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High Stakes : l'escalade !

Zooms
Par David Poulenard   
Mercredi, 25 Novembre 2009 11:25

L'histoire est un éternel balancier, dans le poker comme ailleurs ! Alors que pendant des décennies l'essence de ce jeu provenait des parties de cash game, l'arrivée des sites Internet et de leur cortège de qualifiés sur le circuit, accompagnés d'une médiatisation croissante, ont projeté les tournois de poker au sommet de la hiérarchie. La victoire de l'anonyme Chris Moneymaker, puis quelques années plus tard celle de Jamie Gold et ses 12 millions de dollars remportés lors du main event des WSOP, ont fait rêver des millions de joueurs. Pour exister dans l'univers du poker, il était devenu nécessaire de remporter des titres et de se construire un palmarès !

Dans l'imaginaire collectif, les grosses parties de cash n'étaient plus qu'un moyen de financer ses buy-in ou le pretexte à des émissions populaires. Mais depuis quelques mois la tendance est en train de s'inverser, certains joueurs stars abandonnent les tournois et se concentrent sur les parties de cash game où les sommes jouées deviennent monstrueuses. Pourquoi passer des journées à disputer des tournois, dont la variance est énorme et les prix "dérisoires", alors qu'il suffit de quelques minutes pour remporter des pots de plus d'un million de dollars, dépassant souvent la récompense promise au vainqueur d'un tournoi international ?

 

plus_de_cash

La presse ne s'y trompe pas, l'apparition d'un joueur comme "Isildur1" a fait couler plus d'encre que la victoire surprise du jeune Joe Cada qui est pourtant devenu champion du monde de poker, encaissant huit millions de dollars a passage. Les combats stratosphériques auxquels se livrent les Dwan, Antonius, Ivey et consorts passionnent dorénavant autant -voire plus- les amateurs que les joutes qui se déroulent en tournois. Il faut dire que les cadors des High Stakes Poker font le nécessaire pour que leurs affrontements soient attractifs en battant quasi-quotidiennement de nouveaux records. Récemment deux pots dépassant le million de dollars ont ainsi été disputés entre Patrick Antonius et "Isildur1", qui serait un jeune joueur de 19 ans nommé Viktor Blom. Il y a seulement quelques mois, des pots de 500 000$ constituaient déjà des records, aujourd'hui ce sont des coups moyens dont plus personne ne parle... Les parties avec des blinds à 500/1000$ se sont généralisées et il n'est pas rare de voir deux joueurs s'affronter avec des stacks dépassant allégrement 500 000$.
Parrallèlement dans le confort feutré et moins médiatisé de la Bobby's Room et des autres salles de poker en dur, des parties de cash game colossales se déroulent dans une relative discrétion.

 

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Patrick Antonius se concentre dorénavant sur le cash game.


Il n'est donc pas surprenant que certains des meilleurs spécialistes aient annoncé clairement leur désintérêt pour les tournois. Patrik Antonius a été le premier à franchir le pas officiellement, mais d'autres adoptent une ligne de conduite identique délaissant de plus en plus fréquemment les compétitions. Il est aujourd'hui rare de croiser sur le circuit des joueurs du calibre de Gus Hansen, Tom Dwan, Brian Townsend ou des frères Dang et lorsque parfois, dans le cadre d'un tournoi plus prestigieux ou d'une incitation d'un sponsor, on retrouve l'un d'eux sur la ligne de départ sa démotivation est souvent palpable et son parcours bref. 

Deux nouveaux paliers ont récemment été franchi dans l'escalade médiatico-financière des High-Stakes Poker, le premier avec le "challenge Durrrr" opposant Tom Dwan et Patrik Antonius dans un défi au meilleur des 50 000 mains, le second avec l'apparition brutale de l'inconnu "Isildur1". En quelques jours, ce joueur, parti de zero ou presque, a remporté près de six millions de dollars avant d'en redistribuer une grosse partie, stimulant ainsi l'ego de ses adversaires et éveillant de nouvelles convoitises.

