|
Ce mois de février a amené une vraie révolution dans ma vie : j’ai enfin un appartement en Europe, un endroit pour rassembler mes affaires ! En effet, cela faisait plus que 4 ans que je voyageais de poker room en poker room avec ma valise pour seule maison, le tout en faisant escale à Las Vegas où je réside quelques mois par an. Sans Domicile Fixe pendant 4 ans. Alors évidemment, SDF de luxe qui vogue d’hôtels en Palaces mais SDF quand même.
J’ai donc débarqué à Londres le 3 février avec la ferme intention de pouvoir enfin vider ma valise, trier les innombrables papiers qui dormaient dans le fond de mon sac et enfin ré-apprendre à me servir d’une cuisine et d’une machine à laver entre deux tournois. Les propriétaires londoniens n’étant en rien ceux de Paris, j’ai emménagé deux jours plus tard. Le tout sans aucune autre caution que "Bonjour, je m’appelle Fabrice Soulier et je suis joueur de poker." Incroyable ! J’ai même eu droit à un petit mot sympa de ma proprio : "Oh vous savez, par les temps qui courent, je préfère louer à un joueur de poker qu’à un banquier !" Amusant…
 La vue depuis ma terrasse : de la hauteur mais pas de soleil...
Mais le fait de m’installer ne m’a pas empêché de partir quelques jours à Madrid, afin de participer à un week-end d’intégration et de coaching pour les 10 nouvelles recrues de Live The Dream : un moment très sympa, avec les joueurs de la Team. Ils ont eu droit à une super séance de mental training et coaching avec mon pote Stéphane Matheu, maintenant coach d’ElkY, qui s’est déplacé spécialement pour l’occasion, à des entretiens individuels ("Toi, ton point fort, c’est ça, il faut que tu joues dans tel tournoi") et, bien évidemment, les soirées madrilènes, avec tapas, mojitos et bonne ambiance !
Et rien à faire, impossible de rester ensuite dans mon nouvel appart’, et ce, malgré la vue superbe sur la ville que j’ai depuis le 8e étage. J’ai repris l’avion quelques jours plus tard pour Las Vegas, appelé par des démarches administratives, par le soleil du Nevada, les 20° et BBQ au bord de la piscine et bien sûr aussi par les tournois au programme : le NAPT à 5 000$ du Venitian puis le WPT de Los Angeles quelques jours plus tard. Le temps de me remettre du décalage horaire, j’ai commencé mon tour de chauffe lors du Deepstack Extravanganza avec quelques petits tournois à 350$ (NLHE) ou 560$ (HORSE), qui ont rassemblés respectivement 430 et 100 joueurs – d’où ma participation-.
En fait, j’aime assez jouer ces petits events, et ce, même si j’ai toujours du mal à me motiver pour m’inscrire (le fait que des amis s’y inscrivent aussi y fait toujours beaucoup). Car je joue sans aucune pression de près comme de loin et saute sans aucun regret ni amertume, même après que ma paire d’as se soit faite craquer à la bulle par une paire de 6 à tapis préflop dans un pot énorme. Et une part de moi se dit bêtement que si ça m’arrive là, ça ne m’arrivera pas d’ici quelques jours dans les beaux tournois que j’ai au programme, non ?
Et ce genre de légèreté fait du bien. Surtout quand on rejoint après les potes dans un bon resto des environs, à siroter des cocktails et se marrer. A propos de pote, celui qui vient de scorer un joli coup, c’est David Benyamine, qui a remporté la finale du PartyPoker Premier League IV. Du coup, nous sommes allés diner au Yellowtail, le très bon restaurant Japonais du Bellagio, puis petit tour en boite pour fêter cette jolie victoire, au Haze, la nouvelle boite de l’Aria ou nous avons retrouvé une bande de français et françaises de passage à Sin City. Inauguration officielle du spectacle Elvis du Cirque du soleil avec des danseurs et acrobates dans la boite. Décidemment, c’est très difficile la vie d’un joueur…
 Paysage typique à l'entrée des boites de Vegas : filles super apprêtées avec faux cils, faux seins, faux cheveux, faux ongles et souvent, fausse carte d'identité (l'entrée est interdite aux moins de 21 ans)
Après cette chouette soirée, les choses sérieuses du coté du poker ont commencé et au moment où je finis d’écrire cette chronique je viens de terminer la première journée du NAPT au Venetian. Avec un buy-in de 5000$, pas loin de 900 joueurs et une structure similaire à celle des EPT, il était très intéressant de comparer, après Deauville il y a quelques semaines, la différence de style entre les joueurs américains et ceux du circuit européen.
 Le premier jour du NAPT m'a demandé pas mal de concentration
Je me suis retrouvé à la table de Shaun Deeb, Burt Boutin, Paul Wasicka et 3 très bons joueurs du net et il n’était pas facile de trouver des bons spots. Si en Europe, les tapis volent au moindre tirage, ici, les coups aux tables étaient beaucoup plus mesurés et réfléchis ; je me suis presque endormi tellement ma table a joué serré pendant les 4 premiers niveaux. Personne n’était là pour donner son argent et chacun défendait ses jetons comme la prunelle de ses yeux. J’ai quand même finis ma journée avec plus du double du tapis initial et je me sens d’attaque pour la suite. RDV le mois prochain pour la suite du NAPT et du WPT Los Angeles avant le retour en Europe jusqu’aux WSOP !
Les commentaires sont strictement réservés aux membres du site. |