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Vendredi noir : état des lieux, analyses et spéculations


Dossiers
Par David Poulenard   
Mercredi, 20 Avril 2011 10:24
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Parmi tous les actes d'accusation portés à l'encontre des trois opérateurs (PokerStars, FullTilt et le duo Absolute-UB), celui concernant les techniques de fraude financière imaginées par les compagnies incriminées est le plus spectaculaire et risque d'être le volet d'accusation le plus sévère dans l'arsenal juridique du DOJ (le département de la justice américain, NDLA).

 

vendredi_noir

 

La caractéristique principale de l'Unlawful Internet Gambling Enforcement Act (UIGEA), la loi promulguée en 2006 prohibant la pratique du poker en ligne sur le sol américain, était d'interdire toutes transactions financières entre les établissements bancaires et les salles de jeux en ligne. Le poker en ligne est ainisi devenu illégal aux Etats-Unis, mais les compagnies ont continué leurs activités sans être inquiétées juridiquement ou sans que l'accès Internet ne soit limité. Les législateurs pensaient que bloquer toutes formes de transactions financières entre joueurs et opérateurs de poker en ligne suffiraient à endiguer la pratique du poker.

Mais les principales sociétés concernées ont rapidement réagi en imaginant un panel de techniques pour contourner cette forme de blocage.

Les techniques :

. La création de fausses compagnies. Afin que les processus de paiement par cartes de crédit soient acceptables par les banques américaines, les majors ont créé de fausses compagnies (magasins de golf, d'accessoires, de bijoux, etc.) utilisant des codes de transactions associés et factices. De nouveaux établissements fictifs étaient régulièrement crées pour remplacer ceux qui étaient repérés par les banques.

. L'utilisation de cartes prépayées, comme les cartes téléphoniques, pour approvisionner les comptes et créditer les gains des joueurs. La technique était identique, codes frauduleux et compagnies fictives.

. Les chèques et chèques électroniques. Là-aussi, de fausses compagnies étaient créées et utilisées, avec des raisons sociales fantaisistes, pour utiliser des comptes bancaires aux USA. Une technique générant des frais financiers substantiels pour les salles de poker en ligne et du personnel spécifique pour répondre aux incompréhensions et aux appels des joueurs lorsqu'ils consultaient leur relevé bancaire et découvraient des intitulés inconnus associés à leurs dépôts et encaissements.

. Ces techniques étaient coûteuses en hommes et en moyens, impliquant la création et la gestion permanente de nouvelles sociétés pour remplacer celles qui étaient découvertes, les opérateurs accusés ont alors progressivement élaboré une nouvelle stratégie plus ambitieuse. Plutôt que de mettre en place des sociétés écrans pour abuser les banques, les responsables ont pris la décision d'inciter certains établissements bancaires en grande difficulté financière à contourner la loi UIGEA en acceptant les transferts financiers. Deux tactiques complémentaires ont été utilisées pour y parvenir : investir dans ces banques en déroute et corrompre financièrement certains de leurs cadres.

Cette dernière stratégie, évidemment la plus efficace pour les salles de poker, constitue le principal point d'accusation retenu par l'administration américaine puisqu'il ne s'agit plus seulement d'organisation de jeux illégaux, mais de corruption généralisée, de techniques de blanchiment d'argent et de fraudes financières caractérisées, avec des méthodes utillisées jusqu'alors d'avantage par des organisations de type maffieux que par des multinationales reconnues.

Il convient de rappeler avant de jeter la pierre à PokerStars, FullTilt, ou Absolute (qui a déjà suffisamment de casserolles pour que son éventuelle disparition n'attriste personne) que peu de temps avant la régulation française, ces mêmes techniques (codes de transaction bidons, etc) étaient utilisées par quelques opérateurs agissant dans l'hexagone. La principale pokerroom concernée ayant acquis depuis la régulation une nouvelle virginité et des parts de marché significatives il serait stérile de dévoiler des noms, néanmoins cela prouve que, quelque soit le pays, des négociations bien menées peuvent changer la donne et que le destin de FullTilt et PokerStars n'est peut-être pas définitivement noir.


