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Dix événements qui ont écrit la légende du poker


Zooms
Par David Poulenard   
Samedi, 20 Août 2011 09:00
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Retenir 10 événements majeurs dans l'histoire du poker est un exercice subjectif, les faits d'armes étant aussi nombreux que parfois difficilement vérifiables lorsqu'il s'agit des événements les plus anciens. Qu'importe finalement, car dans le poker lorsque la légende dépasse la réalité, on imprime la légende...

. L'affrontement entre Nick Dandalos et Johnny Moss en 1949. Les duels occupent une place déterminante dans la riche histoire du poker. Le légendaire affrontement entre Dandalos et Moss restera comme le plus mythique de l'histoire, même si sa réalité historique est sujet à caution. S'il s'avère probable que le temps et le génie en matière de communication de Benny Binion ont contribué à auréoler l'événement d'une aura trompeuse, le match des deux légendes absolues de l'époque aura marqué les esprits et contribué à faire du poker le théatre d'une dramaturgie moderne. Entre Nick Dandalos, l'empereur du flambe sans limite, l'homme qui a gagné un quartier entier de Los Angeles en une seule nuit, et Johnny Moss, "The Grand Old Man", première superstar du poker, il ne pouvait s'agir que d'une lutte à mort pour la suprématie. D'après la légende quatre mois de heads-up auraient été nécessaires pour départager les deux Dieux vivants du jeu dans l'Amérique décomplexée de l'après-guerre, attirant chaque jour un public plus nombreux et admiratif. Moss aurait gagné entre 2 et 4 millions de dollars, mais c'est Dandalos qui rentrera dans l'histoire grâce à cette réplique mythique "Mr Moss, I have to let you go".

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Nick The Greek, un seigneur !

 

. Les premiers WSOP. L'année officielle des premiers WSOP reste 1970 même si une première édition s'est disputée en 1969 à Reno. S'il ne s'agissait que de sessions de cash game, regroupant au total 38 compétiteurs conclues par l'élection de Johnny Moss, ce rassemblement de rounders effectué dans l'anonymat à l'initiative de Benny Binion devait devenir quelques années plus tard la Grande Messe annuelle du poker attirant des dizaines de milliers de joueurs ainsi que les medias de toute la planète. Les WSOP sont devenus les championnats du monde de poker et un bracelet le Saint Graal dont rêve chaque joueur avant de s'endormir. Et surtout les World Series offrent chaque année au poker une vitrine extraordinaire, véritable barometre de l'expansion croissante de celui-ci. Difficile d'imaginer ce que serait le poker aujourd'hui sans les WSOP.

 

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Une statue pour Binion, l'inventeur des WSOP...

 

. Le premier WPT (et les mini-caméras). Si les World Series demeurent le festival de tournois référence, le WPT a grandement contribué à la médiatisation du poker et à l'intérêt de la télévision pour les tournois. Le premier WPT, le Five Diamond, s'est déroulé au Bellagio en juin 2002 et s'est offert un vainqueur prestigieux, Gus Hansen. La réussite du World Poker Tour, outre son format et le fait d'avoir été le premier circuit annuel d'importance, provient de l'invention d'Henry Orenstein qui a développé le concept des mini-caméras permettant de suivre les cartes privatives des joueurs. Une aubaine pour la télé, un régal pour les téléspectateurs et un job à vie pour Patrick Bruel...

. Chan - Hellmuth. Un duel mythique qui a passionné l'Amérique à la fin des années 80 (1989). Johnny Chan est un monstre, un épouvantail, il vient de remporter les deux précédents Main Events et se retrouve en heads-up après une marche triomphale contre un gamin inconnu de 24 ans, Phil Hellmuth. Personne ne parierait un centime sur les chances du futur Poker Bratt et le triplé tend les bras à l'Orient Express. Les caméras de télévision sont là, prêtes à immortaliser la boucherie et le triplé de Chan, mais Hellmuth va réaliser l'impossible et prendre la légende à son propre piège. Une victoire au retentissement inouï qui offre au poker les grands titres de la presse avec un scénario digne d'une tragédie grecque...

 

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Sous les yeux de Doyle Brunson et Johnny Moss, Chan va être défait par Phil Hellmuth (39 bracelets à eux quatre) !

 

. Rounders. Le film culte qui va donner ses lettres de noblesse au poker et populariser le Texas Holdem. Si l'excellent Kid de Cincinnatti avec un prodigieux Steve Mac Queen et un Edward G. Robinson grandiose a été le premier long métrage de qualité consacré au poker, Rounders (réalisé par John Dahl en 1998) a passionné des millions de joueurs en herbe qui se sont mis à rêver d'un destin à la Mike Mc Dermott (Matt Damon). Le fim fut une réussite immédiate, générant 8,5 millions de recettes dès le premier week end. Nombreux sont les joueurs professionnels a reconnaître qu'il a été le début de leur vocation (Hevad Khan, Gavin Griffin ou Vanessa Rousso). Un film qui restera comme une oeuvre majeure, certainement celle qui retranscrit le mieux l'atmosphère du poker, qui a aussi généré le numéro 1 des pesudos sur Internet : Teddy KGB !

