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Ce mois-ci aura été placé sous le signe de la Riviera et de la douceur de vivre. En effet, malgré un emploi du temps particulièrement chargé, j’ai quand même su trouver le temps de profiter de la Dolce Vita et d’un beau début d’été bien efficace pour recharger ses batteries…
Pourtant à Monte Carlo, je n’ai pas chômé… En effet, Everest Poker organisait son premier tournoi monégasque : The One, un Main Event à 5 000 euros avec une belle structure deep, des beaux side events dont un high roller à 10 000 euros et, pour superviser tout ça, le concours précieux du meilleur directeur de tournoi au monde, Thomas Kremser. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour faire de ce tournoi un rendez-vous incontournable du circuit.

Ce sont plus de 220 joueurs qui ont répondu présents avec tous les meilleurs joueurs français, pas mal de "scandi" quelques joueurs US, comme Kevin Mc Phee, des italiens, Liv Boeree… Bref, du beau monde et un field des plus relevés avec au bout, un prizepool fort sympathique. Le tableau aurait été idyllique si je n’avais pas vécu une journée de tournoi assez noire avec quelques bad beats et mauvais set up et surtout, un timing bien pourri.
Je serai donc rapidement éliminé du Main puis du High Roller le lendemain ; ce qui ne m’empêchera pas de quitter Monaco avec un large sourire. Mention spéciale à l’équipe Everest qui se sera d’ailleurs offert un petit plaisir le jour de mon anniversaire : m’amener en public et en chanson un gros gâteau au chocolat à la table… Un gros moment de solitude qui a bien fait rire tout le monde, sauf moi, qui ai particulièrement horreur de ce genre de distinctions publiques. Et c’est justement ça qui les a fait rire ! (et moi aussi, je dois bien le reconnaitre).
Forte de son succès, l’expérience monégasque sera donc reconduite avec quelques améliorations notamment au niveau des side events qui seront plus nombreux et du Main Event dont la durée de jeu devrait passer de 3 à 4 voire 5 jours.
Après avoir loué une voiture, j’ai ensuite longé la Riviera de Monaco jusqu’à San Remo ; une route particulièrement belle au bord de la Méditerranée et qui donne l’impression d’être déjà en vacances. Sauf qu’au bout de la route m’attendait non pas une semaine de détente dans un hôtel chic mais la semaine de tournois de l’EPT de San Remo. Un vrai rendez-vous incontournable dopé par un afflux d’italiens remontés à bloc (et qui ont une certaine tendance à balancer facilement leurs jetons).
Sauf que cette année, et encore plus que la précédente, tout le monde s’est posé la même question : mais où étaient passés les italiens et leurs moves juteux ? Je n’en avais pas un seul à ma table et nous étions nombreux dans ce cas : les fishs avaient déserté le navire ! C’est donc d’un oeil blasé mais résolu que j’ai commencé à étudier ma table, composée exclusivement de vickings du nord et de bons joueurs…
Mais au final, cette fois encore et comme à Deauville ou Berlin, je me suis senti très bien à mes tables successives. Je ne sais pas si les pâtes au gorgonzola dévorées la veille ont eu sur moi un effet magique ou pas mais j’étais en pleine forme. J’ai passé trois jours à prendre des bonnes décisions, gagner des coups clés ou faire le bon move au bon moment, tout en passant entre les gouttes des set up et autres bad beats. Bref, une fois de plus, j’ai eu le plaisir de voir mon nom dans le top du chip count deux jours de suite.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin : j’ai été éliminé en fin de Day 4, à la 48e position après avoir tenté un gros move qui n’est pas passé. En réalité, après mes jolies mais frustrantes places aux précédents EPT, je n’avais pas envie de laisser filer la table finale. Du coup, après quelques heures passées à jouer un jeu solide et efficace, je m’étais dit que j’allais appuyer désormais sur l’accélérateur et augmenter de façon significative mon degré d’agressivité à la table. Il faut dire que malgré les coups que j’avais précédemment joués, j’avais tout de même une bonne image à la table ; je n’avais pas encore surrelancé avec des cartes médiocres qu’ils auraient pu voir.
Du coup, je décide, pour la première fois du tournoi, de 5 bet light à tapis le joueur le plus agressif de la table. Il est au cut off et moi dans les blinds : une configuration classique et parfaite. J’ai à ce moment K-10 en main et suffisamment de profondeur pour le faire passer sans problème. Alors que je pars à tapis, mon adversaire prend sa tête à deux mains ; il est en difficulté. Je pense alors avoir à faire à JJ, ou 1010 qu’il devrait logiquement pouvoir folder sans problème. Mais après quelques minutes de réflexion et après avoir pris une grande inspiration, il décide de payer avec QQ.
Je ne suis pas couvert et à l’issue de cette rencontre 30/70 que je vais forcément regretter (on regrette toujours les moves qui ne passent pas mais on se congratule de ceux qui passent…), il me reste encore un petit tapis de 200k qui disparaitra sur un banal flip quelques mains plus tard. Dommage, car si je double, je reviens bien dans la course…
Je serai donc finalement éliminé à la 48e place et c’est la tête pleine de regrets que j’irai chercher mon gain ; j’ai voulu gagner trop de jetons et trop vite. Grave erreur que d’être pressé de gagner … Ca me servira de leçon.
Hélas, ce n’est pas à l’EPT de Madrid que je vais pouvoir mettre la leçon en pratique… Je vais en effet sauter en fin de Day 1 après avoir eu toute la journée des jetons. Sauf que la dernière rencontre sera fatale : brelan de 3 contre backdoor pique contre le gagnant de l’EPT Berlin. J’aurais surement du raiser au turn à tapis pour protéger ma main mais quand je décide de le piéger,(il était over aggro) il n’a que 15% de chance de s’en sortir river. Et je sais qu’il va push de toute façon river ; j’ai donc fait le choix de le piéger pour tenter de gagner plus mais le piège s’est finalement retourné contre moi…
A l’heure du bilan, je reste évidemment un peu sur ma faim mais je compte bien faire un festin à Vegas dans les deux prochains mois ! Vivement les WSOP !
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