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Les dix plus gros bad beats de l'histoire


Zooms
Par David Poulenard   
Mardi, 02 Juin 2009 10:46

Les bad beats sont au poker ce que l'erreur d'arbitrage est au football. On continue à en parler des années durant au café du poker en justifiant ainsi les plus improbables des défaites, c'est même la base d'une conversation entre joueurs de poker. Zoom sur quelques uns des bad beats mythiques survenus dans les grandes compétitions.


10. Une main devenue historique 

:

Doyle Brunson est une légende du poker, réputé pour la solidité inaltérable de son jeu, aussi est-ce un paradoxe qu’il ait donné son nom à une main totalement médiocre. Lors du heads-up final du main event 1976, Jesse Alto, un excellent joueur de cash game, relance avec depuis la grosse blind ; fort de son chiplead, Doyle paie avec . Le flop sourit au mexicain qui mise directement. Mauvaise lecture pour Texas Dolly qui tente un bluff voué à l’échec en annonçant all in. Sourire aux lèvres Alto paie avec ses deux paires max. Le ne change pas grand-chose à l’histoire, Doyle est toujours outsider à 1 contre 10. Mais la river   lui permet de rentrer dans la légende et de remporter son premier main event. L’année suivante, Doyle Brunson réussira le doublé, avec la même main, mais c’est une autre histoire et un autre bad beat mythique !


9. 
Moneymaker abat Phil Ivey :


Un duel semble-t-il totalement déséquilibré entre le meilleur joueur du monde et un amateur totalement inconnu a eu lieu alors qu’il ne restait plus que 10 joueurs lors du main event des WSOP 2003. Chris Moneymaker avec relance et Phil Ivey le paie avec . Le flop offre un brelan à Moneymaker : , il mise et Ivey le suit à nouveau. La turn change totalement la donne :, Ivey check-raise à tapis la mise de son adversaire qui s’empresse de payer sans imaginer qu’il est devenu le challenger.  Six outs pour Chris Moneymaker, qui voit avec délectation l’ tomber à la river, éliminant Phil Ivey aux portes de la finale. Moneymaker remportera finalement le tournoi, son unique performance d’envergure, alors que Phil Ivey n’est toujours pas parvenu à remporter le plus prestigieux des tournois. Bizarre ce jeu parfois…


8. Le choc des extrêmes, Can Kim Hua vs Rafe Furst :

Une main paradoxale puisque l’on peut considérer que c’est la paire d’as qui a infligé un bad beat à la pire des mains . En finale d’un 1 500$ Pot Limit des WSOP 2006, Rafe Furst, un solide professionnel, choisit de limper depuis le bouton avec . Can Kim Hua, excellent joueur de tournoi, décide de relancer à 60 000 avec la pire des poubelles possibles. Furst continue de slowplayer et se contente de payer. Le flop tombe : , Hua se croit béni des Dieux et effectue une petite mise de 55 000 que Rafe Furst suit en feignant d’hésiter. La turn apporte un inoffensif , poussant Hua à tenter de piéger le piégeur en checkant, Furst mise alors seulement 53 000, persuadé d’être largement devant. Lorsque le joueur d’origine vietnamienne envoie son tapis, Furst paie debout sur la table, avant de découvrir horrifié la main de son adversaire ! La river chère à Barry Greenstein tombe, un , qui offrira le pot et plus tard la victoire à Rafe Furst !



7. Alan Goering mystifie J.C. Tran

 :

En finale du WPT L.A. Classic de 2006, Tran relance avec les as noirs et suit en rigolant le tapis de Goerhing depuis la small blind. Peu d’espoir pour Alan qui ne détient que , d’autant plus que le fop lui enlève le comme out. Un 2 vient doubler le tableau augmentant légèrement les chances de Goerhing qui restent néanmoins de seulement 8%. Le apparaît à la river, plongeant Alan Goerhing en transe et laissant J.C. Tran effondré sur son siège, maudire les Dieux du poker…Tran disparaitra à la 5e place et Goerhing remportera le tournoi et 2,4 millions de dollars !




6. Le miracle de Jésus contre Phil Hellmuth 

:

La finale du NBC National Heads-up 2005 oppose deux légendes pour sa première édition, Chris Ferguson, le spécialiste, et Phil Hellmuth qui a remporté la première manche.
Au bouton avec , Hellmuth se contente de limper, Ferguson découvre et choisit de relancer à 28 000 avec sa poubelle, Poker Bratt suit et le flop est distribué : . Une bénédiction pour Jésus, qui envoie 40 000 que paie mourant Hellmuth. Le turn, un , vient sauver l’homme en noir. Avec trois cœurs sur le board, Ferguson décide prudemment de checker et Hellmuth prend l’initiative en misant 40 000. Après une longue réflexion Ferguson sur relance alors à 120 000 et se prend la tête à deux mains lorsque Hellmuth, fort de sa manche d’avance, de sa quinte invisible et de son as de cœur envoie le tapis. Finalement, pour se punir d’avoir joué une main aussi marginale, Ferguson, désabusé, call avant de toucher une des cartes miraculeuses, un qui foudroie Hellmuth ! Celui parviendra finalement à remporter le trophée et Ferguson prendra sa revanche les années suivantes.

 

badbeat_kennajames
Parfois, on en reste sans voix...