 

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Teddy KGB : "pay that man his money" 

. Le sacre de Moneymaker (2003). Qui aurait cru que la victoire d'un modeste comptable allait déclencher un incroyable engouement pour le poker. En succédant aux monstres sacrés (Moss, Brunson, Ungar, Chan, Hellmuth, etc.) qui l'ont précédé au palmarès du Main Event des WSOP, Chris Moneymaker va provoquer un raz-de-marée et pousser des dizaines de milliers de joueurs à se lancer dans le poker. D'autres amateurs avaient déjà remporté le titre suprême auparavant, mais Moneymaker y est parvenu après s'être qualifié par le biais d'un satellite à 38$ sur Internet, alors que ces prédécesseurs avaient déboursé 10 000$ et il encaisse un prix astronomique de 2,5 millions de dollars. Des millions de joueurs vont alors ouvrir des comptes sur les sites de poker en ligne, générant l'explosion d'un business juteux et du poker. Huit ans plus tard, Chris Moneymaker n'a toujours pas gagné un autre tournoi important...

. Andy Beal et la Corporation (2006). Ce n'est peut-être la date la plus importante, ni même un des épisodes les plus connus de l'histoire du poker, il s'agit pourtant d'un de des ces faits d'armes qui écrivent la Légende. D'un côté Andy Beal, milliardaire aussi génial qu'excentrique, prodige en mathématiques et passionné de poker, qui aurait influencé le scénariste de Casino Royale pour le personnage du Chiffre (pour le volet poker, NDLA), de l'autre les meilleurs joueurs du monde, associés au sein de "La Corporation" pour affronter le milliardaire dans un duel aux sommes stratosphériques. Beal est un remarquable joueur de poker qui n'a pas hésité à se frotter avec succès à des experts comme Chip Reese, Gus Hansen ou Jennifer Harmann, mais contre les membres de La Corporation qui comporte entre autres les Brunson père et fils, Johnny Chan, Ted Forrest ou encore Jennifer Harman, ses chances semblent inexistantes pour de nombreux spécialistes. Et pourtant, sur des blinds 50 000/100 000$ en Limit Holdem, l'incroyable se produit : en quelques jours, le Texan dépouille les pros de près de 10 millions de dollars. Les visages des seigneurs du flambe sont blêmes, plusieurs sont au bord de la ruine, lorsque le relais est pris par Phil Ivey. Le prodige va rapidement et inexorablement prendre la mesure de son adversaire. En trois jours, Ivey va délester Beal de 16 millions de dollars ! Un exploit qui pousse le milliardaire à reprendre l'avion pour le Texas en déclarant qu'il ne remettra plus les pieds à Vegas et qui vaut à Phil Ivey une reconnaissance éternelle de ses pairs sauvés de la banqueroute par son intervention...

 

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Son nom est Ivey, Phil Ivey...

 

. La loi UIGEA : Lorsque le gouvernement américain décide de renforcer l'interdiction frappant le poker en ligne en 2006 avec une nouvelle loi (l'UIGEA), un vent de panique secoue le monde du poker. Les WSOP, baromètre de la santé du poker mondial, connaissent une relative désaffection (6 358 joueurs en 2007 contre 8 773 l’année précédente). En interdisant théoriquement les transactions financières entre les établissements bancaires et les sites de jeux et en prohibant l’achat de tickets pour les tournois (notamment les WSOP) par ces mêmes opérateurs, le législateur pense avoir trouvé un compromis efficace permettant de restreindre la pratique du poker en ligne tout en n’aliénant pas le libre accès au net, cher aux principes de liberté américains. Très vite, les principaux sites mettent en place des méthodes de contournement (opacité financière, fausses entreprises et fausse facturation, etc.) et progressivement le poker en ligne reprend ses droits. Deux conséquences néanmoins. PartyPoker, une entreprise cotée à la bourse de Londres, préfère se retirer du marché US et payer une énorme amende afin de solder d’éventuelles poursuites judiciaires pour pratique illégale du jeu en ligne, laissant place libre à PokerStars et Full Tilt qui peuvent alors s’emparer du leadership mondial. Et quelques années plus tard le Département de la Justice Américain décide de sonner la fin de la récré pour les contrevenants. Ce sera le célèbre et sinistre black friday

. Black Friday. Un véritable cataclysme va frapper la planète poker au printemps 2011. En quelques heures, les deux principaux sites -PokerStars et Full Tilt, ainsi que le sulfureux Absolute Poker- sont fermés à l'échelon mondial par le FBI. Les deux opérateurs parviendront à reprendre leurs activités dans les autres pays, mais devront définitivement cesser leurs activités au pays de l'Oncle Sam, laissant des millions de joueurs américains se désoler avec leurs comptes bloqués. Si PokerStars semble être parvenu à absorber les conséquences du black out, Full Tilt est au bord de la disparition, se retrouvant dans l'incapacité de rembourser ses joueurs, avec comme conséquence implacable la perte de sa licence d'exploitation décidée par la Commission des jeux de l'île d'Alderney. La fréquentation des WSOP ne faiblit pas, une surprise totale, mais le poker en ligne demeure interdit aux Etats-Unis, le principal marché (et de loin) pour le poker mondial.

. 2011, l'année de la France. L'auteur de cet article admet le côté subjectif et vaguement cocardier de cet ultime choix, mais souligne pour sa défense que cette année marque l'arrivée de l'hexagone parmi les grandes nations du poker ! Avec la première place d'ElkY au nouveau classement de référence, quatre bracelets aux WSOP dont deux de champions du monde pour Bertrand Grospellier et Fabrice Soulier, des supporters de feu emmenés par l'irremplaçable Nicolas Levi (le flamboyant Françis Lalanne de l'équipe de france de poker), des performances à répétition sur le circuit mondial et des sites en .fr qui s'imposent parmi les plus gros opérateurs du marché international malgré le désastreux volet fiscal et financier de la loi de régulation nationale, 2011 restera comme un immense millésime pour le poker français !

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Le chapeau c'est indéniablement plus classe que le katogan...



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