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Le black friday, un an déjà : état des lieux !


Zooms
Par David Poulenard   
Samedi, 14 Avril 2012 10:23
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Souvenez-vous, c'était il y a seulement un an et le monde du poker découvrait soudainement les trois principaux sites de poker en ligne (PokerStars et Full Tilt ainsi qu'Absolute Poker) inaccessibles, remplacés par une bannière du FBI !

Vent de panique sur la planète poker !

Un véritable traumastisme accompagné d'un vent de panique engendré par cette application brutale de la loi UIGEA qui interdisait la pratique du poker en ligne aux Etats-Unis depuis 2006 et qu'une grande majorité de sites ignoraient volontairement (Party Poker et quelques opérateurs de moindre importance excepté).

Un an après, les choses semblent rentrées dans l'ordre à deux exceptions importantes près ! Le poker en ligne demeure interdit aux Etats-Unis, même si de nombreuses initiatives laissent augurer une possible régulation outre-atlantique au moins au niveau des Etats. De plus, Full Tilt a disparu du panorama.

La disparition de l'ancien numéro 2 mondial constitue d'ailleurs la principale conséquence du vendredi noir en ayant emporté dans sa chute les bankrolls -parfois importantes- de dizaines de milliers de joueurs qui espèrent toujours récupérer leurs fonds un jour. Un an plus tard, le site est d'ailleurs proche d'être racheté par le groupe français Bernard Tapie, ce qui pourrait permettre aux joueurs lésés de récupérer leur argent.

 

absolutepoker-fbi

 

La chûte de Full Tilt a eu pour principales conséquences de laisser le champ libre à ses principaux concurrents, au premier rang desquels PokerStars, ceux-ci se partageant plus ou moins équitablement les joueurs qui ne pouvaient plus jouer sur leur site de prédilection. Autre conséquence, au niveau des joueurs professionnels, la disparition de l'écurie pléthorique constituée par Full Tilt qui a laissé de nombreux professionnels sur le carreau (et pas des moindres : Erick Lindgren, David Benyamine, Mike Matusow ou encore Phil Ivey ont depuis quelques difficultés à boucler leurs fins de mois). La Team Pro de l'opérateur était la plus importante du poker et de nombreux membres, notamment américains, ont depuis disparu du circuit.

Autre conséquence pour certains professionnels impliqués dans la gestion de la société, les ennuis judiciaires ! Howard Lederer et Chris Ferguson, actionnaires et membres du conseil d'administration, sont sous le coup d'une mise en examen par le DOJ et doivent subir l'opprobre des milliers de joueurs abusés, alors que Phil Ivey préfère soudainement partir jouer en Asie du Sud-Est...

Le poker se porte toujours bien aux Etats-Unis.

Le black friday, survenu quelques semaines avant les WSOP, avait fait souffler un véritable vent de panique dans l'univers du poker et particulièrement chez les organisateurs des World Series. Les prédictions les plus alarmistes circulaient sur l'affluence des championnats du monde, certains redoutant même un Main Event à moins de 3 000 inscrits avec la disparition des satellites en ligne ! Les cassandres auront finalement eu tort, car en signant des affluences similaires à celles des années précédentes, le poker a prouvé qu'il demeurait une passion réelle (des deux côtés de l'Atlantique) : les joueurs américains ne pouvant plus jouer sur Internet s'étant reportés sur le live !

Certes les tournois organisés aux Etats-Unis ont logiquement connu une baisse de leur fréquentation, notamment ceux qui bénéficiaient de qualification en ligne. De plus, les circuits financés par les sites incriminés (NAPT, Onyx) ont disparu, mais globalement le poker reste dynamique dans le pays.

L'offre de poker sur Internet est aujourd'hui inexistante aux Etats-Unis, les principaux opérateurs se sont retirés pour éviter les foudres du DOJ et ceux qui restent sont trop petits pour constituer une alternative. Conséquence : les Américains jouent en live et les stars de la discipline ont parfois émigré sous des latitudes plus permissives (Daniel Cates, Brian Hastings, Tom Dwan, etc.) : Thaïlande, Brésil, Mexique, Canada, Costa Rica... Pendant ce temps les principaux opérateurs signent des accords de partenariat avec les casinotiers pour être fin prêt le jour d'une prochaine régulation...

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Le nouveau bureau des grinders américains : le black friday a aussi eu du bon !

Le reste du monde a oublié le black friday...

Mis a part les joueurs ayant leurs fonds bloqués sur Full Tilt et quelques pros de sa team restés sur le carreau, le reste de la planète ne se soucie plus du black friday depuis belle lurette ! De nombreux états ont légiféré afin de réguler le poker en ligne, offrant un cadre légal (à défaut d'être toujours rentable) aux opérateurs, les autres le tolèrent et les quelques pays qui l'interdisent ne constituent pas des marchés importants.

Bref on joue sur toute la planète et les parts de marché perdues par les rooms avec la fermeture de l'espace américain ont généralement été récupérées avec la disparition de Full Tilt (et à un degré moindre avec la quasi-disparition d'Absolute et Ultimate). PokerStars reste l'incontesté numéro 1 mondial, alors que derrière PartyPoker, 888Poker, Everest et IPoker se livrent une bataille acharnée.

Les mythiques parties high stakes disputées sur Full Tilt se déroulent maintenant sur PokerStars, Dwan et Ivey ont trouvé de nouvelles ressources à Macau, Winamax continue son ascension en France, International.it en Italie et Raymond Bitar attend son procès. Bref le black friday appartiendra bientôt à l'histoire, surtout si le Groupe Bernard Tapie parvient à racheter et relancer Full Tilt après avoir remboursé les joueurs.

black friday

Et maintenant ?

Quelques incertitudes demeurent néanmoins. Dans quelques semaines débuteront les WSOP, véritable baromètre de la santé du poker mondial ; si en 2011 la proximité du black friday avait peut-être empêché une chûte de la fréquentation, il conviendra d'observer les chiffres de la participation avant d'enterrer le vendredi noir et ses conséquences...

D'autre part si l'interdiction du poker en ligne perdurait aux Etats-Unis, les conséquences à terme pourraient s'avérer préoccupantes. En effet, dans le poker comme dans de nombreux secteurs, les States demeurent le vecteur de développement des tendances, si jamais la pratique du poker finissait par s'y étioler il est à craindre que progressivement ce phénomène de société ne perde son importance dans le reste du monde.

 



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