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2011 est terminée, vive 2012 !


Le blog de Fabsoul
Par Fabrice Soulier   
Vendredi, 06 Janvier 2012 18:52
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Quand ça veut pas… Il est des jours, des semaines, voire des mois où rien au poker ne passe. Pas un coup, pas une main : votre stack ne dépasse jamais son montant initial. Ou alors, quand c’est le cas, les jetons s’envolent ensuite rapidement chez votre voisin : vous avez passé 3 ou quatre heures à grinder sévère pour vous prendre un énorme set up et sauter en une seule main. C’est aussi cela le poker, il faut arriver à l’accepter et rester fort, sinon c’est la glissade.

Il est important de lutter, de garder ses marques et ne pas perdre les pédales, ce qui est la partie la plus difficile d’un bad run. Cela fait en effet plus de trois mois que je n’ai pas réussi à faire un seul cash en plus de 20 tournois…

C’est ainsi que par exemple, lors de l’EPT Prague, je me suis assis et j’ai perdu consécutivement  KK, QQ, AA et AK, à chaque fois dans des coups inévitables et dans lesquels je n’ai pas grand chose à me reprocher : qu’importe la façon dont j’aurais joué les mains, très souvent je devais perdre.

Par exemple voici l’un de ces coups un peu casse tête: en début de l’EPT, avec un tapis de 30.000, j’ouvre KK rouges. Je relance à 250 en middle position, le bouton call, le big blind 3 bet à 900. Je fais 2250, le B passe et le BB fait 7000. Ouch ! C’est très cher en début de tournoi, je pense même à passer, puis me souviens que certains de ces joueurs qualifiés pour les EPT via les satellites, ont tendance à surjouer leurs mains… Bref je paye pour réévaluer au flop. Le flop As carreau, dame de carreau et un 5. Mon adversaire mise un montant ridiculement bas. 1750 dans un pot de 14.000 ! Deux solutions, il déteste ce flop ou bien il l’adore et il veut me garder. Je paie. Le turn est un troisième carreau, le Valet, qui me donne un joli tirage quinte flush royale. Mon adversaire mise 4500 dans 17.500, il me donne une magnifique cote,  je paie. La river est, je vous le donne en mille, un roi de pique et là, mon adversaire checke. Je décide de checker aussi après quelques secondes de réflexion et il ouvre AA pour un brelan floppé… Difficile de perdre moins (enfin si, sauf vous décidez de fold au flop) quand chaque street vous pousse à rester dans le coup.

Bref, un grand nombre de mains difficiles à jouer : set ups, tirages manqués à la pelle, flop ratés etc… Et comme je le disais, dans ces moments là, il est difficile de garder son meilleur jeu. C’est le cercle vicieux du bad run : difficile de jouer son A-game quand on ne se sent pas en confiance. Il y a par exemple, dans ces moments là, des spots où l’on se dit qu’il y a de fortes chances pour que son adversaire bluffe mais où l’on n’ose pas raise. Ca m’arrive peu souvent (la plupart du temps, je me fais violence pour prendre ce que je pense être la bonne décision) mais ça m’arrive. Je ne m’explique pas vraiment ces cycles, il parait que c’est juste mathématique : la loi des séries.

Un point positif ces trois derniers mois a été les voyages sympathiques que j’ai fait : Brésil, Amsterdam, Tanger, Londres, Las Vegas, Prague, St Martin… Des destinations touristiques différentes avec chacune leurs points forts. C’est ainsi par exemple que j’ai vraiment profité de ma semaine à St Martin, où je suis parti avec mon pote d’enfance Jules (le réalisateur-photographe de MadeInPoker), son amie et Claire. Nous avons écumé les plages de cette ile magnifique, fait un petit détour par St Barth, visité l’intérieur des terres, bu des cocktails au soleil couchant face à la mer et joué, le soir venu, au casino situé juste en face de l’hôtel…

st_barth 2
Plage le jour et poker le soir, que demander de mieux ?


De même, le séjour à Prague aura été des plus agréables, avec en point d’orgue la 3e place de Nico Lévi lors de l’EPT ; c’est toujours tellement magique de voir un pote aller loin dans un tournoi ! Ca remonte le moral par procuration et ça rappelle pourquoi on joue. C’est dans ces moments là que je me dis que de toute façon, j’aime ma vie et que les cartes reviendront. Après tout, ça fait plus de 20 ans que je joue et ça a toujours été le cas.

