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Le rakeback


Zooms
Par Severin Rasset   
Mardi, 03 Février 2009 14:40


Rakeback. Tous les joueurs de poker en ligne finissent par entendre ce mystérieux terme, que ce par un ami annonçant fièrement "J'ai trouvé un rakeback de 45% sur ce site, je gagne 500 $ tous les mois grâce à ça", ou en surfant sur différents sites Web qui proclament à l'envi "Ne vous laissez plus dévorer par le rake !". De quoi s'agit-il vraiment ?


Une définition du rakeback

Que vous jouiez sur Internet en Sit'n Go, en tournois ou en cash game, la salle de poker prélève une certaine somme d'argent sur votre partie. 
En Sit'n Go et en tournois, le prélèvement est simple et s'affiche de façon explicite : sur un tournoi à 10+1$, 10 $ est la somme redistribuée aux joueurs et 1 $ est gardé par la salle de poker.

Il en va de même en cash game, mais le prélèvement est moins visible. Le site de poker va prendre environ 5% de la taille du pot, en général jusqu'à hauteur de 3 $. Ainsi, si vous gagnez un pot de 40 $, vous n'en toucherez réellement que 38, le reste étant gardé par la salle.

Ces différents prélèvements peuvent être regroupés sous un terme générique : le rake. Chaque joueur rapporte ainsi au site une somme d'argent. Et si pour les joueurs occasionnels ce montant ne représente que quelques dollars par mois, pour les joueurs réguliers ou semi-professionnels, le total peut rapidement dépasser 1 000, 5 000 ou même 10 000 $ par mois.

En réponse à l'arrivée de ces joueurs semi-professionnels, les salles de poker en ligne ont donc créé un système auquel les casinos terrestres n'avaient jamais pensé : le rakeback.

Littéralement, cela consiste pour le site à rendre au joueur une partie plus au moins importante du rake qu'il a généré.


Comment obtenir du rakeback ?

Le plus simple est sans aucun doute d'aller sur des sites spécialisés dans le domaine. Les plus célèbres sont Rake the rake et Rake me back. Ces affiliés négocient des offres officielles de rakeback publiées sur leur site. En échange, ils reçoivent également un pourcentage des revenus que les joueurs génèrent.

Attention, il est souvent nécessaire de passer préalablement par l'un de ces sites pour recevoir du rakeback (si vous êtes déjà inscrit sur une poker room donnée, il ne vous sera pas toujours possible d'y bénéficier de rakeback a posteriori). Il est donc préférable d'étudier les options de rakeback avant de choisir le site sur lequel on veut jouer.

La deuxième solution est de fréquenter les communautés de joueurs. Il suffit souvent de poster un message indiquant que vous recherchez du rakeback pour un réseau en particulier et vous devriez alors recevoir quelques messages privés. Ici aussi, la personne qui vous aura contacté touchera un pourcentage des revenus que vous allez générer sur le site.

Enfin la troisième solution, à laquelle moins de joueurs pensent naturellement, est de contacter directement la salle sur laquelle vous avez envie de jouer, pour négocier un programme plus avantageux que celui proposé par défaut.


Pourquoi proposer du rakeback ?

En apprenant l'existence de tels programmes, on peut se poser la question de de savoir pourquoi les salles de poker reverseraient aux joueurs une partie de leur chiffre d'affaires. La réponse est simple : la concurrence.

Derrière les leaders du marché, il existe au total plus de 600 salles de poker en ligne réparties dans près de 30 réseaux et chacune de ces salles a accès à un marché mondial. On imagine donc sans mal la concurrence féroce qui règne entre elles et la surenchère permanente pour capter une clientèle suffisante pour survivre.

Idéalement, une poker room va chercher à attirer les joueurs grâce à sa renommée et à sa marque, mais quand elle n'en a pas les moyens, il reste la solution - classique - de se battre sur les prix. Pour des raisons pratiques, beaucoup de petites salles ont fait ce choix.


Une surenchère entre les sites

A l'origine, le rakeback proposé par les sites de poker était de l'ordre de 30%, c'est-à-dire que si un joueur générait 1 000 $ de revenus pour le site, il recevait 300 $ en retour.

Mais ce pourcentage, relativement raisonnable, a rapidement conduit à une surenchère permanente des nouveaux entrants sur le marché. En effet, quand une nouvelle salle partage le même logiciel que des dizaines d'autres, elle n'a qu'une seule solution pour capter une clientèle existante : faire plus, toujours plus.

