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Les joueurs de légende : Jack Strauss, un géant


Portraits
Par David Poulenard   
Mardi, 10 Février 2009 11:56

A l’instar de nombreuses légendes du poker, Jack était originaire du Texas où il naquit en 1930. Dès les années 50, il sillonne l’état à la recherche des plus grosses parties de cash game, croisant alors les routes de Doyle Brunson, Amarillo Slim ou Johnny Moss. Il devint rapidement un des "Rounders" les plus respectés, certainement un des plus craints à cause de son talent évidemment mais aussi grâce à son exceptionnelle créativité qui aurait fait passer le plus agressif des Scandinaves du net pour un paisible retraité tendance serrure de coffre-fort…

Epicurien, viveur et surtout gambleur invétéré, Jack pariait absolument sur tout, en particulier sur les sports, discipline dans laquelle il engageait des sommes considérables avec parfois une vraie réussite. Cultivé, brillant, le gentil géant avait gardé de sa très brève expérience de professeur d’université la barbe et les lunettes ainsi qu’une passion pour Ernest Hemingway dont il allait plusieurs fois suivre les traces.

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Fantastique joueur de cash game, Jack Strauss a néanmoins remporté deux bracelets lors des WSOP, un Deuce to Seven en 1973 et surtout le main event en 1982, gagnant finalement le tournoi après une remontée extraordinaire. Lors du premier jour, Strauss perdait un pot énorme à l’issue duquel il ne lui reste plus qu’un jeton de 500. La légende est en marche, donnant naissance à l’expression "one chip one chair"…
Son exceptionnel come back l’amènera en table finale où il dominera notamment Doyle Brunson, Sailor Roberts, Berry Johnston et en dernier ressort Dewey Tomko avec A10 contre A4.

Mais c’est en cash game, que l’atypique géant, au look seventies unique, donnait le meilleur de lui-même, tyrannisant ses adversaires, adepte de la sur relance systématique il aurait gagné plus de 5 millions de dollars. Une autre légende circule à propos de sa formidable créativité, il s’agit peut être du bluff le plus abouti de l’histoire, une maîtrise de la psychologie d’une subtilité remarquable.

Lors d’une onéreuse partie de No Limit, "Tree Top", particulièrement en réussite, décide de relancer quelque soit ses cartes. Il ne change rien à son projet lorsqu’il découvre sa main, 72.
Un seul joueur, particulièrement solide, le suit et les deux adversaires découvrent ensemble un flop plutôt intéressant pour Jack : 7 3 3.
Celui-ci mise sans hésitation, mais son adversaire effectue une conséquente sur-relance. Strauss sait qu’il est battu, son rival ayant forcément une grosse paire en mains, cependant il décide de payer, certainement pour figurer un 3.
Le turn, un 2, est une fausse bonne carte qui n’apporte rien à Jack Strauss, l’autre joueur détenant déjà deux paires supérieures. Rien, pas sur ! Elle lui offre une idée lumineuse, il décide de faire une énorme mise plongeant ainsi le joueur au profil tight dans une interminable réflexion. Profitant de ce trouble, Jack propose alors de lui montrer une carte de son choix en échange d’un jeton de 25$. L’autre accepte et choisit une carte qui s’avère un 2 ; après une nouvelle réflexion il décide enfin de jeter sa grosse paire, persuadé que Strauss ne peut avoir en mains qu’une paire de 2…

jack_straussLorsqu’il disparaît en 1988, victime d’une crise cardiaque à une table de poker, c’est une légende qui s’éteint, une des dernières figures mythiques du poker des Rounders. Quelques semaines plus tard, il sera d’ailleurs admis dans le "hall of fame" du poker.

Génie, personnage atypique à la démesure exceptionnelle, Jack Strauss avait pourtant un gri-gri qu’il ne quittait jamais à une table de poker. Oh bien sur, il ne s’agissait pas d’un simple jeton de casino, ni d’un Goldorak ou d’une ridicule patte de lapin, Strauss, lui, portait autour du coup une patte de lion tué lors d’un safari dans les pas d’Hemingway.

Imaginez la scène, vous êtes à une table de poker et un type barbu, les cheveux longs, mesurant de plus de 2 mètres, pesant un quintal, vous a relancé pour des dizaines de milliers de dollars. Avec votre top paire, vous ne savez que faire, vous tentez de l’observer, mais le géant vous fixe de son regard sombre. Vous baissez les yeux et découvrez alors sur un torse velu dévoilé par une chemise col « pelle à tarte » grande ouverte…une véritable patte de lion !

Géant.



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David'lion'Poulenard




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