Les accusations :

Acte 1: Conspiration afin de violer les dispositions de l'UIGEA
(accusés: Bitar, Burtnick, Lang, Franzen, Rubin, Elie, Campos)

Acte 2: Violation substantielle de l'UIGEA (impliquant PokerStars)
(accusés: Tom, Beckley, Lang, Franzen, Rubin, Elie)

Acte 3: Violation substantielle de l'UIGEA (impliquant Full Tilt Poker)
(accusés: Scheinberg, Burtnick, Tate, Lang, Franzen, Rubin, Elie, Campos)

Acte 4: Violation substantielle de l'UIGEA (impliquant Absolute Poker)
(accusés: Tom, Beckley, Lang, Franzen, Rubin, Elie)

Acte 5: Entreprise de jeu illégale (impliquant PokerStars)
(accusés: Scheinberg, Burtnick, Tate, Lang, Franzen, Rubin, Elie, Campos)

Acte 6: Entreprise de jeu illégale (impliquant Full Tilt Poker)
(accusés: Bitar, Burtnick, Lang, Franzen, Rubin, Elie, Campos)

Acte 7: Entreprise de jeu illégale (impliquant Absolute Poker)
(accusés: Tom, Beckley, Lang, Franzen, Rubin, Elie)

Acte 8: Conspiration afin de commettre des fraudes bancaires
(accusés: Scheinberg, Bitar, Beckley, Burtnick, Tate, Lang, Franzen, Rubin, Elie)

Acte 9: Conspiration pour commettre du blanchiment d'argent.
(accusés: Scheinberg, Bitar, Beckley, Burtnick, Tate, Lang, Franzen, Rubin, Elie, John Campos)

Ces actes d'accusation sont susceptibles d'engendrer des peines de prison allant de cinq à trente années (pour l'acte n°8, le plus délictueux), et des amendes cumulées représentant un total près de 4 milliards de dollars.

En plus des amendes, la justice américaine a entrepris des saisies conservatoires sur les actifs des majors (1,5 miilards en ce qui concerne PokerStars, 1 milliard pour FullTilt et 500 millions de dollars pour Absolute).

 

absolutepoker-fbi

 

Quelques soient les actifs financiers détenus par les groupes accusés, notamment PokerStars et FullTilt, puisque d'après tous les spécialistes Absolute ne devrait pas se relever, les sommes en jeu et la gravité des actes d'accusation portés sur les personnes physiques sont telles que l'avenir et le fonctionnement des deux groupes sont menacés en dehors-même des frontières américaines. Avec la saisie des avoirs financiers, des comptes bancaires, le démantélement des sociétés de commandite, des holdings et les menaces juridiques qui pèsent dorénavant sur les cadres de ses sociétés, le fonctionnement et le management de PS et FT vont s'avérer particulièrement délicats dans les semaines à venir. Et celà même si les filiales des deux entités exerçant sur les marchés régulées ne sont pas juridiquement visées et vont pouvoir continuer leurs activités.


Pourquoi ce soudain déchainement de la justice américaine ?

Rien de nouveau depuis 2006, il y a maintenant près de cinq ans que la loi est contournée par de nombreux opérateurs de jeu (et pas seulement les trois impliqués) sur le marché américain. Il semble nécessaire de se demander pourquoi, alors que de nombreux pays occidentaux sont dans une phase de légalisation encadrée des jeux en ligne, les instances fédérales ont décidé ce spectaculaire "coup de torchon" ?