5. Hal Fowler vs Bobby Hoff en finale du main event 1979 :

Les As n’ont jamais constitué la main gagnante des WSOP, mais l’ont déjà perdu. C’est ce qui est arrivé à Bobby Hoff, opposé en finale du main event à un amateur nommé Hal Fowler. 
Après cinq heures de duels intenses, Hoff trouve la main rêvée et relance depuis le bouton, Fowler suit avec . Le flop arrive : et Hoff effectue un contiunation bet classique de 40 000. Avec seulement un tirage de quinte ventrale, Fowler décide de payer. La turn est inespérée, un qui lui offre une suite constituant les nuts. Hoff pousse son tapis au milieu que s’empresse évidemment de payer Hal Fowler. Drawing dead, Bobby Hoff voit alors inexorablement s’envoler ses espoirs de victoire…


4. Pas de doublé pour Fossilman :

Greg Raymer, auréolé de sa victoire l’année précédente, est en excellente position pour réussir une nouvelle performance. Ils ne sont plus que 25 joueurs dans le main 2005 lorsque celui-ci relance avec . Seul Aaron Kanter le paie avec . Le flop est idéal pour l’homme-reptile qui continue de miser. Curieusement Kanter suit encore. La turn ne ralentit pas Raymer qui effectue une grosse mise. Kanter, en semi-bluff, sur-relance et se trouve confronté à un vrai problème lorsque Greg Raymer envoie son tapis en réponse. Finalement Kanter, bien que couvert par son adversaire, décide d’avancer ses jetons au milieu, découvrant une river magnifique quelques secondes plus tard : . Au lieu de se retrouver chipleader, Greg Raymer n’a plus que quelques pions devant lui et quitte le tournoi dès la main suivante.




3. 
Double seven pour Danny Nguyen

 :

En finale du WPT Bay 101 Shooting Stars, Danny Nguyen envoie son tapis avec . Première mauvaise nouvelle, il est suivi, par Shandor Szentkuti. Deuxième mauvaise nouvelle, son adversaire a le prototype de la main qui le domine outrageusement . Troisième mauvaise nouvelle, le flop ne lui laisse que 0,5 % de chances de victoire : . Qu’importe, Danny, qui a fait preuve d’une chance insolente jusqu’à là, continue d’être protégé, le tombe, suivi du qui lui offre un full salvateur. Sa réussite insensée se poursuivra, Nguyen remportant finalement le tournoi en ayant éliminé ses cinq adversaires de la table finale…






2. 
Le cauchemar de Jennifer Harman :


On joue le premier niveau du main event 2005 et Jennifer Harman relance à 200 avec , Cory Zeidman suit avec . Le flop est parfait pour les deux adversaires : . Harman mise 500 et Zeidman relance à 2 000. Face aux possibilités de suite, la jeune femme se contente de payer. La turn lui offrant les nuts , elle tend un piège à son rival en checkant et celui-ci mise 1 000, avant que Jennifer le sur-relance à 3 000. Au tour de Zeidman d’hésiter longuement face aux risques de quinte supérieure ou même de full, il finit par payer. Seule une carte peut le sauver (Harman détenant la dame de carreau), il s’agit du qui évidemment –sinon on n’en parlerait pas– tombe à la river. Les tapis s’envolent et Jennifer Harman quittera prématurément le main quelques minutes plus tard.


1. Casino Royale aux WSOP :

Ca n’arrive pas que dans les films. Lors du main event des World Series Of Poker 2008. Deux adversaires sont confrontés à un board final , le dénommé Motoyuki Mabucchi mise après la river et son adversaire Justin Philips relance. Mabucchi réfléchit un peu pour la forme et envoie son tapis. Philips paie instantanément, et pour cause, il a une quinte flush avec  ! Mais la surprise c’est de découvrir le jeu du pauvre Mabucchi qui retourne au ralenti pour un carré d’as atomisé…
 Compensation pour l’infortuné joueur, ce bad beat devenu mythique lui a permis de rentrer dans l’histoire...

 

badbeat_malaucrane
Les Bad Beats, le cauchemar des joueurs...


Un dernier bad beat en bonus, hors concours car survenu en cash game, mais qui est déjà inscrit dans le panthéon des pire mauvais coups de l'histoire.

Duel stratosphèrique :

Lors des High Stakes Poker (NDLA : une partie de cash game télévisée), Gus Hansen relance à 2 100$ avec et immédiatement à sa gauche Daniel Negreanu ( ) prend l’initiative en misant 5 000$. Hansen suit et le flop permet à chacun de toucher son brelan : . Les choses sérieuses peuvent alors commencer… Hansen check le flop et Negreanu mise 8 000$. The Great Dane sur-relance alors à 24 000$. Payé tranquillement par le Kid. C’est à la turn, un que le piège se referme, Hansen mise encore 24 000$ et Negreanu après un cinéma terrible se contente de suivre. La river affiche une suite possible, mais évidemment cela n’inquiète aucun des deux joueurs. Gus feint néanmoins la peur et check rapidement, laissant Daniel miser 65 000$ avant d’annoncer rapidement "I'm all in" à la stupéfaction du Canadien. Il se lève, demande le compte du tapis de son adversaire (167 000$ de plus) et énumère les mains possibles : paire de 5, paire de 9, paire de 8 "Oh it would be so sick". Finalement Negreanu finit par payer, pour découvrir horrifié le carré du Danois, qui remporte ce qui était à l'époque le plus gros pot de l'histoire des High Stakes Poker.
A regarder encore et encore avec délectation !



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