tricheur.
De nombreuses inquiétudes ont surgi après cette triste affaire, notamment sur l'image du poker en général et le traitement des journalistes lors des tournois, mais il semblerait heureusement que tout le monde a su faire la part des choses et compris qu'il ne s'agissait là que d'un accident.

Les problèmes d'arbitrage se multiplient

C'est devenu un problème récurrent, à chaque grand tournoi des polémiques sur l'arbitrage surviennent. Que ce soit un problème d'interprétation des règles ou de favoritisme, rares sont les tournois qui échappent à cette plaie contemporaine. Il faut dire que les tournois se multiplient aux quatre coins de la planète avec des règles qui peuvent différer d'une contrée à l'autre. Aujourd'hui, de nombreux joueurs maîtrisent pleinement les règles et ne sont plus prêts à accepter des arbitrages imparfaits sans réagir. Comme dans le même temps, les principaux tournois sont suivis par de nombreux journalistes spécialisés, le moindre litige est relaté et amplifié. Si les principaux circuits sont relativement épargnés par ces problèmes, WSOP ou EPT par exemple, de nombreuses polémiques sont survenues en 2010, émanant soit d'un personnel peu formé, soit de responsables à la fois juges et parties qui doivent rendre des décisions difficiles concernant leurs clients habituels. Il semble temps que toutes les parties se réunissent pour élaborer une réglementation claire et uniforme et que les principaux tournois soient arbitrés par des personnalités aussi compétentes qu'irréprochables.

 

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Un grand tournament director avec une excellente équipe et tout s'arrange...

 

La multiplication des deepstacks.

Les amateurs de beau jeu peuvent s'en réjouir, la tendance est aux deepstacks, ces tournois disputés avec une grande profondeur de tapis ! En 2009, les WSOP avaient -comme souvent- été précurseurs en augmentant le nombre de jetons de départ pour chaque tournoi, avant que les EPT ne suivent le mouvement en 2010 en triplant le stack initial. Depuis la grande majorité des compétitions organisées le sont avec des tapis conséquents et les organisateurs multiplient les effets d'annonces en proposant des structures attractives. Un changement appréciable car il contribue à réduire la variance et à privilégier les meilleurs, avec cependant un bémol puisque les tournois durent plus longtemps et que les faux deepstacks se multiplient eux aussi. En effet de nombreux tournois sont organisés avec le label deepstack, tout en ayant une structure en trompe-l'oeil qui s'avère particulièrement rapide en sautant de nombreux paliers. Depuis quelques mois, difficile de trouver un tournoi qui ne soit estampillé "deepstack".

Le calendrier se structure

Après des années de concurrence exacerbée, les premiers signes d'une possible harmonisation du calendrier se manifestent. La grande finale du World Poker Tour a ainsi été décalée en mai afin de ne plus se disputer simultanément avec la finale de l'EPT. Depuis le mois de septembre, on constate une certaine logique dans l'enchaînement des tournois avec des plages européennes qui succèdent aux séries américaines. Une cohérence dans le calendrier qui devrait s'avérer profitable à tout le monde, joueurs qui n'auront plus à choisir entre plusieurs grands tournois et à multiplier les voyages trans-continentaux et organisateurs qui pourront bénéficier de fields plus importants et plus relevés. Si quelques doutes subsistaient encore sur le bien fondé d'une telle harmonisation, l'échec simultané des WPT de Londres et EPT de Villamoura programmés en même temps que la finale du PPT devrait inciter les organisateurs à plus de concertation. La mise en place d'un calendrier de qualité, permettant aux meilleurs de disputer les plus grands tournois sans devoir faire des impasses sur certaines compétitions de premier plan, offrira d'avantage d'intérêt et de clarté au circuit. Les performances des joueurs et l'analyse des résultats de ceux-ci sur une année gagneraient inévitablement en visibilité.

Les transferts de joueurs sponsorisés se généralisent

Alors que l'industrie du poker connait un développement sans précédent avec des concentrations incessantes et la croissance des plus gros opérateurs, la course aux joueurs emblématiques accompagne le développement des principales pokerrooms. Il est désormais habituel de voir des stars du poker passer d'une room à l'autre à grands renforts de communication. PokerStars et FullTilt recrutent à tour de bras, pillant allégrement leurs concurrents moins connus et moins fortunés de leurs joueurs vedettes. A quelques exceptions près, les plus grandes stars du poker sont maintenant sponsorisés par une des deux teams. Les autres opérateurs de poker sont contraints de recruter des joueurs moins connus, souvent de jeunes requins révélés sur Internet ou des candidats issus d'opérations de sélection organisées à grands renforts de marketing, en éspérant que le pari se révéle payant et que la perle dénichée ne s'en aille pas rapidement chez un concurrent. Un phénomène qui rappelle étrangement le football avec ces clubs formateurs et les équipes à gros budgets qui recrutent à coups de millions...

 

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Jean-Paul Pasqualini est passé d'Unibet à FullTilt alors qu'Anthony Roux a renoncé à son contrat

 

Le braquage de Berlin et les braquages en général

Pour la première fois, un tournoi de poker a fait les gros titres des principaux médias. Malheureusement c'est dans la rubrique "faits divers" que le poker s'est illustré avec le braquage retentissant de l'EPT de Berlin, occultant la belle victoire de Kevin MacPhee. Un tournoi organisé sans conditions de sécurité optimales dans un grand hotel berlinois ouvert aux quatre vents, une sécurité défaillante, une équipe de pieds-nickelés attirés par un prizepool alléchant, il n'en fallait pas plus pour que l'irréparable soit commis. Heureusement, aucun blessé n'a été à déplorer et les apprentis braqueurs ont été interpellés quelques mois plus tard. Si les conséquences de ce braquage berlinois n'ont pas été dramatiques, il semble néanmoins que celui-ci ait contribué à générer des vocations, les casinos étant dorénavant la cible de gangs plus dangereux et expérimentés qui multplient les opérations commandos. C'est une conséquence malheureuse et difficilement évitable du succès du poker : les tournois affichent souvent complet et les prizepools importants constitués n'attirent pas que les bons joueurs de cartes...