. les délais nécessaires à l'enquête et l'instruction. L'importance de la fraude était telle que les enquêteurs ont forcément eu besoin de temps pour identifier suspects, processus utilisés, complicités éventuelles, banques incriminées, fonctionnement des sites accusés. Repérer et identifier les succursales, filiales, comptes bancaires off shore, organigrammes, dans le labyrinthe des paradis fiscaux est d'une complexité totale et de longues investigations ont inévitablement été nécessaires.

. l'arrestation et la coopération de Daniel Tzvetkoff. Ce financier spécialisé dans les transferts de fonds par le biais de sociétés fictives, dont les opérateurs ont très largement utilisé les compétences, a été interpellé par le FBI début 2010 avant d'être relaché quelques mois plus tard et de bénéficier depuis du programme de protection de témoins habituellement utilisé dans des enquêtes criminelles. Les révélations qui ont pu être faites par le suspect auraient fourni de précieux éléments aux enquêteurs pour comprendre le fonctionnement des sites de poker et leurs "astuces" pour contourner la loi. Les investigations autorisées grâce à sa coopération terminées, le FBI a pu lancer les grandes manoeuvres. A noter que le témoignage de Tzvetkoff ne sera en aucun cas favorable aux majors, puisque son arretastion émane directement de plaintes formulées par celles-ci puisque

. politique, justice, caractéristiques de l'état fédéral, lobbying et prépartion d'une possible régulation contrôlée du poker en ligne. C'est évidemment le volet le plus nébuleux de l'affaire pour qui connait les spécificités américaines en matière de justice et d'administration. A un an des élections présidentielles américaines, alors que les partisans et opposants d'une éventuelle légalisation du poker en ligne s'affrontent à fleurets non-mouchetés, que les états et politiques favorables à celle-ci utilisent le lobbying intensivement et que les adversaires d'une légalisation n'entendent pas abdiquer, il est impossible de savoir qui est derrière l'action gouvernementale et pourquoi ? Est-ce une intiative individuelle d'un procureur ambitieux ? Une volonté politique des plus hautes instances décidées à sonner la fin de la récré pour les fraudeurs ? Et dans quel but ? Durcir la position des Etats-Unis sur le poker en ligne ou au contraire préparer le terrain à une éventuelle légalisation contrôlée après avoir préalablement sorti du terrain de jeu les principaux contrevenants ?

. assainir le marché avant de légiférer sur une régulation à "l'européenne". D'après plusieurs sources bien informées, il semblerait que l'on s'achemine vers ce scénario. Même s'il ne s'agit aujourd'hui que d'hypothèses, de nombreux éléments permettent de penser que les Etats-Unis envisagent d'encadrer le poker en ligne et de le "légaliser". La généralisation de cette tendance dans de nombreux pays développés de la planète, le nombre important de joueurs américains (et donc d'élécteurs) pratiquants et la formidable manne fiscale et financière qui serait générée par une légalisation ne sont certainement pas étrangères à cette volonté.


Etat actuel des choses

Les choses n'ont pas réellement évoluées depuis le "black friday". Les noms de domaine de PokerStars, FullTilt et Absolute ont été saisis par le FBI, tout comme la majorité de leurs actifs (75 comptes bancaires appartenant aux trois sociétés auraient déjà été saisis), les joueurs américains ne peuvent plus y accéder. Pour poursuivre leurs activités dans les autres pays non-régulés, PokerStars a transféré ses activités sur le .eu et FullTilt sur le .co.uk. Les trois opérateurs se sont retirés du marché américain mais continuent leurs activités sur le reste de la planète. Plusieurs annonces ont été faites pour rassurer les joueurs, les comptes (hormis aux Etats-Unis) ne sont pas bloqués et les dépôts de chaque joueur sont effectués sur des comptes séparés nominatifs, permettant à chacun d'y avoir accès à son gré. Il conviendra de voir quels vont être les délais nécessaires pour traiter les nombreuses demandes de retraits effectuées par les joueurs paniqués de par le monde et quelles seront les réactions de la communauté poker si ceux-ci s'avèrent anormalement longs. Quant aux comptes des joueurs américains, l'action du DOJ n'est pas dirigée contre eux, rien n'indique qu'ils ne récupéreront pas leur argent a terme, mais la procédure risque d'être longue et incertaine.

