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Avant ce dénouement en apothéose, nous avions assisté à une finale de solide facture, même si les adversaires se sont le plus souvent contentés de jouer leurs cartes. La première véritable surprise aura été la faillite de la délégation scandinave, notamment celle du grand favori Michael Tureniec. Au poker les rushs sont seulement provisoires, c'est la constatation que fera inévitablement Turienec qui avait réalisé un one-man-show en septembre, se positionnant large chipleader avant cette finale. Après les éliminations de Henri Kettunen et Mika Puumalainen, relativement short-stacks, ce fût au tour du Suédois de s'incliner à une inattendue septième place. En quelques mains, en particulier une violente rencontre entre Q-Q et K-K, Michael Turienec était passé du statut de chipleader incontesté à celui de petit tapis en danger. Malgré une longue résistance, il allait finir par baisser pavillon, se contentant de 133 600€, loin, très loin, du million qui lui semblait destiné...
L'élimination du grand favori devait provoquer une longue période de flottement, amplifiée par l'importante profondeur de tapis offerte par la structure. Après trois heures sans sortant, une terrible confrontation allait opposer trois joueurs à tapis avant le flop : Jean-Paul Pasqualini qui avait commencé son ascension (Q-Q), Hassan Fares qui subissait le destin contraire après avoir occupé le fauteuil de chipleader (3-3) et l'excellent Wesley Pantling, qui lui n'avait pas touché une carte intéressante de la journée (10-10). La logique étant respectée, Fares et Pantling disparaissaient simultanément, offrant un énorme avantage à "el Korsico" et une brusque et rémunératrice augmentation des prix promis aux survivants.

Avec seulement quatre rescapés et la moitié des jetons en circulation entassée devant la place du Corse, on aurait logiquement pu penser que le combat allait continuer à ce rythme. Ce ne fût absolument pas le cas ; avec la disparition de Fares le joueur le plus actif et celle de Pantling, infatigable relanceur, la finale avait perdu deux de ses animateurs, laissant un boulevard aussi large que la Croisette à Pasqualini. Si Cedric Rossi manifestait parfois la volonté de ne pas se laisser dominer, Michel Janvier et surtout Gianni Giaroni jouaient repliés dans leur moitié de terrain... Giaroni en particulier nous faisait une démonstration de Catenaccio à l'italienne qu'aurait apprécié l'Inter d'Herrera en 1950 ! Une stratégie qui lui avait néanmoins permis, en touchant de bonnes mains, de resister un certain temps, mais qui allait vite montrer ses limites devant l'augmentation des blinds et l'activité de Jean-Paul Pasqualini.
Short-stack, Michel Janvier disparaissait ensuite à la quatrième place, laissant les trois derniers rescapés s'affronter pour la victoire. Enfin deux plus exactement tant l'Italien faisait preuve d'une absence d'initiative incompréhensible, semblant espérer l'élimination de Rossi et se contenter d'une éventuelle deuxième place. Sa sortie en troisième position intervenant néanmoins comme une sanction devant un tel attentisme !
Le soleil s'était levé depuis longtemps sur les rives de la Méditerranée lorsque les deux derniers combattants, blaffards et épuisés, se livrent l'ultime bataille. Cedric Rossi décide de relancer avec et Pasqualini défend sa grosse blind avec . Le flop est dangereux J-10-8, le Corse fait parole et suit le continuation-bet de son adversaire. La turn, un 3, offre un petit quelque chose à Rossi, qui choisit néanmoins de checker prudemment lui aussi. L'apparition du (qui offre des possibilités de couleur) provoque l'irréparable, Pasqualini checke à nouveau bien qu'ayant touché une quinte et Cedric Rossi, qui porte les stigmates d'une nuit blanche, tente le tout pour le tout en annonçant tapis. Après quelques secondes de réflexion, Jean-Paul Pasqualini finit par payer, s'adjugeant ainsi le pot et surtout un premier succès d'envergure sur le circuit.
 Un vainqueur fatigué mais heureux (c)Partouche
Une victoire méritée et incontestable, d'un joueur qui a pratiqué un poker remarquable tout au long de la finale, surmontant un départ difficile, évitant les balles avec justesse (notamment en abandonnant judicieusement A-K préflop contre A-A...) et prenant toujours les bonnes décisions. Jean-Paul Pasqualini obtient une consécration logique qui récompense une qualité de jeu indéniable et en laisse augurer d'autres...
Les résultats :
1. Jean-Paul Pasqualini : 1 000 000€ 2. Cedric Rossi : 606 700€ 3. Gianni Giaroni : 357 200€ 4. Michel Janvier : 262 400€ 5. Wesley Pantling : 211 800€ 6. Hassan Fares : 155 800€ 7. Michael Tureniec : 133 600€ 8. Mika Puumalanein : 118 700€ 9. Henri Kettunen : 102 300e
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