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Les grands projets de casinos

Zooms
Par Mélanie Lemaire   
Mardi, 28 Avril 2009 09:03


Les casinos en ligne ont beau avoir révolutionné l'industrie du jeu, les établissements "en dur" restent de juteux investissements. Plusieurs grands groupes ont récemment misé très gros sur de nouveaux projets. Chacun sa stratégie : relancer le centre de Las Vegas, développer le Cotai Strip de Macao, ou encore créer un immense complexe en Espagne. Tour d'horizon des principaux projets de casino à travers le monde.

Ce sera sans doute l'événement de l'année à Las Vegas : entre le 1er octobre et le 16 décembre 2009, le groupe MGM-Mirage va enfin lever le voile sur son projet City Center, en plein cœur du "Strip". Au programme, trois inaugurations successives. "Notre planning événementiel est étalé sur l'automne", explique Jenn Michaels, porte-parole du groupe MGM-Mirage. "Dès le 1er octobre, l'hôtel Vdara sera ouvert au public. Les tours Mandarin Oriental et Crystals seront inaugurées le 3 décembre, et le cœur du City Center, l'hôtel-casino Aria, sera prêt pour Noël avec une ouverture le 16 décembre".

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Un complexe hôtelier de plus sur le Strip, est-ce bien raisonnable ? La question mérite d‘être posée. Mais le City Center est déjà un quasi-mythe à Las Vegas. Annoncé, reporté, retardé puis menacé par la faillite, ce projet immobilier est l'un des chantiers privés les plus chers de l'histoire du pays : plus de 11 milliards de dollars... Un pari démentiel lancé par l'ineffable Kirk Kerkorian, déjà propriétaire du Bellagio, du MGM Grand et du Mandalay Bay. A 92 ans, le patron du groupe MGM-Mirage joue peut-être sa dernière grosse partie. Et le City Center a bien failli le mener au désastre.

 

Trois milliards de dépassement

Rappel des faits. Mai 2006 : l'un des plus vieux casinos du Strip, le Boardwalk, est dynamité en pleine nuit. Kirk Kerkorian veut faire table rase du passé et "réinventer Las Vegas, au cœur du Strip, avec le plus beau et le plus luxueux de ses complexes".

Son ambition : utiliser les 30 hectares laissés disponibles par le Boardwalk pour y construire le joyau de son groupe, un complexe mêlant casinos, hôtels et résidences très haut de gamme. L'emplacement est exceptionnel (entre le Bellagio et le Monte-Carlo), et le nom de code vite trouvé : "City Center".

Le budget annoncé, 8 milliards de dollars, est une somme faramineuse, même pour un groupe comme MGM-Mirage. Kirk Kerkorian s'associe alors avec Dubaï World, société d'investissements contrôlée par le gouvernement du riche émirat. Les travaux sont lancés durant l'été 2006.

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Les mésaventures du City Center deviennent alors un feuilleton aux nombreux épisodes : erreurs de construction, décès accidentels suivis d'une grève des ouvriers, sans oublier un dépassement de budget de 35% après seulement deux ans de chantier...  Le projet frôle d'ailleurs la catastrophe en mars 2009, quand Dubaï World, exaspéré par les retards du projet, menace MGM-Mirage d'un procès pour "non-respect" de leur contrat d'association. Kirk Kerkorian rattrape la situation in extremis, évitant de peu la cessation de paiement et l'arrêt de la construction du City Center. MGM-Mirage et Dubaï World sont toujours en négociation pour trouver une solution de financement viable...

 

Tout est bien...

city_center_2Au même moment, sur le Las Vegas Boulevard, plus de 3 000 ouvriers continuent de travailler sur cet immense chantier, qui sera achevé à la fin de l'année... enfin, presque. "Nous aurons certes un léger retard sur les tours Harmon, qui ne seront terminées que fin 2010", reconnaît Jenn Michaels. "Mais l'essentiel du City Center va ouvrir en 2009, et l'offre de jeux ne sera nullement affectée par ce contre-temps". Pour prouver sa bonne foi, MGM-Mirage offre déjà la possibilité de réserver des chambres ou des suites à l'hôtel Aria (ci-contre) ou à l'hôtel Vdara. Il faut compter 200 ou 300$ minimum pour une nuit dans ces luxueux établissements...

L'hôtel Aria sera le seul à disposer d'un casino dans le City Center. L'ouverture d'une poker room est d'ailleurs confirmée. Les détails sont encore tenus secrets, mais elle devrait être spacieuse et résolument haut de gamme, probablement dans la lignée des rooms du MGM-Grand ou du Mandalay Bay, voire du Bellagio. Le groupe MGM-Mirage a d'ailleurs commencé à recruter croupiers, floors et poker managers. Car si Kirk Kerkorian joue gros avec le City Center, toute l'économie de Las Vegas sera affectée par la réussite - ou l'échec - du projet. D'ici fin 2010, plus de 12 000 emplois devraient être créés. En pleine crise économique, c'est un miracle comme même Las Vegas n'en attendait plus.

 

Macao – Singapour : les projets asiatiques

La crise financière de l'automne 2008 n'a pas tardé à affecter les plus grands projets de casinos, même éloignés de "l'épicentre" Wall Street. Le 15 septembre 2008, la banque d'affaires Lehman Brothers annonce sa faillite, plongeant le monde boursier dans la stupeur. Cinquante jours plus tard, c'est l'industrie du jeu qui est sévèrement touchée : la Sands Company, propriétaire du Venetian et du Palazzo de Las Vegas, stoppe brutalement la construction de trois hôtels-casinos sur le territoire de Macao, mettant près de 10 000 ouvriers au chômage technique. La presqu'île chinoise, nouvel eldorado des casinotiers, est sous le choc.