Les femmes confirment leur talent

N'en déplaise à Mike Matusow et aux machistes de tous genres, il devient habituel de voir les femmes réussir de belles performances dans les plus grands tournois. 2010 a été l'année de la femme dans le poker avec les succès retentissants de Vanessa Selbst (finale du PPT et NAPT Mohegan Sun), Liv Boeree (EPT San Remo), Annie Duke (NBC National Heads-Up) et les performances à répétion de Vanessa Rousso, Jennifer Harman, Annette Obrestad, Melanie Wiesner ou encore Sarah Herzali et Claire Renaut en France. Les femmes ne représentant qu'un infime pourcentage du field des plus grands tournois -même si la proportion tend à lentement croître- autant de résultats d'envergure prouvent que les femmes ont tous les qualités pour rivaliser avec les hommes dans le poker. Peut-être même pour les dominer...
Les succès de plus en plus nombreux et réguliers des femmes devraient contribuer à augmenter le nombre de joueuses sur le circuit, permettant au poker de poursuivre sa formidable croissance tout en apportant un peu plus de charme et beaucoup de talent.

 

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Vanessa Selbst, joueur de l'année 2010 ?

 

Le poker rentre dans l'ère des réseaux sociaux

Le poker n'échappe pas à une des tendances marquantes de l'année écoulée. Il est rentré de plein fouet dans l'ère des réseaux sociaux, avec la généralisation des blogs, sites Internet, comptes twitters et autres profils facebooks. Rares sont les joueurs qui n'étalent pas leurs vies, leurs exploits ou leurs désillusions au grand jour, innondant twitter ou facebook de petites phrases, maximes et anecdotes. Si connaître le menu du déjeuner de Negreanu ou le nom du chien de Brunson n'a qu'un intérêt relatif, l'accélération de la circulation des informations qui concernent le poker contribue à son succès. En créant une illusoire proximité entre eux et leurs fans, les professionnels développent leur popularité et assurent leurs partenaires de retombées bienvenues.
En s'istallant sur le web, le poker a parallèlement gagné une visibilité importante. L'information circule plus vite, les abus sont rapidement connus et dénoncés, le phénomène de société est entré dans l'âge adulte et Internet lui offre une notoriété continue. L'arrivée de nouveaux supports facilitant la pratique, comme l'Ipad, et la présence du poker sur twitter, facebook et consorts devraient aussi contribuer à augmenter le nombre de pratiquants.

Le cash game retrouve ses lettres de noblesse.

Alors que les projecteurs se focalisaient sur les grands tournois de poker et leurs vainqueurs depuis quelques années -depuis la victoire de Moneymaker en 2003 et la médiatisation simultanée du circuit WPT- il semblerait que la tendance se soit inversée depuis quelques mois. Les joueurs les plus médiatiques sont sans conteste Phil Ivey, Tom Dwan ou encore Patrik Antonius. Leurs exploits sur les tables high stakes online sont scrutées par la planète entière, il suffit qu'une énorme partie de cash s'organise en marge de l'APPT de Macau pour que le monde retienne son souffle en attendant de savoir combien Ivey et Durrrr ont gagné. Mais qui se souvient du vainqueur du tournoi ?
Dans le même temps, certains experts du cash annonçaient leur volonté de ralentir fortement, voire totalement, leur participation aux tournois. Patrik Antonius avait ouvert la voie en déclarant tout simplement que les compétitions ne l'intéressaient plus (pas assez d'enjeux), d'autres ont suivi comme Anthnoy Roux en France qui a renoncé à un confortable contrat de sponsoring pour se consacrer pleinement à sa spécialité, tandis qu'Antony Lellouche délaisse souvent EPT et autres tournois pour disputer de juteuses parties d'argent. Quant aux cadors du calibre des Towmsend, Hastings, Galfond, Cates ou des frères Dang, leur participation à un tournoi est aussi rare qu'un succès de Guy Laliberté. Certes Phil Ivey et Tom Dwan apparaissent régulièrement sur les plus grandes compétitions internationales, mais le premier est uniquement motivé par sa volonté d'inscrire son nom en lettres d'or dans l'histoire du poker alors que le second est principalement intéressé par les side bets monumentaux qui accompagnent chacune de ses participations à un tournoi.
Il convient d'ailleurs de revenir sur le contrat de sponsoring le plus médiatisé de l'année ! Alors que les transferts de joueurs connus se sont multipliés d'une room à l'autre, quelle signature a attiré l'attention des medias du monde entier ? Celle d'un inconnu, qui n'a jamais gagné le moindre tournoi, mais a défrayé la chronique à l'automne 2009 en bousculant l'ordre établi dans les High Stakes: Isildur1 !
Si PokerStars a investi une fortune pour recruter Isildur/Blom ce n'est certainement pas pour ses cheveux gras mais pour concurrencer FullTilt sur le marché hautement médiatique des plus grosses tables de cash online.

 

Si tous ces événements ont marqué l'année 2010, il en est un qui se révèle d'une importance essentielle : la naissance le 22 décembre de Béryl Pochy à qui toute la rédaction de MadeInPoker souhaite une longue et heureuse existence...



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