 

tom_dwan
Tom Dwan, "le meilleur ennemi" du Finlandais



Le panorama des sommes récoltées ou perdues depuis le début de l'année est d'ailleurs impressionnant :

Les principaux gagnants :

Patrik Antonius : 9 410 000$
Phil Ivey : 6 343 000$
Ashton Griffin ("theASHMAN103") : 3 648 000$
Ilari Sahamies : 3 504 000$
"Isildur1" : 1 111 000$
Hac Dang ("trex313") : 2 473 000$
Brian Townsend : 3 328 000$
Mark Vos : 2 110 000$
Cole South : 1 733 000$
John Juanda : 1 536 000$
Richard Ashby : 1 139 000$
Brian Hastings : 620 000$

Les principaux perdants :

Tom Dwan : - 6 792 000$
Gus Hansen : - 5 806 000$
Sami Kelopuro : - 3 881 000$
David Benyamine : - 2 937 000$
David oppenheim : - 1 314 000$
"papa ninja" : - 1 245 000$
"Slick Puppy" : - 1 167 000$
"martonas" : - 922 000$
Chau Chiang : - 890 000$

Sources : Highstakesdb.com (au 29 novembre 2009).


Antonius a ainsi gagné plus d'argent en 2009 que Joe Cada, le vainqueur du main event (8 547 000$), il est donc tout à fait logique que les tournois ne soient pour lui qu'une perte de temps. En déclarant :"Honnêtement, gagner un bracelet des WSOP ne signifierait vraiment rien pour moi. Il y a tant de gens qui ont des bracelets et tant d'événements... Pour le moment, je joue pour l'argent. J'ai arrêté les tournois de poker depuis que c'est devenu trop petit pour moi, et voyager sans arrêt pour disputer des tournois n'est vraiment pas une vie saine", le Finlandais a certes choqué, mais il a révélé l'état d'esprit des principaux cadors du cash game.

 

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Phil Ivey masqué, qu'importe tout le monde connait ses résultats !


Si Phil Ivey, l'exceptionnel Phil Ivey, réussit actuellement la performance inégalée d'être au sommet des deux spécialités il le doit autant à son talent unique qu'au surcroit de motivation engendré par sommes énormes qu'il avait pariées sur ses résultats. Ceux qui avaient observé attentivement le phénomène du poker en 2008 avait pu s'apercevoir que sa motivation dans les tournois était aussi faible que ses résultats, sa victoire dans le WPT L.A. Classic excepté.


Quel avenir pour ces parties à enjeux colossaux ?

Le premier réflexe serait de dire que ce rythme ne peut continuer, les parties de cash game sont comme un astre solaire, elles tendent à croître encore et encore avant d'imploser, une majorité de combattants finissant par se trouver "brokes". Mais l'engouement pour ces joutes est tel que des investisseurs extérieurs viennent s'impliquer, soutenant financièrement les protagonsites. Il se murmure que le milliardaire Guy Laliberté financerait "Isildur1" et que FullTilt vient d'offir un contrat de sponsoring particulièrement juteux à Tom Dwan, récompensant son statut de superstar des High Stakes Poker et lui assurant de substantielles munitions !
Grâce à ces partenaires de poids, les joueurs de cash game hautes limites se trouvent ainsi soutenus -voire encouragés- et les combats pourraient bien continuer, peut-être même s'amplifier.

La médiatisation croissante du poker et des champions, les luttes que se livrent les principales pokerrooms pour attirer ou retenir les joueurs emblématiques, les gains faramineux générés par les meilleurs joueurs, l'intérêt naissant de financiers, autant de raisons qui militent pour que ces parties se poursuivent et se développent. Mais les tournois de poker n'ont semble-il pas dit leur dernier mot ! Les High-Rollers se multiplient et surtout des projets de tournois à buy-in démesuré commencent à circuler. Tony G déclarait récemment qu'il aimerait jouer un tournoi à un million de dollars le droit d'entrée ; connaissant l'implication du personnage dans le poker, il est fort possible que ce ne soit pas des paroles en l'air et que bientôt ce genre de compétitions élitistes apparaissent.

Avec l'arrivée de sponsors institutionnels et de financements privés ainsi que la médiatisation galopante des superstars du poker, il est donc envisageable qu'à terme un circuit professionnel réservé à une élite financière se développe, avec parties de cash game et tournois à enjeux énormes. Le financement des caves et des buy-in serait alors principalement assuré par le publicité, les pokerrroms et des investisseurs, à l'instar des sports les plus médiatiques.

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