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Après deux semaines à me la couler douce sous le soleil du Brésil, c’est avec plaisir que j’ai pris la route, plus fraîche, de Deauville. Cet EPT s’annonçait comme l’événement majeur de ce début d’année et n’a pas failli à sa réputation : la nouvelle salle choisie pour les tournois, bien que moins élégante que le salon des Empereurs, a donné à ce tournoi une ampleur nouvelle. Accueil, organisation, programme de tournoi : j’ai trouvé que tout avait été parfait !
Je pense d’ailleurs que ce cadre reposant et efficace a largement participé à ma semi-perf’ dans ce tournoi. En effet, comme tout le monde, je déteste arriver à ma table en retard parce qu’il y a une queue de 25 personnes devant moi aux inscriptions, le tout en étant serré contre mes voisins et les tables alentours, avant d’attendre deux heures pour un simple café parce qu’il n’y a pas de serveurs et de m’engueuler entre temps avec un floor parce que j’estime sa décision injuste. Un cadre de jeu à la hauteur du tournoi est indispensable pour donner à un événement la réputation qu’il mérite.
J’en profite du coup pour faire une parenthèse sur Venise, cette ville magnifique dans laquelle je n’étais pas revenu depuis plus de 15 ans et que j’ai redécouverte avec plaisir. Le très beau Casino (un des plus vieux du monde) accueillait le WPT mais l’endroit était petit, confiné, mal aéré, de nombreux pros se sont plaints des décisions d’arbitrage et il n’y avait tout simplement pas de serveur à la table. Pour un café, il fallait donc attendre le break pour traverser tout le Casino et espérer que la pause durerait assez longtemps pour que l’unique serveur au bar nous remarque au milieu d’une foule de joueurs mécontents.
Ce genre d’ambiance n’est pas propice au bon jeu. Et en tout cas pas adapté à la compétition. Perso, j’ai suffisamment de soucis à côté et de difficultés à me vider la tête avant de jouer pour ne pas avoir à me préoccuper d’un mauvais service ou d’un mauvais arbitrage. Je vais donc désormais systématiquement privilégier, (pour les gros buy-in au moins), les tournois dont le cadre sera plus "professionnel". Car bien encadrés, on joue mieux. Tout simplement.
La vue sur le Grand Canal lorsque l'on sort du Casino... Pas mal non ?
J’en reviens donc à Deauville où j’ai terminé à la 18e place sur près de 900 joueurs après deux journées dans le haut du chip count (Day 2 et Day 3) et plus d’une autre dans le bas (Day 4 jusqu’au milieu du Day 5). Un résultat aussi réjouissant que décevant, surtout en ce qui concerne le prix à la clé.
En tout cas, je suis extrêmement heureux d’avoir retrouvé de bonnes sensations à la table. J’avais déjà eu les mêmes à Prague où j’avais squatté le haut du chip count de la même façon. Si je peux me permettre cette évidence totale : je ne m’amuse jamais autant que quand j’ai des jetons et que j’arrive à m’en servir pour faire tourner en bourrique mes adversaires. Et j’ai eu la chance de vivre lors de cet EPT de belles journées où les jetons n’ont eu de cesse de venir vers moi.
Je me suis retrouvé lors du Day 3 assis devant une montagne, 850k quand le deuxième avait 600k et j’avoue avoir particulièrement apprécié le moment. Je n’ai toutefois pas manqué par la suite à la règle de la tentation du spew par tentative de pression à la table ; j’ai perdu 200k dans un bluff un peu gonflé… puis 200 autres dans un coup avec AA ou je peux facilement perdre 100k de moins. Mais je me suis repris et accroché, avant de perdre des coups inévitables (les fameux flips préflop) pour ensuite attaquer deux jours suivant en short stack.
Concentration maximale lors de l'avant-dernière ligne droite à 18 left : hors de question de buster et de m'en vouloir ensuite... (Photo Pokernews)
J’ai vraiment lutté contre mes démons du gamble pour ne pas m’envoyer en l’air et envoyer valser ce qui était alors le plus petit tapis du jour : j’ai attaqué le Day 4 short stack à 90 joueurs et entamé le Day 5 short stack à 24. Toute une journée passée entre 10 et 30 BB, les pieds attachés sous la table et mon mode "je m’accroche" au maximum. Mais il était hors de question de me lever de table en ayant des regrets.
La dernière main mérite réflexion : en effet, Julien Claudepierre (Everest player Live The Dream 2010) qui terminera à une très belle 4e place, relance à 70k sur des blinds 15k/30k. J’ouvre AJ de SB et pousse logiquement mes 320k restants. Et Julien décide de rapidement me payer avec une paire de 2 ! Il a un tapis de 800k : s’il perd ce coup, il se retrouve à son tour assez short. Et à ce stade de la partie, les jetons valent beaucoup. Pour une raison d’historique entre nous, Julien sait qu’il n’y a aucun cas où je suis light. Me connaissant, il sait donc avoir à faire à ce stade de la compétition à A-10+ et paire de 4 minimum (avec moins, sur ce spot précis, je jette). Je perds le flip, me lève un peu sonné et, perplexe, je vais demander leur avis à des collègues joueurs.
La très grande majorité, d’ElkY à Pasqualini en passant par Nicolas Lévi, va me répondre dans la seconde que c’est un insta-fold, quelques joueurs vont me sortir "Mais c’est un call standard !" et quelques autres vont couper la poire en deux : "C’est un call vraiment limite mais compte-tenu de ton range possible ici, c’est envisageable. Même si c’est vrai qu’en demi-finale d’un EPT, tes jetons prennent une autre valeur, plus grande."
J’ai donc encaissé le coup (et le chèque) et me suis vengé le soir même dans le side à 500 euros dans ma variante préférée : le Pot Limit Omaha. J’ai terminé second (à deux doigts de l’emporter) et ça aura joliment bouclé ma semaine normande, entre poker, soirées dans des bons restos de fruits de mer le soir entre amis et l’air de l’océan, infiniment plus bienfaisant que celui de Paris.
J’ai ensuite enchainé dans la capitale sur les tournages de 100%Poker pour M6, celui de la pub Everest (qui nous a tous bien fait marrer : si vous ne l’avez pas encore vue, cherchez la sur internet. Vous trouverez aussi un bêtisier qui vaut le détour !). Puis le WPT EFOP à l’ACF (rien à dire de spécial si ce n’est que j’ai sauté le Day 2), le tout entre trois cérémonies d’Awards : celle des France Poker Awards (où j’ai reçu avec plaisir le trophée de la meilleure perf masculine de l’année), celle des LivePoker Awards (nous étions 10 à être récompensé) et celle des European Poker Awards (où j’étais jury).
Une récompense qui fait plaisir ! (mais qui a eu du mal à trouver sa place dans ma valise déjà en surpoids...)
En bref, un mois bien chargé, et celui qui vient ne s’annonce pas moins riche en émotions avec le WPT de Los Angeles, ce qui ne manque pas de me réjouir, avant de revenir en France pour la Team Poker Cup Invitational le 12 mars ! Encore de belles journées poker en perspective !
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Il y a peu de temps que je suis tombé sur 100% poker sur M6, et je dois dire que les commentaires me sont d'une grande utilité.
GL pour la saison 2011. Qu'elle continue sur sa lancée