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WSOP : 5 mains de légende

Zooms
Par Matthieu Sustrac   
Mardi, 21 Décembre 2010 13:33

De Doyle Brunson à Scotty Nguyen en passant par Joe Cada, Phil Ivey ou Antoine Saout, voici les donnes les plus excitantes des WSOP...

1976-1977 : Doyle Brunson, un doublé magique
La main la plus légendaire du poker est probablement . Si la plupart des passionnés savent que Doyle Brunson a fait un bluff d'anthologie, cette main est plus particulièrement entrée dans l'inconscient collectif du poker par sa répétition. La finale du Main Event du WSOP se déroule encore au Binion's et nous sommes le 10 mai 1976. Doyle Brunson joue contre Jesse Alto qui atteindra encore plusieurs fois la Table Finale de ce tournoi.

Doyle paye la relance de son adversaire qui détient et trouve un très bon flop . Dans cette configuration, c'est presque neuf fois sur dix que Brunson va perdre la main et Alto le sait. Il checke pour laisser son adversaire prendre le contrôle du coup... ce que fait Brunson. Chipleader, Brunson annonce all-in pour un coup de pression classique. Le Mexicain paye avec le sourire mais la turn est un . Les grands ont la chance avec eux et c'est un qui apparaît rivière pour créer une main mythique.

Comme un clin d'oeil du destin, Doyle Brunson revient en finale du même tournoi en 1977. En Head's Up face à Bones Berland, il va récidiver avec les même cartes et terminer à nouveau en full face aux deux paires floppées adverses. C'est le doublé pour Doyle qui aujourd'hui encore base son fond de commerce sur cette main qui est aussi le logo de sa room. La main porte son nom et Doyle ne rechigne jamais à la jouer avec comme lors des derniers WSOP.

Texas Dolly joue depuis tellement longtemps qu'il s'est retrouvé dans toutes les situations. Véritable encyclopédie du jeu qui aime bien alimenter sa propre légende, il a raconté un coup qui n'arrive que dans les films qu'il a disputé dans les années 60, lors d'une partie de Limit 40/80/160$ soit le montant des mises préflop, flop et turn-river. Face à deux bons joueurs de l'époque, Gilbert Hess et Guy Aldridge, Texas Dolly trouve   .  Ils sont donc trois à voir et sur le flop, puis ensuite à la turn , la même action va se répéter. Brunson ouvre, Hess relance et Aldridge en remet une troisième couche. Au final, sur la rivière , Doyle décide de checker son full aux as pour voir Hess relancer et Aldridge lui revenir dessus. brunson va jeter sans aucune hésitation pour voir ses deux adversaires se déchirer et retourner carré de 2 et carré de 4!

 


Doyle Brunson lors du main event 1976



1998 - Scotty NGuyen : "You call it's gonna be all over, baby"
Les World Series Of Poker sont les tournois les plus prestigieux du jeu de poker, c'est là que les plus grosses mains, les plus dramatiques s'y sont disputées. La dernière main du championnat du monde entre Scotty NGuyen et Kevin McBride est l'une d'elles. Ce coup entre dans l'histoire car il voit le joueur asiatique annoncer à son adversaire que s'il paye, tout sera terminé. "You call it's gonna be all over, baby" lâche Nguyen à son adversaire qui va payer alors qu'il ne joue que le full dévoilé sur le board  ! Le joueur d'origine vietnamienne, broke et largement stacké par Mike Matusow, entre dans la légende du jeu avec la création d'une des phrases les plus célèbres de la planète poker. Cette histoire devenant tragique quand on apprendra que le frère du champion est décédé à quelques heures de ce moment, percuté par une voiture...





2003, le destin préfère Moneymaker à Ivey
Si ce coup n'avait pas eu lieu, le boom du poker aurait-il tout emporté sur son passage ? Auriez-vous commencé à jouer ? Ces questions ne trouveront jamais de réponse mais l'affrontement entre Phil Ivey et Chris Moneymaker à la bulle de la Table Finale du Main Event des championnats du monde 2003 vaut le détour. Il résume bien l'ascenseur émotionnel que peut être le poker... et la réussite qu'il faut pour gagner un tournoi et 2 500 000 dollars. Dans ce coup incroyable, le futur vainqueur va éliminer celui qui se présente comme un des futurs grands.

Moneymaker est largement devant au flop, puis largement derrière à la turn quand Ivey touche son full... et part à tapis. Moneymaker se sent fort avec son brelan et paye très vite. Il ne joue plus que la doublette du 6, la dernière dame du paquet et les as pour un total de sept cartes. Le reste fait partie de l'histoire. Phil Ivey, qui a depuis réussi à se hisser une nouvelle fois en Table Finale du Main Event mais sans beaucoup de jetons, ne retrouvera peut être plus jamais une aussi bonne situation que lorsqu'il est parti à tapis...





2009 : Joe Cada, un badbeat pour un champion
Chacun possède sa propre histoire avec le poker. Une main, un moment qui vous a fait plonger dans le jeu. Pour la deuxième fois de l'histoire, les organisateurs ont décidé de décaler la Table Finale des championnats du monde. J'ai la chance de pouvoir être en tribune alors qu'un Français s'est hissé parmi ceux que l'on appelle désormais les November 9. Antoine Saout représente la Bretagne et la France. Il le fait bien. Shortstack, il a peu à peu refait son retard et même réussi à faire folder deux valets préflop à Phil Ivey. Passé chipleader, il fait rêver les Français sur place qui l'encouragent depuis plus de 15 heures de jeu et des milliers d'autres, devant leur ordinateur au pays. Et si l'exploit était possible ? Dans la tribune, tout le monde y croît.

Alors qu'il ne sont plus que trois en piste, je me retrouve à moins de quatre mètres des protagonistes, sur le plateau TV. Joe Cada relance alors qu'il est le dernier de la classe. Shortstack, il pousse son tapis au milieu quand le Français lui revient dessus. C'est un call facile pour Saout qui va jouer un 80-20 à presque 2 millions de dollars avec sa paire supérieure. S'il gagne, il aura un gros avantage en jetons sur Darvin Moon et serait favori pour conquérir le titre. Le destin en décidera autrement... "You don't want the best hand here, you want the best luck", dira le commentateur à l'apparition du terrible brelan pour Joe Cada. De son côté, avec un courage exemplaire et une superbe poker face, Saout encaisse cet uppercut terrible. Bien loin de l'image horrible que les Français véhiculent parfois sur le circuit...





2010 - En route vers le titre : Jonathan Duhamel élimine Matt Affleck
Les badbeats amène un côté terriblement spectaculaire au poker diffusé à la télévision. Les derniers Championnats du monde n'ont pas dérogé à la règle. Le coup que se prend Matt Affleck en demi-finale restera probablement dans les mémoires. Le jeune joueur s'est révélé en juillet 2009, lors du Main Event précédent. Après avoir caracolé en tête, il s'est plus ou moins écroulé pour finir en 80e position. A sa sortie, il promet de revenir plus fort... et tient parole. Un an plus tard, il est en bonne position pour accéder à sa première Table Finale quand il ouvre deux As après une relance de Jonathan Duhamel. Futur champion du monde, le Canadien va finir par décider de gamble au pire moment, gagner le coup et provoquer une réaction faciale d'Affleck qui restera. Ce dernier réussira tout de même à faire globalement bonne figure... sans parvenir à quitter le plateau pendant de longues minutes.





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