Depuis le début des années 2000, l'expansion de Macao semblait inexorable avec notamment l'ouverture en 2006 du Wynn Macao et, en 2007, du MGM Macao et du Venetian Macao, considéré comme le plus grand casino du monde. Le patron de Sands, Sheldon Adelson, s'amusait alors à surnommer Las Vegas "le Macao de l'Amérique".

En effet, la capitale asiatique du jeu ouvrait plus d'hôtels et de casinos chaque année que la ville de Las Vegas. La construction progressive du "Cotai Strip" à Macao semblait confirmer cette tendance et le complexe "City of Dreams", composé d'un Hard Rock Hotel, d'un Grand Hyatt et des Crown Towers, vient enfoncer le clou. L'ensemble doit ouvrir fin juin 2009. A priori, le casino de ce complexe ne devrait pas proposer de poker, un jeu plutôt rare à Macao où seuls trois établissements disposent d'une poker room. En revanche, les trois hôtels-casinos de la Sands Company ne sont pas près de voir le jour : au mieux, la construction serait relancée à l'automne 2009. Sands tente d'obtenir 2 à 3 milliards de dollars de crédit, plutôt difficile vu le contexte économique...

Étrangement, cet incident ne semble pas ralentir les travaux du Marina Bay Sands, situé lui aussi en Asie, dans la baie de Singapour. La société avait en effet obtenu le droit de construire le tout premier casino de Singapour, en 2006, et semble en mesure de tenir ses promesses : la première tour du Marina Bay devrait ouvrir en même temps que son casino, début 2010.

L'hôtel devrait proposer 2 500 chambres dans un décor paradisiaque, en pleine baie de Singapour. Le casino, lui, annonce plus de 1 400 machines à sous et un millier de tables de jeux. Les autorités de l'île ne sont toujours pas très claires sur la réglementation du poker (une étape de l'Asian Poker Tour avait été annulée en 2008), il est donc encore impossible de savoir si le Marina Bay proposera du Hold'em.

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Le Marina Bay Sands, un projet faramineux, d'un budget initial de 3,6 milliards de $, occupera 56 hectares (© Moshe Safdie and Associates)

 

Le projet Gran Scala : un Las Vegas espagnol ?

Annoncé fin 2007, le projet "Gran Scala" a immédiatement suscité l'intérêt des joueurs de poker européens : un immense complexe de jeux installé en Aragon, à 100 kilomètres de la frontière française. Ce nouveau "Las Vegas européen", avec 5 parcs d'attractions, 32 casinos et 70 hôtels, devrait compter 8 000 chambres. Objectif : 25 millions de visiteurs par an (à titre de comparaison, Las Vegas en a accueilli 37 millions en 2008).

Mais depuis décembre 2007, le projet n'a guère avancé, et on attend toujours le début des travaux. "Le projet Gran Scala est en retard, mais il est désormais bien lancé", affirme Jaime Riera, l'un des investisseurs espagnols. "Nous avons dû changer de lieu d'implantation pour des raisons juridiques : le complexe ne sera pas à  La Almonda comme prévu initialement, mais sur la commune d'Ontiñena. Nous avons déjà acheté 1 000 hectares de terrain, et nous comptons également sur 1 500 hectares de terrain appartenant à la commune. D'ici l'été, nous aurons donc 90% des terres nécessaires à la construction de Gran Scala".

La commune d'Ontiñena est située à environ 100 kilomètres à l'est de Saragosse et à 300 kilomètres au sud de Toulouse. Elle compte environ 600 habitants, sur un terrain quasi désertique, mais n'est qu'à quelques kilomètres d'une autoroute et d'une ligne de TGV Madrid/Barcelone. Le village est également tout près du méridien de Greenwich, un symbole que Gran Scala souhaite exploiter à travers une thématique historique : les casinos, attractions et musées devraient ainsi retracer plusieurs siècles d'histoire, de Cro-Magnon à nos jours.

 

Objectif 2012

Si le calendrier est, cette fois, respecté, les travaux débuteront à l'automne 2009. La première partie du complexe devrait être ouverte au public trois ans plus tard, avec en "apéritif" une dizaine de casinos et une vingtaine d'hôtels. "L'objectif est d'achever cette première partie de Gran Scala avant fin 2012", explique Jaime Riera. "La deuxième phase de la construction devrait durer jusqu'en 2022". Le désert de Los Monegros semble donc parti pour vivre une longue période de travaux... Mais les enjeux sont à la hauteur : les promoteurs du projet estiment que Grand Scala deviendra le plus gros parc d'attraction européen en 2020, créant au passage 65 000 emplois directs.

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Le plan de déploiement du projet, en 2012 et 2022. Dès 2012, le complexe devrait attirer davantage de visiteurs que Disneyland Paris... (© ILD)

Le promoteur de Gran Scala, ILD (International Leisure Development) est un consortium regroupant plusieurs sociétés européennes. Parmi elles, le groupe Tranchant (16 casinos en France), Aristocratgaming (un des leaders du marché des machines à sous), mais aussi des compagnies d'assurance ou des sociétés d'investissement.

Les promoteurs ne détaillent pas encore les jeux qui seront proposés dans les casinos du complexe, mais vu l'implantation du poker en Espagne, et la demande au niveau européen, il apparaît presque acquis que Gran Scala aura ses tables de Texas Hold'em et autres variantes. Même s'il faudra patienter jusqu'en 2012 pour miser ses premiers jetons au cœur du désert aragonais...

Commentaires (1)
0
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Par Sebastien c, avril 29, 2009
Le projet espagnol me fait envie :p

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