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Coupe du monde de foot et WSOP : deux mondes à part ?


Zooms
Par David Poulenard   
Vendredi, 25 Juin 2010 11:36

Bien sur, la médiatisation de la coupe du monde de football est infiniment supérieure aux WSOP. A part peut-être les Jeux Olympiques d'été, aucun événement mondial ne revêt une telle importance et ne bénéficie d'un tel engouement. Ce sont plusieurs milliards de spectateurs qui vont suivre avec ferveur le parcours de leur équipe nationale au son des vuvuzelas.

En comparaison, les WSOP restent confidentiels. Trois tournois seulement bénéficieront d'une retransmission -décalée- sur ESPN et il faudra encore qu'un Français réalise l'exploit d'atteindre la finale du Main Event pour que les journaux télévisés daignent en dire un mot. Mais qu'importe, pour les passionnés de poker, qui sont de plus en plus nombreux, la Grande Messe des World Series demeurent un événement incontournable.

Les fans de foot ont presque tous à un moment de leur existence tapé dans le cuir, que ce soit dans la cour de leur école ou le club de leur village, rêvant secrètement d'inscrire le but victorieux à la dernière seconde de la finale qui vengerait les bleus d'Hidalgo et propulserait Harald Schumacher à terre. Tout comme les joueurs de poker rêvent de battre Phil Ivey ou Doyle Brunson lors du Heads-Up du Main Event et ce pas uniquement pour les 8 ou 9 millions de dollars en jeu.

Pourtant nous savons tous que jamais nous ne jouerons la coupe du monde de foot, alors que même les joueurs de poker qui ne disputent que des sit n go à 1 dollar espèrent un jour se qualifier pour les WSOP... C'est peut-être une des premières différences, nous soutenons les tricolores qui jouent la coupe du monde car ils nous représentent et nous soutenons les Français qui disputent les Series car, un jour, nous espérons être à leur place !

 

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Ivey (avec Jack Binion) a la main sur le coeur (lui) pendant l'hymne américain...

 

Si ces deux événements présentent au premier abord certaines similitudes : appellation de championnats du monde, hymnes nationaux depuis l'année dernière, compétition se tenant simultanément en juin-juillet, organisation monumentale et proche de la perfection, de nombreuses différences existent.

Les chiffres qui circulent pour la coupe du monde de football en Afrique du Sud laissent songeur. Environ 2,3 milliards de dollars d'investissement, près de 3 millions de spectateurs attendus, 30 milliards de téléspectateurs cumulés, 2,1 milliards de droits cumulés pour cette édition. Ou encore près de 3 000 stadiers encadrant les spectateurs.

A coté les WSOP font figure de parent pauvre. ESPN a signé une prolongation du contrat le liant aux WSOP jusqu'en 2018, pour un montant inconnu très largement inférieur aux sommes acquittées pour le football. Le nombre de spectateurs ayant suivi les WSOP 2009 aux Etats-Unis est estimé à 82 millions et plafonne à 150 millions pour l'ensemble de la planète. Et il reste encore du travail avant que des fans acceptent de payer pour s'installer dans les tribunes pour suivre une table finale. Aujourd'hui quand une centaine de spectateurs suivent une finale, c'est généralement qu'un des protagonistes a une famille nombreuse...

Mais les WSOP peuvent présenter des chiffres impressionnants eux aussi. En 2009 le prizepool cumulé a dépassé les 170 millions de dollars et 60 875 joueurs ont tenté de décrocher un bracelet. 980 croupiers officient, accompagnés de dizaines de floors, de centaines de serveurs et d'innombrables masseuses. Et l'événement a indiscutablement une portée planétaire puisque 124 nationalités sont représentées.

Il existe une autre différence de taille entre les deux compétitions et plus généralement entre le football et le poker. Si dans le poker les joueurs les plus titrés et les plus charismatiques bénéficient du statut de star, cela ne dépasse pas les frontières des fans de la discipline. Idem pour le sponsoring, les têtes d'affiche du poker ont de confortables contrats mais uniquement avec des pokerrooms. Leur notoriété n'a pour l'instant pas encore franchi les frontières du grand public et le nom des plus grands reste encore inconnu de la ménagère de moins de 50 ans. Que cela change, qu'un jour les grandes compagnies internationales s'intéressent à des joueurs de poker, qu'une société comme L'Oreal sponsorise un Fabrice Soulier et le destin du poker et de sa compétition-phare évoluera fortement, bénéficiant d'un afflut d'argent extérieur et surtout d'une exposition médiatique largement supérieure. La récente signature de l'emblématique ElkY avec le groupe Lagardère Unilimited pourrait cependant modifier rapidement la donne.

 

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Dans le poker, les bleus ont de nombreux et enthousiastes supporters


Evidemment cet exercice de comparaison est vain, les deux événements sont en réalité trop différents. Plus que les chiffres ou le traditionnel débat pour savoir si le poker est un sport ou non, la différence réside avant tout dans l'aspect individuel du poker. Chaque joueur joue avant tout pour lui-même, il ne représente qu'indirectement son pays, n'est pas là parce qu'il a été sélectionné pour son talent mais parce qu'il acquitte un buy-in. Dans le football, un tricolore est investi d'une mission, il porte le maillot bleu (pour la France) et joue autant pour lui que pour l'équipe et pour son pays. Les événements récents entourant l'équipe de France auraient tendance à infirmer ces quelques lignes, mais dans l'histoire de la coupe du monde de foot, il s'agit avant tout d'un phénomène rare qui, même s'il restera comme un sommet du ridicule, devrait demeurer un événement exceptionnel.

L'engouement pour le poker va croissant, en France et dans le monde, mais je doute que des millions de personnes déferlent sur les Champs-Elysées (à part quelques dizaines pour se rendre à l'ACF) ou sur les grand-places des autres villes de l'hexagone si un Français venait à gagner le Main Event.

Malgré tout, les World Series Of Poker restent une compétition unique, à nulle autre comparable, qu'il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie pour que sa folie, son gigantisme et sa frénésie vous emportent. Quant au poker de compétition, notamment pendant les WSOP, il fait vivre des moments d'une intensité rare en tout point comparable au sport de haut niveau.



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