 

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En ce qui concerne la France, les risques sont minimes pour les joueurs. Les sites continuent de fonctionner librement et bénéficient d'un agrément qui se révèle protecteur. Ce sont des sociétés filiales indépendantes et même si leur maison-mère sont dans la tourmente elles peuvent -en théorie et dans l'immédiat- continuer leur activité. Les retraits et dépôts (qui a envie d'en faire actuellement sur PS et FT ?) se déroulent normalement. Une inquiétude cependant, la loi de régulation n'impose pas aux opérateurs en ligne de garantir les fonds des joueurs. Une étrangeté incompréhensible dans l'élaboration d'une loi dont le but premier était de garantir les individus...

Deux menaces planent à terme sur l'activité de FullTilt et PokerStars dans l'hexagone :

. si les actions menées par le FBI rendaient les processus de management et de gestion des deux sociétés trop complexes, leur fonctionnement pourrait devenir impossible et ce même pour des succursalles semi-indépendantes opérant en toute légalité sur un marché régulé.

. l'agrément respectif de FT et PS pourrait être rapidement remis en cause par l'ARJEL. Les accusations portées sur les deux firmes sont graves et en ces temps de coopération entre états, notamment pour lutter contre le blanchiment d'argent et la fraude financière, il n'est pas certain que Paris voit d'un bon oeil ces établissements prospérer en toute tranquilité sur le sol national et ce d'autant plus que quelques concurrents proches du pouvoir pourraient être tentés d'intervenir discrètement dans ce sens...

Les premiers chiffres sur l'affluence internationale des pokerrooms post black friday :

PokerStars : – 25%
Full Tilt Poker : – 48%
Cereus Network ( Abolute Poker ) : - 39%
Merge Gaming Network : + 23%
Bodog:  + 26%
Cake Poker Network : + 19%
Everleaf Gaming Network : + 8%
PartyPoker : +9%
iPoker Network:  + 4%
Ongame Network : pas d'évolution significative
888Poker : + 5%
PKR : + 21%

FullTilt est le gros perdant, une situation logique puisque le groupe n'a pas autant diversifié à l'étranger ses activités et sa communication que son principal rival. Le principal bénéficiaire est Bodog qui a pris le risque de poursuivre ses activités outre-atlantique, déployant avec diligence d'importants efforts de communication pour récupérer sans délais les joueurs exclus des trois sociétés interdites. Une politique payante, mais risquée... Dans la foulée, certains opérateurs, à l'instar de Victory Poker, ont préféré prudemment renoncer à accueillir les joueurs américains.


Hypothèses et spéculations :

Le traumatisme intervenu lors de ce vendredi noir du poker en ligne risque de ne pas seulement concerner les trois groupes actuellement dans le viseur de la justice américaine. Ce sont des secteurs entiers de l'industrie du poker qui sont menacés, les médias qui bénéficiaient des largesses en matière de communication de ces généreuses sociétés, les journalistes, bloggueurs, les sites d'information, les émissions de télé et leur personnel, les tournois, leurs organisateurs, les casinos les accueillant, les joueurs sponsorisés dont les contrats risquent d'être annulés sine die, les joueurs professionnels dont les bankrolls sont provisoirement séquestrés, etc. Autant d'acteurs importants de la filière poker dont l'avenir s'inscrit dans l'incertitude totale.

- L'avenir de PokerStars : des trois opérateurs, PokerStars est celui a qui le DOJ réclame le plus d'argent (1,5 milliards), mais paradoxalement il s'agit de l'entreprise qui présente les chances de survie les plus importantes. Leader du marché depuis 2006 et le retrait de PartyPoker des Etats-Unis, la marque au pique rouge a eu le temps d'engranger un cash flow conséquent, d'assoir sa notoriété sur la planète poker et de s'implanter sur tous les continents. Commercialement et financièrement, l'opérateur absorbera sans grosses difficultés la perte du marché américain, mais comme pour ses deux concurrents, la vraie question est de savoir si l'entreprise conserve la capacité à fonctionner normalement après les actions intentées par l'administration américaine.