Et puis un bad run il y a 10 ans, ça n’avait rien à voir avec bad run aujourd’hui. Avoir la chance d’être un joueur sponsorisé (Everest Poker) change évidemment toute la donne ; s’il m’était arrivé d’être très affecté financièrement il y a quelques années par une mauvaise série de tournois, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui.

Bon, là je vous vois, vous vous dites « Il est bien gentil le Fabsoul mais il a fait sa meilleure année et trois mois de bad run, c’est que dalle ». Et je ne peux rien répondre si ce n’est que vous avez raison mais qu’on ne change pas sa nature : je suis depuis toujours un effroyable perdant, ce qui est très difficile à vivre au quotidien dans une discipline (joueur de tournois) où l’on perd si souvent...

En même temps, j’ai pas mal travaillé sur moi ; il y a dix ans, quand je bustais, j’ai le souvenir d’avoir envoyé valser des chaises dans des rooms, ou d’avoir plusieurs fois imprimé l’empreinte de mon poing dans des murs ou des portes… (Quand je vous disais que je partais de loin…) Désormais, quand je bust, je me force toujours à marmonner un mot propre et poli à mes adversaires.

Quoiqu’il en soit, je viens d’arriver à Las Vegas pour jouer l’avant dernier tournoi de l’EPIC League  mais je n’ai évidemment pas réussi à faire Day 2… Dommage, je serais bien retourné en TF comme la dernière fois pour une belle troisième place à nouveau ! En même temps, pour me consoler, je n’avais qu’à ouvrir les yeux dans ma suite-penthouse de 150m carrés au dernier étage du Palms, ça aide ! De même, j’ai ensuite fait un retour aux sources, avec mes parties de cash préférées ; les mixed games limit dans la poker room du Bellagio. Pas de 150/300 ou 200/400 en ce moment, mais des tables plus petites à 40/80 ou 80/160 sympas ou je prends toujours beaucoup de plaisir à jouer (j’ai tendance à terriblement m’ennuyer en cash NLHE), ceci tenant également au fait que je ne peux jouer en mixed games nulle part ailleurs dans le monde (ou presque). Du coup, j’y ai pris une vengeance bien sympathique sur mes trois derniers mois de tournoi !

penthousepalmsdc2011
Un penthouse de 150m2 au dernier étage du Palms... Pas mal non plus !


Je ne sais pas ce que la vie me réserve encore mais je viens d’assister à la cérémonie donnée en l’honneur de Doyle Brunson pour l’ouverture de cette édition de l’EPIC et non seulement les discours de ses proches étaient particulièrement émouvants (mention spéciale à Barry Greenstein et Jennifer Harman) mais il flottait dans la pièce un rare sentiment de respect général. Tous les joueurs actuels affichent en effet un réel respect pour Doyle, qui, à presque 80 ans et après maints obstacles, tient toujours debout et continue à se battre, que ce soit aux tables ou en dehors.

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Photo avec un grand monsieur du poker...


Et c’est finalement tout ce que je me souhaite une fois parvenu à cet âge canonique : une vie bien remplie, de nombreux moments de bonheur, de beaux résultats pendant encore des années et jusqu’au bout, d’autres projets en dehors du poker (je vous en parlerais plus longuement dans un prochain billet), et à l’heure du bilan, un sentiment général de fierté. Et c’est exactement ce que je vous souhaite à vous aussi pour cette nouvelle année 2012 !

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PLAYER OF THE YEAR FRANCE


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
913.346

2
Aubin
Cazals
648.193

3
Bruno
Lopes
584.403

4
Fabrice
Soulier
556.576

5
Philippe
Ktorza
554.291

6
Roger
Hairabedian
531.619

7
David
Benyamine
528.491

8
Alain
Roy
467.549

9
Lucille
Cailly
423.553

10
Paul
Guichard
418.656



Top 100 France


Nom
Score  
1
Bertrand
Grospellier
3052.95

2
Roger
Hairabedian
2305.29

3
Philippe
Ktorza
1950.3

4
Fabrice
Soulier
1937.73

5
David
Benyamine
1896.55

6
Aubin
Cazals
1849.51

7
Bruno
Lopes
1499.75

8
Alain
Roy
1499.29

9
Tristan
Clemencon
1420.32

10
Jean-Noel
Thorel
1399.98