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Au terme d'un feuilleton épique - et symbolique d'une crise sans précédent dans l'industrie du jeu -, l'un des nouveaux projets phares de Las Vegas, le complexe Fontainebleau, pourrait être bradé dans les semaines qui viennent.
Au départ, l'histoire s'annonçait belle : un projet d'hôtel-casino ambitieux et ultra luxueux, démontrant une démesure habituelle pour la capitale mondiale du jeu. Le Fontainebleau, occupant 10 hectares sur le célèbre Strip, en face du Circus-Circus, devait comporter un hôtel de 3 800 chambres, un casino s'étendant sur 9 000 m2, une salle de spectacle de 3 200 fauteuils et quelques 37 000 m2 dédiés à l'hébergement de salons et conférences, le tout agrémenté de 24 bars et restaurants. Un projet pharaonique, estimé à plus de 3 milliards de dollars.
Démarrée début 2007, en pleine euphorie immobilière, la construction du complexe doit s'étendre sur plus de deux ans, avec une ouverture prévue en 2010. Mais la crise financière change la donne - et anéantit les ambitions des promoteurs.
Au printemps 2009, le principal pourvoyeur de fonds de l'opération, Bank of America, cesse d'assurer le financement. Le chantier, finalisé à 70%, est brutalement arrêté et, en juin dernier, la société devant opérer l'hôtel-casino se déclare en faillite. Depuis, les incertitudes planent sur l'avenir de ce qui devait être l'un des nouveaux fleurons du Strip. La tour principale de l'hôtel, de 68 étages, culmine sur un chantier fantôme où plus rien ne bouge.
 Le chantier, il y a un an http://www.flickr.com/photos/lawrence_chernin/ / CC BY-NC-ND 2.0
En octobre, tandis que le projet semble voué à l'abandon, un nouvel acteur fait son entrée. Penn National Gaming, une société qui opère déjà 19 casinos et plusieurs champs de course aux Etats-Unis mais ne possède rien à Las Vegas, se dit prêt à racheter l'ensemble - terrain et constructions partielles - pour 300 millions de dollars. Le chiffre paraît élevé, mais est en fait dérisoire : environ le tiers de ce que valait le terrain nu deux ans auparavant, sans compter les 2 milliards de $ engloutis dans les travaux.
Début novembre, plusieurs des sous-traitants ayant participé à la construction s'associent pour trouver une solution financière permettant de finaliser le projet. Mais Penn persiste et signe. Le 17 novembre, l'entreprise fait une offre officielle de rachat, à 100 millions de dollars (dont 51 millions en avance de crédit). L'offre, qui représente à peine un vingtième de ce qu'à coûté le projet, est considérée comme une première enchère, d'autres acquéreurs potentiels pouvant surenchérir avant le 15 janvier prochain. Si ce n'est pas le cas, Penn disposera alors d'un bel emplacement sur le Strip, mais devra encore débourser plus d'un milliard de dollars pour finaliser le Fontainebleau.
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