- L'avenir de FullTilt : la compagnie est assez grosse pour espérer survivre sans les joueurs américains et sa santé financière est, elle-aussi, florissante. Mais son avenir est plus incertain, en premier lieu car il semblerait que FT soit la société la plus visée par le FBI ensuite car FT avait beaucoup moins axé son développement sur d'autres marchés que son rival. Contrairement à PokerStars qui appartient en majorité à une seule personne, Isai Scheinberg, FT est détenu par un consortium d'actionnaires dont Raymond Bitar, le boss, mais aussi par quelques uns des joueurs les plus emblématiques du circuit (Howard Lederer, Chris Ferguson, Phil Ivey, principalement). Une opacité dans les arcanes de prise de décision qui risque de rendre complexe la gestion de crise et d'inciter certains à quittter le navire. La présence des joueurs-vedettes sera néanmoins un atout si l'opérateur parvient à survivre aux actions du FBI. Si les Ivey, Dwan, Hansen et consorts s'impliquent de nouveau afin de redynamiser le site, son rebond est assuré.

- L'avenir de Absolute (et Ultimate Bet par extension) : de l'avis de nombreux experts, cet opérateur ne devrait pas surmonter le choc. Présent presque exclusivement sur le marché américain, la fréquentation de sa salle de poker va subir une baisse énorme qui devrait décourager les joueurs issus d'autres pays. D'autre part, la réputation d'Absolute est déjà sérieusement entachée par les scandales à répétition qui ont accompagné son histoire et les finances de la société sont nettement moins saines que celles des autres. Autant de points négatifs qui laissent augurer de très sérieuses difficultés pour Absolute...

 

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Néanmoins et quelques soient la gravité des accusations portées sur les trois firmes incrimées et les menaces qui planent sur le poker en général, il est indispensable de rappeler qu'il ne s'agit que d'accusations et aucun cas d'une condamnation. Apporter les preuves associées aux accusations s'annonce un travail de longue haleine et les ripostes juridiques nombreuses. Un proces et/ou des négociations vont avoir lieu, ce sera âpre, violent et quoiqu'il advienne interminable. Les groupes accusés ne sont pas des PME mais de puissantes multinationales, disposant encore de moyens financiers et humains conséquents. De prestigieux cabinets d'avocats de Wall Street ont certainement passé leur week end à solliciter leurs meilleurs collaborateurs afin d'élaborer des stratégies de contre-attaque implacables. Une chose est sure, le feuilleton est loin d'être terminé et le combat s'annonce sanglant...

Commentaires (1)
Wuttke
...
Par IceCreal, April 20, 2011
Dossier très complet! Merci pour tous ces éclaircissements sur la situation David! ;)


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PLAYER OF THE YEAR FRANCE


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
752.535

2
Bruno
Lopes
530.445

3
David
Benyamine
528.491

4
Aubin
Cazals
489.855

5
Alain
Roy
467.549

6
Roger
Hairabedian
457.068

7
Paul
Guichard
418.656

8
Tristan
Clemencon
411.163

9
Eric
Sfez
405.595

10
Phillippe
Ktorza
376.967



Top 100 France


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
2759.03

2
Roger
Hairabedian
2155.08

3
Tristan
Clemencon
1713.59

4
Fabrice
Soulier
1646.57

5
Phillippe
Ktorza
1626.17

6
David
Benyamine
1617.73

7
Alain
Roy
1614.92

8
Bruno
Lopes
1609.56

9
Guillaume
Darcourt
1514.07

10
Ludovic
Lacay
1487.5