C'est ainsi qu'il est devenu possible, pour les joueurs réguliers, de trouver des rakebacks de plus en plus importants : 40, 50 et même parfois plus de 60%. Moins le réseau compte de joueurs, plus il est prêt à faire des sacrifices pour en attirer.

Mais cette politique n'est pas sans risque pour les opérateurs du réseau, car à chaque fois que les pourcentages distribués aux joueurs augmentent, leur marge diminue. Les propriétaires des réseaux ont fini par se rendre compte que ce "vol" permanent entre les salles ne leur apportait rien de plus et qu'il mettait en danger l'équilibre financier de leurs opérateurs.


Les réseaux limitent le rakeback

Depuis quelques mois, une tendance de plus en plus claire émerge : les réseaux veulent éradiquer ou tout du moins largement limiter le rakeback.

C'est ainsi que, successivement, les réseaux Ipoker puis Ongame ont annoncé officiellement la fin de toute forme de rakeback. Puis c'est au tour de Microgaming et de Boss Media de limiter les offres de rakeback à des niveaux plus raisonnables : 30 et 50% maximum, respectivement.

Certaines salles ont d'ailleurs été exclues de leurs réseaux pour n'avoir pas respecté ces nouvelles conditions. Récemment, NoIQ et Carlos Poker ont dû quitter Ipoker, Ongame a expulsé NextPoker, Boss Media a agi de même contre Poker Trillion...

Paradoxalement, cette limitation sert également à protéger les salles de poker elles-mêmes. Attirer les joueurs en leur offrant quelques pourcents de plus que la concurrence ne crée pas forcément de fidélisation. Ces joueurs restent souvent quelques semaines sur un site avant de migrer vers un autre leur offrant des conditions plus avantageuses. De plus, un trop grand nombre de joueurs qui jouent pour le rakeback sur un même réseau créent des tables de cash game ennuyeuses, les joueurs étant sur trop de tables et jouant trop serrés. Pour les débutants il est particulièrement difficile d'affronter de tels adversaires.

Le meilleur exemple d'une stratégie fondée sur l'attachement à la marque est PokerStars. Le site propose sans doute le pire programme de fidélité du Web, mais sa liquidité, son image et son marketing en font aujourd'hui le leader incontesté du marché.


Vers une disparition du rakeback ?

Avec l'apparition progressive des licences autorisant un nombre limité d'opérateurs, on devrait assister à une diminution du nombre de concurrents et à une concentration du secteur. La légalisation du poker permettra également de faire de la publicité dans les grands médias et de créer un vrai attachement à une marque.

On devrait donc assister dans les prochaines années à une diminution constante de l'importance de cet outil marketing qui avait révolutionné le poker en ligne en son temps.

Pour l'heure, nous en sommes encore loin et les joueurs peuvent choisir parmi plusieurs dizaines de sites proposant chacun différentes offres. Pas toujours évident de s'y retrouver...


Bonus de premier dépôt, reload bonus ou rakeback ?

Sur les forums, certains joueurs conseillent systématiquement les programmes de rakeback, à tort. En effet, les salles de poker en ligne sont particulièrement agressives sur les bonus de premier dépôt et sur certains bonus de rechargement ("reload bonus"). Dans le premier cas, elles cherchent à attirer de nouveaux clients et sont prêtes à payer le prix fort pour cela, dans le second il s'agit pour elles de réactiver des clients existants avec un bonus alléchant.

De manière globale, pour les joueurs occasionnels, il est plus intéressant de chercher à profiter des offres de premier dépôt ou de reload qui leur permettront d'avoir un retour plus important par rapport au temps passé sur le site.

Ces trois formes de bonus sont d'ailleurs toutes indexées sur le rake généré par le joueur. Que ce soit un bonus de premier dépôt, un reload bonus ou du rakeback, le joueur reçoit toujours une partie de l'activité financière qu'il génère sur le site. Le principal avantage du rakeback est qu'il est directement indexé sur le rake généré par le joueur. Il est alors très facile pour lui de mesurer le bonus en cours. Les choses sont beaucoup moins claires pour les deux autres bonus, chaque site disposant de son propre système de points de fidélité, rendant difficile la comparaison des offres.

Pendant longtemps, le rakeback a été la pierre angulaire de nombre de sites de poker en ligne. Cette stratégie devrait progressivement perdre de son importance, même si, pour les joueurs générant plusieurs milliers de dollars par mois en rake, il existera toujours des offres souterraines leur permettant de s'assurer des revenus confortables.

 

Severin Rasset est le Poker Manager du site Chilipoker.com



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